Home Santé Pontarlier. Après la cyberattaque, l’hôpital, privé d’informatique, se réorganise

Pontarlier. Après la cyberattaque, l’hôpital, privé d’informatique, se réorganise

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Au Centre hospitalier intercommunal de Haute-Comté (CHIHC) de Pontarlier, l’heure est à la résilience. Plus de 24 heures après une cyberattaque massive survenue dans la nuit de samedi à dimanche, le personnel redouble d’efforts pour assurer la continuité des soins, naviguant sans leurs outils numériques habituels. Pour endiguer la menace et éviter toute propagation, le réseau informatique de l’établissement a été mis hors ligne par mesure de sécurité, comme l’a précisé le directeur par intérim, Thierry Gamond-Rius, ce lundi matin.

Ce retour forcé à des méthodes plus traditionnelles, autrement dit « au papier », représente un défi de taille à une époque où le numérique est omniprésent dans le fonctionnement des établissements de santé, avec une multitude de logiciels interconnectés. Le principal enjeu pour l’hôpital a été de maintenir un service opérationnel malgré ce contexte dégradé. D’après Thierry Gamond-Rius, l’établissement semble y parvenir, bien qu’au prix d’un ralentissement des activités : « Nous imaginons que les reports de prise en charge de nos patients seront vraiment rarissimes et exceptionnels. »

Dès ce week-end, la priorité a été de reconstituer les plannings des différents services, l’accès aux dossiers patients et aux logiciels étant impossible. Une cellule d’appel a été mise en place pour tenter de pallier ce manque d’information. « Les secrétariats n’ont plus du tout accès aux rendez-vous, à l’exception de quelques-uns qui avaient encore des plannings papiers », explique Romuald Vivot, chargé de la communication du CHIHC.

Face à cette situation, l’hôpital a pu compter sur des infrastructures que l’on pourrait qualifier de « vintage ». « Nous avions choisi par le passé, de garder des lignes analogiques, sur le réseau cuivre ex-France Télécom, afin qu’en cas de panne d’électricité, l’établissement conserve un moyen de communication. Nous en avons encore plusieurs, réparties dans plusieurs endroits stratégiques », précise Romuald Vivot. C’est ainsi que les lignes téléphoniques analogiques et les fax ont repris du service, nécessitant même de former les plus jeunes collaborateurs à leur utilisation.

Pour atténuer les effets de cette panne majeure, un prêt de matériel est attendu du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Besançon et du Département du Doubs. Chacun devrait fournir une cinquantaine d’ordinateurs et une trentaine de téléphones portables. Les ordinateurs permettront aux agents de retrouver des outils basiques comme le traitement de texte ou les tableurs, tandis que les téléphones portables faciliteront la communication interne entre les services, sans recourir aux numéros personnels des employés.

L’hôpital, qui avait justement mené un exercice de simulation de cyberattaque il y a un mois, a pu faire preuve de réactivité. L’identification rapide des dispositifs médicaux pouvant fonctionner de manière autonome a permis de maintenir certaines activités cruciales, comme la stérilisation, essentielle pour la chirurgie. En revanche, certains robots, à l’instar de ceux utilisés dans la pharmacie pour la fabrication de piluliers, ne sont plus opérationnels. Les préparateurs doivent désormais réaliser les commandes de médicaments à la main, une tâche laborieuse qui s’accompagne d’un inventaire manuel des stocks globaux de la pharmacie.

Des adaptations sont également mises en place dans d’autres unités. Par exemple, en unité de psychiatrie, les soignants seront équipés de sifflets pour remplacer les dispositifs de protection du travailleur isolé, devenus inopérants suite à l’attaque. L’ensemble de ces adaptations exigera une grande résilience de la part des équipes, pour une période d’ores et déjà estimée à « plusieurs semaines ».

Par ailleurs, le Centre hospitalier a fait l’objet d’une alerte dimanche soir, moins de 24 heures après la cyberattaque. Aux alentours de 22h45, des riverains ont signalé la présence d’un drone survolant l’hôpital. Alerté par le commissariat de Pontarlier, le CHIHC a rapidement mobilisé ses équipes. Le procureur de la République, Cédric Logelin, confirme avoir ouvert une enquête après avoir recueilli le témoignage d’un habitant ayant aperçu l’aéronef. Cependant, à ce stade, aucun lien formel n’a été établi entre cet incident et la cyberattaque.

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