Home Santé pourquoi le système immunitaire a commis une « erreur fatale » chez certains vaccinés

pourquoi le système immunitaire a commis une « erreur fatale » chez certains vaccinés

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Une équipe internationale de chercheurs a enfin percé le mystère des rares caillots sanguins observés après la vaccination avec les vaccins d’Oxford/AstraZeneca et de Johnson & Johnson. Cette découverte, publiée dans le New England Journal of Medicine, ouvre la voie à la conception de vaccins plus sûrs, notamment ceux utilisant la technologie des vecteurs adénoviraux.

Au plus fort de la pandémie de COVID-19, un effet secondaire extrêmement rare mais grave – la thrombocytopénie et thrombose immunologique induites par la vaccination (VITT) – avait alerté les autorités sanitaires. Ce trouble se caractérisait par la formation de caillots sanguins atypiques accompagnée d’une chute brutale du nombre de plaquettes. Longtemps resté inexpliqué, le mécanisme à l’origine de ces événements est désormais élucidé.

L’étude révèle que le problème ne réside pas dans le vaccin lui-même, mais dans une confusion immunitaire chez certaines personnes prédisposées génétiquement. Le système immunitaire de ces individus confond une protéine de l’adénovirus utilisé comme vecteur dans le vaccin avec une protéine humaine essentielle, le Facteur Plaquettaire 4 (PF4).

Cette méprise déclenche une réaction auto-immune : l’organisme produit des anticorps qui attaquent le PF4, entraînant une agglomération des plaquettes et la formation de caillots dangereux, tout en réduisant les réserves de plaquettes et augmentant le risque d’hémorragie.

Cette avancée est le point culminant d’une série de publications scientifiques. En 2022, les chercheurs avaient déjà identifié les facteurs de risque génétiques associés à la VITT. L’année suivante, ils avaient constaté que des infections virales courantes, comme le rhume, pouvaient provoquer le même trouble chez les personnes vulnérables. L’étude actuelle confirme le rôle de l’adénovirus comme déclencheur de cette réaction immunitaire.

Grâce à des techniques d’analyse moléculaire de pointe, l’équipe a pu identifier précisément la zone de confusion sur la structure de la protéine. « C’est la confirmation qu’une réponse immunitaire saine contre un virus peut, par un malheureux hasard de structure, basculer dans une auto-immunité pathogène », explique le Dr Jing Jing Wang, co-auteur de l’étude.

Les implications de cette découverte dépassent largement la crise sanitaire liée à la COVID-19. La technologie des vecteurs adénoviraux est prometteuse pour le développement de vaccins contre d’autres maladies, telles qu’Ebola, le VIH et le paludisme. Les chercheurs estiment désormais qu’il est possible de modifier ou de supprimer la protéine spécifique de l’adénovirus responsable de cette confusion immunitaire, créant ainsi des vaccins plus sûrs tout en conservant leur efficacité.

Cette affaire souligne également l’importance des systèmes de pharmacovigilance. Dès l’apparition des premiers cas de VITT, les autorités sanitaires ont pu adapter les stratégies vaccinales pour protéger les populations à risque. La recherche fondamentale contribue désormais à transformer cet incident en un outil de sécurité pour la médecine de demain.

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