Publié le 24 février 2026. Une étude de l’Université McGill révèle un lien direct entre le déclin de l’activité neuronale dans le cervelet et la perte d’équilibre et de coordination motrice observée chez les personnes âgées, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de prévention des chutes.
Des chercheurs de l’Université McGill au Canada ont établi que la diminution de l’activité des neurones de Purkinje, situés dans le cervelet, est directement liée à l’augmentation du risque de chutes chez les aînés. Cette découverte, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (étude), pourrait permettre de prolonger l’autonomie et la qualité de vie des personnes âgées.
L’équipe, dirigée par Eviatar Fields, spécialiste des neurosciences, et la professeure Alanna Watt, a démontré que les neurones de Purkinje jouent un rôle crucial dans la coordination des mouvements. Ces cellules traitent les informations sensorielles et les signaux provenant du corps, et envoient des « instructions correctives » pour affiner l’équilibre et la coordination.
L’étude a révélé une diminution notable de la fréquence d’activité de ces neurones avec l’âge. Les chercheurs ont observé que les souris âgées présentaient des difficultés à réaliser des tests de coordination motrice, comme traverser une poutre ou se tenir sur une barre rotative, reflétant des déficits similaires à ceux observés chez les humains.
En modifiant génétiquement l’activité de ces neurones chez les souris, les chercheurs ont pu démontrer un lien de cause à effet. En réduisant l’activité des neurones de Purkinje chez de jeunes souris, ils ont constaté une perte d’équilibre plus rapide. Inversement, en augmentant l’activité de ces neurones chez les souris âgées, ils ont amélioré leur coordination et leur capacité à rester en équilibre.
« En démontrant que les changements dans les neurones de Purkinje sont liés de manière causale à des altérations de la démarche, de la coordination motrice et de l’équilibre, notre travail offre de nouvelles pistes pour des thérapies qui peuvent prévenir ou retarder le vieillissement moteur. »
Eviatar Fields, chercheur
La professeure Watt souligne que ces découvertes contribuent à une meilleure compréhension du vieillissement biologique et des troubles neurodégénératifs, tels que la maladie d’Alzheimer, où des perturbations similaires des neurones de Purkinje ont été observées.
Selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), les chutes représentent un problème de santé publique majeur, compromettant l’autonomie et la qualité de vie des personnes de plus de 65 ans. Les chercheurs insistent sur l’importance de développer des interventions médicales ou comportementales pour maintenir l’activité optimale des neurones impliqués dans le contrôle du mouvement et réduire le risque de chutes.
Le CDC recommande notamment d’encourager les activités physiques améliorant l’équilibre et la force musculaire, de vérifier régulièrement sa vue et d’adapter son domicile pour éliminer les obstacles potentiels, tels que les tapis lâches ou un éclairage insuffisant.
« À mesure que la coordination diminue, les chutes deviennent plus fréquentes, avec des conséquences potentiellement graves sur la qualité de vie », a déclaré la professeure Watt, soulignant l’importance de la prévention et de la recherche continue pour favoriser un vieillissement en bonne santé.