Alors que le soleil se fait plus timide et que les jours raccourcissent, l’heure d’été touche à sa fin dans l’hémisphère Nord. Cette année encore, le passage à l’heure standard marquera le retour des soirées plus sombres, une transition qui suscite un débat récurrent sur son utilité.
Dans la nuit de dimanche 2 novembre, la plupart des États américains, à l’exception d’Hawaï et de l’Arizona, devront reculer leur horloge d’une heure. À 2h du matin, il sera 1h, marquant ainsi le traditionnel « recul » de l’heure. Cette pratique vise à se synchroniser avec la diminution progressive de la durée d’ensoleillement depuis le solstice d’été.
À San Diego, par exemple, le soleil se couchera dès 16h56 le 2 novembre, selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Cette tendance se poursuivra jusqu’au solstice d’hiver, le 21 décembre, jour le plus court de l’année, où le soleil déclinera à 16h47, offrant environ 10 heures de clarté. Passé cette date, les journées commenceront de nouveau à s’allonger.
Le débat sur l’heure d’été, entre partisans et détracteurs
Malgré sa longévité, l’heure d’été fait l’objet de critiques de la part d’experts qui remettent en question sa pertinence. Si ses défenseurs avancent des arguments tels que la réduction de la consommation d’électricité, le dynamisme des activités commerciales et de loisirs, ainsi qu’une amélioration de la sécurité routière, les détracteurs pointent du doigt les perturbations du sommeil et les risques accrus pour la santé, tels que les crises cardiaques et les AVC. De plus, les économies d’énergie générées par l’heure d’été seraient devenues marginales avec les technologies modernes, et le changement d’heure perturberait notamment les agriculteurs et les entreprises.
L’idée de l’heure d’été remonterait à Benjamin Franklin, bien que son rôle dans sa création soit souvent débattu.
Le changement d’heure, un enjeu politique ?
Le président Donald Trump a lui-même exprimé par le passé des réserves quant à l’heure d’été, la qualifiant d’« incommode et très coûteuse pour notre nation ». Cependant, interrogé sur un éventuel abandon, il a reconnu un problème « 50-50 », soulignant la diversité des opinions quant à la préférence pour plus de lumière le soir ou le matin.
En Californie, les électeurs avaient voté en faveur de la Proposition 7 en 2018, donnant ainsi à la législature de l’État la possibilité de modifier l’heure d’été. Toutefois, cette proposition n’a pas directement aboli le changement d’heure, mais a ouvert la voie à une éventuelle réforme sous réserve d’un vote à la majorité qualifiée des deux chambres législatives et d’une autorisation du gouvernement fédéral.
Des initiatives législatives ont bien été lancées, comme le projet de loi SB-51 présenté par le sénateur républicain Roger Niello, visant à instaurer l’heure standard toute l’année en Californie. Cependant, ce projet a été bloqué en commission, et l’avenir de ces mesures reste incertain.
Origines et évolution de l’heure d’été aux États-Unis
L’instauration de l’heure d’été aux États-Unis remonte à la Première Guerre mondiale, avec le Standard Time Act signé par le président Woodrow Wilson en mars 1918, dans un objectif de réduction des coûts énergétiques. Cette mesure fut abrogée peu après la fin du conflit.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le président Franklin Roosevelt avait instauré une heure de clarté permanente, appelée « temps de guerre », qui perdura jusqu’en 1945. Ce n’est qu’en 1966, avec l’adoption du Uniform Time Act, que l’heure standard fut imposée nationalement, tout en permettant aux États de s’en retirer.
La crise pétrolière de 1973 a relancé le débat sur la conservation de l’énergie. Le président Richard Nixon a signé une loi instaurant une heure d’été permanente dans l’espoir d’atténuer la crise du gaz. Cette période d’expérimentation, de janvier 1974 à avril 1975, fut cependant impopulaire, marquée notamment par des accidents mortels de la route liés au changement d’heure. Le président Gerald Ford a finalement mis fin à l’heure d’été permanente en octobre 1974.
Indépendamment des changements législatifs, l’inclinaison de la Terre sur son axe, d’environ 23,5 degrés, demeure la cause fondamentale des variations saisonnières de la durée du jour.
Il est à noter que les États sont autorisés à renoncer à l’heure d’été et à adopter l’heure standard de manière permanente, comme l’ont fait Hawaï et l’Arizona. En revanche, ils ne peuvent pas établir l’heure d’été de manière permanente.