Publié le 13 février 2026 à 11h21. Le skeletoneur ukrainien Vladislav Heraskevich a été disqualifié des Jeux olympiques de Milan-Cortina pour avoir voulu porter un casque orné de photos d’athlètes ukrainiens tués pendant la guerre, une décision qui suscite une vive controverse et des critiques de la part de Kiev.
- Vladislav Heraskevich, médaillé de bronze aux Jeux olympiques d’hiver de 2022, a été empêché de participer aux épreuves de skeletton à Milan-Cortina en raison de son casque commémoratif.
- Le Comité International Olympique (CIO) invoque une violation de la règle 50 de sa charte, interdisant toute manifestation politique.
- La décision a provoqué une réaction forte du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui dénonce une tentative d’assimiler le sport à l’amnésie.
La disqualification de Vladislav Heraskevich intervient après des semaines de tensions avec le CIO concernant son souhait de porter ce casque, qu’il considère comme un hommage aux athlètes ukrainiens décédés en raison de la guerre lancée par la Russie en 2022. L’athlète avait déjà attiré l’attention lors des Jeux de Pékin en 2022, peu avant l’invasion, en brandissant une pancarte appelant à la fin de la guerre.
Le CIO a estimé que le casque, portant des images des visages d’athlètes ukrainiens tués, constituait une violation de la règle 50 de sa charte olympique, qui interdit toute forme de propagande politique, religieuse ou raciale sur les sites olympiques. Selon le CIO, cette règle vise à préserver la neutralité politique des Jeux. Mark Adams, porte-parole du CIO, a souligné lors d’une conférence de presse qu’il existait actuellement « 130 conflits dans le monde » et que le CIO ne pouvait pas permettre que tous ces problèmes soient abordés lors des compétitions, « aussi terribles soient-ils ».
Le CIO avait initialement proposé à Heraskevich de porter un brassard noir en signe de deuil, une proposition que l’athlète a refusée. Il a accusé le CIO de « faire deux poids, deux mesures », citant en exemple le patineur artistique américain Maxim Naumov, qui avait montré une photo de ses parents décédés lors d’une compétition à Milan sans être sanctionné, ainsi que l’haltérophile allemand Matthias Steiner, qui avait affiché une photo de sa femme décédée après sa victoire aux Jeux de Pékin en 2008. Le CIO a rétorqué que le règlement avait évolué depuis 2008 et que le geste de Naumov était considéré comme une expression émotionnelle spontanée.
Kirsty Coventry, la présidente du CIO, s’est dite émue par la disqualification, déclarant en larmes :
« J’aurais aimé le voir concourir. Mais malheureusement, nous n’avons pas pu trouver de solution. Ce n’est pas une question de message, c’est juste une question de règles et de règlements. »
Kirsty Coventry, Présidente du CIO
Bien que disqualifié de la compétition, Heraskevich a vu son accréditation rétablie par le CIO, lui permettant de rester au village olympique pendant les Jeux. Cette décision intervient après une première sanction plus sévère, initialement envisagée par le CIO.
La décision du CIO a suscité de vives réactions. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a sévèrement critiqué le CIO, affirmant que
« Le sport ne doit pas être assimilé à l’amnésie, et le mouvement olympique doit contribuer à mettre fin aux guerres au lieu de favoriser les agresseurs. »
Volodymyr Zelensky, Président de l’Ukraine
La Confédération allemande des sports olympiques (DOSB) a soutenu la décision du CIO, tout en reconnaissant la nécessité d’attirer l’attention sur les conséquences de la guerre. L’Association allemande des athlètes, quant à elle, a qualifié la disqualification d’« erronée et disproportionnée », estimant que le casque était un « acte de souvenir et de respect pacifiques ».
(rrm/cp)