Publié le 8 février 2024 22:40:00. La police de sécurité norvégienne (PST) enquête sur des pressions exercées par les services de renseignement russes sur des réfugiés ukrainiens en Norvège, dans le but de les recruter comme espions. Ces activités s’inscrivent dans un contexte de tensions internationales et de tentatives d’influence de la Russie.
- La PST confirme travailler sur plusieurs affaires de pressions et de menaces à l’encontre de réfugiés ukrainiens.
- Les services de renseignement russes (FSB, SVR, GRU) sont soupçonnés de recruter des réfugiés vulnérables.
- La PST souligne que les réfugiés ukrainiens ne représentent pas une menace pour la sécurité de la Norvège, mais que ces tentatives d’ingérence sont préoccupantes.
La directrice du contre-espionnage de la PST, Inger Haugland, a confirmé à Dagbladet que plusieurs enquêtes sont en cours. Elle n’a pas souhaité détailler les cas spécifiques, mais a souligné la vulnérabilité des réfugiés ukrainiens, notamment ceux originaires des zones occupées de l’est de l’Ukraine.
Selon la PST, les services secrets russes ont intensifié leurs efforts de recrutement depuis l’expulsion de nombreux diplomates russes (en réalité des agents de renseignement) et le durcissement des règles en matière de visas. Le chantage, en particulier sur des personnes ayant de la famille ou des biens dans les territoires occupés, est une méthode couramment utilisée.
Des informations révèlent que deux hommes arrivés en Norvège en tant que réfugiés ukrainiens ont été placés en détention dans un centre d’internement de Trandum. Ils auraient exprimé une préférence pour communiquer avec l’ambassade de Russie à Oslo plutôt qu’avec les représentants ukrainiens. L’un d’eux a été expulsé vers la Russie, l’autre est toujours en détention et devrait subir le même sort.
Inger Haugland a déclaré :
« Les réfugiés sont vulnérables ; nombre de ceux venus d’Ukraine ont de la famille et des biens dans l’Est de l’Ukraine, occupé par les forces russes. Cela les rend vulnérables au chantage. »
Inger Haugland, directrice du département de contre-espionnage du PST
La PST s’inquiète de la stratégie russe, qui vise à discréditer l’Ukraine et à semer la suspicion à l’égard des réfugiés ukrainiens. Selon Inger Haugland, cette stratégie pourrait avoir des conséquences négatives sur le soutien à l’Ukraine.
« Ce qui nous inquiète particulièrement, c’est que nous avons plusieurs cas de menaces contre des personnes. »
Inger Haugland, directrice du département de contre-espionnage du PST
La PST insiste sur le fait que l’Ukraine et les réfugiés ukrainiens ne sont pas le problème, mais que les actions des services de renseignement russes constituent une menace pour la sécurité et la stabilité.
