Publié le 13 février 2026 10h41. La Saint-Valentin rime souvent avec chocolats, mais leur prix a grimpé de plus de 20 % en moins de deux ans. Cette augmentation s’explique par des facteurs complexes liés à la chaîne d’approvisionnement du cacao, aux enjeux climatiques et aux difficultés économiques des pays producteurs.
- Le prix du chocolat a augmenté en moyenne de 1,5 % par mois, soit plus de 20 % en moins de deux ans.
- La production de cacao est concentrée dans les zones équatoriales et est sujette à des problématiques de déforestation et d’exploitation.
- Des facteurs économiques tels que l’inflation et la dévaluation des monnaies locales des pays producteurs contribuent à l’augmentation des prix.
Derrière les barres de chocolat, les bonbons et les préparations pâtissières se cache un long processus, débutant par la culture du cacaoyer. Ces arbres exotiques prospèrent dans les régions équatoriales, notamment en Amérique du Sud, dans le golfe d’Afrique et en Océanie. Les agriculteurs y cultivent le cacao, souvent en association avec d’autres cultures destinées à l’exportation et à la consommation locale. Le cacao est une « culture de rente », c’est-à-dire qu’elle est principalement destinée aux marchés internationaux.
Contrairement aux cultures vivrières comme le riz ou les plantains, dont les prix sont régis par l’offre et la demande locales, le cacao est soumis aux fluctuations des marchés mondiaux et aux accords entre agriculteurs, intermédiaires et multinationales. Si les cultures de rente peuvent offrir aux agriculteurs des revenus plus élevés, elles sont aussi sources de controverses en raison de la déforestation et des pratiques d’exploitation qu’elles peuvent engendrer.
L’huile de palme a déjà été pointée du doigt pour la déforestation massive des forêts tropicales humides. Des situations similaires se produisent avec le cacao. Des entreprises comme Mars et Nestlé ont été accusées de complicité dans l’exploitation des agriculteurs et, dans certains cas, de recours au travail des enfants pour réduire les coûts de production. Les exigences contractuelles des multinationales peuvent également pousser les agriculteurs à étendre leurs plantations sur des terres forestières pour atteindre les objectifs de production imposés.
« Malheureusement, les atteintes aux réserves forestières sont difficiles à observer et à prévenir, et elles portent gravement atteinte à l’intégrité des écosystèmes forestiers. De telles violations ne peuvent être corrigées qu’après coup en confisquant et en requalifiant les terres – un processus qui prend beaucoup de temps et de ressources. »
La situation est d’autant plus préoccupante que des facteurs externes viennent aggraver la situation. Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao, est confronté à une crise économique avec une forte inflation et une dévaluation de sa monnaie, le cedi, qui a perdu environ 20 % de sa valeur par rapport à l’année précédente depuis 2020 (taux de change). Bien que le prix du cacao ait augmenté, il ne suit pas le rythme de l’inflation, ce qui rend la culture moins attractive et conduit à l’abandon de certaines plantations au profit d’activités plus rentables à court terme, comme l’extraction de l’or.
Par ailleurs, le réchauffement climatique menace la production mondiale de cacao (article sur la « climateflation »). La demande mondiale de cacao ne cesse de croître, notamment avec l’augmentation des revenus dans des pays comme la Chine (segment de la confiserie en Chine). Or, la superficie des terres arables dédiées à la culture du cacao est limitée, ce qui laisse présager une poursuite de la hausse des prix.
Selon RTÉ Radio 1, même certaines marques populaires comme Penguin et Club ne sont plus officiellement classées comme chocolat en raison de modifications dans leur composition.
Face à cette situation, les consommateurs peuvent opter pour des chocolats avec un pourcentage de cacao plus faible ou se tourner vers des marques discount. Cependant, il est peut-être préférable de payer un peu plus cher pour s’assurer que sa barre de chocolat n’est pas le fruit de la déforestation, de l’exploitation ou d’autres pratiques néfastes.
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Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur et ne représentent ni ne reflètent les opinions de RTÉ.