Publié le 9 octobre 2025, 9h59. Désormais, les virements bancaires en Europe seront instantanés, un changement majeur qui améliore la protection des consommateurs. Une nouvelle réglementation européenne, effective dès aujourd’hui, vise à sécuriser davantage les transactions contre les erreurs et les fraudes.
- Les paiements instantanés doivent être proposés par toutes les institutions financières européennes.
- Une vérification automatique du nom du bénéficiaire et de l’IBAN sera systématiquement effectuée avant la validation du virement.
- Ce nouveau service est gratuit pour les clients, conformément aux directives européennes.
Le temps, c’est de l’argent : cette maxime prend tout son sens avec l’entrée en vigueur de nouvelles dispositions européennes concernant les transferts d’argent. Depuis le 9 octobre 2025, les banques et autres établissements financiers sont tenus de proposer à leurs clients des virements dits « instantanés ». Concrètement, cela signifie que les fonds devraient transiter d’un compte à un autre en l’espace de dix secondes, et ce, 24 heures sur 24, y compris les week-ends et les jours fériés. Cette avancée technologique, déjà disponible depuis près de huit ans dans la zone euro, devient désormais une obligation pour les prestataires de services de paiement.
Parallèlement à cette accélération des transactions, l’Union européenne renforce la sécurité des utilisateurs. La nouvelle réglementation, officialisée par le règlement UE 2024/886, introduit une étape de vérification cruciale avant que le virement ne soit validé. Désormais, les banques devront systématiquement contrôler la correspondance entre le nom du bénéficiaire renseigné par l’émetteur et le numéro de compte bancaire international (IBAN) fourni. Le résultat de cette vérification est communiqué en quelques secondes à l’expéditeur, qui peut ainsi prendre une décision éclairée avant de confirmer le transfert. « Auparavant, le payeur devait se fier uniquement aux informations reçues via une facture ou un courriel, sans pouvoir vérifier leur exactitude », explique Ingo Beyritz, responsable du trafic des paiements à l’Association fédérale des banques allemandes (BdB). « Désormais, les données entre institutions financières seront comparées de manière transparente pour le payeur avant le paiement. »
Le mécanisme de « vérification du bénéficiaire » (ou « Verification of Payee » – VOP) propose plusieurs niveaux de retour. L’émetteur peut être informé que le nom et l’IBAN correspondent parfaitement, qu’il y a une quasi-correspondance (si le nom exact de l’entreprise est fourni, par exemple, bien que le compte soit géré sous le nom du dirigeant), ou que les informations sont divergentes. Il est important de noter qu’une non-concordance ne signifie pas systématiquement une fraude. Le client conserve la décision finale d’approuver ou non le transfert, assumant ainsi le risque associé.
Conformément aux directives de l’Union européenne, cette nouvelle fonctionnalité de vérification est entièrement gratuite pour les utilisateurs. L’Association fédérale des banques allemandes confirme que « ni les payeurs ni les destinataires des paiements ne paient pour la vérification du bénéficiaire. »
En cas d’erreur lors d’un virement, il est impératif d’agir vite. Comme en cas de suspicion de fraude, il faut contacter sa banque sans délai. Si les fonds ont déjà été crédités sur le compte du destinataire, une demande de retour des fonds peut être initiée. La banque de l’émetteur contactera alors celle du bénéficiaire, qui se chargera de la démarche auprès de son client. Cependant, il est précisé que la récupération des fonds n’est jamais garantie.
Cette vérification systématique s’inscrit dans le cadre du règlement UE 2024/886 et vise à renforcer la sécurité, particulièrement pour les opérations de banque en ligne. La procédure s’applique aux virements en euros dans l’espace SEPA (Single Euro Payments Area), qui regroupe les 27 États membres de l’UE, ainsi que la Grande-Bretagne, la Norvège, le Liechtenstein, l’Islande, la Suisse, Monaco, Andorre, la Cité du Vatican et Saint-Marin. L’IBAN (International Bank Account Number) a été créé pour uniformiser et accélérer les transactions dans ces 36 pays. Les pays non membres de l’UE peuvent choisir d’adopter ou non cette exigence de vérification. Il est à noter qu’aucun contrôle du bénéficiaire n’est effectué pour les transferts vers ou depuis la Grande-Bretagne et la Suisse.
L’application complète de cette obligation européenne à tous les États membres est prévue pour le 9 juillet 2027.