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Pourquoi Madras HC a reconnu la crypto-monnaie comme propriété | Actualités juridiques

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Publié le 2025-10-27 08:45:00. La Haute Cour de Madras a statué que les cryptomonnaies devaient être considérées comme des biens, une décision rendue dans le cadre d’une affaire de cyberattaque ayant touché une plateforme d’échange. Ce jugement apporte une clarification juridique cruciale sur la nature des actifs numériques en Inde.

  • La cryptomonnaie est désormais officiellement reconnue comme un bien par la Haute Cour de Madras.
  • Cette décision a été prise alors que le tribunal statuait sur une affaire de cyberattaque sur la plateforme d’échange WazirX, entraînant le gel des comptes de certains utilisateurs.
  • La cour a affirmé que les actifs numériques virtuels, bien que n’étant ni des biens corporels ni une monnaie, peuvent être appréciés, possédés et détenus en fiducie.

La Haute Cour de Madras a officiellement classé les cryptomonnaies comme des biens, une décision marquante prise le 25 octobre dans le contexte d’une affaire de cyberattaque. Le juge N. Anand Venkatesh a déclaré :

« Il ne fait aucun doute que la cryptomonnaie est une propriété. Ce n’est pas une propriété corporelle ni une monnaie. Cependant, c’est une propriété qui peut être appréciée et possédée (sous une forme bénéfique). Elle peut être détenue en fiducie. »

Le litige portait sur une plainte déposée par Rhutikumari, une utilisatrice de la plateforme d’échange WazirX, gérée par Zanmai Labs. En janvier 2024, Rhutikumari détenait sur la plateforme pour environ 1,98 lakh roupies indiennes (environ 2 400 dollars) en pièces XRP. Suite à une cyberattaque survenue en juillet 2024, la plateforme a subi un piratage de l’un de ses portefeuilles froids, entraînant la perte de 230 millions de dollars en jetons Ethereum et ERC-20. Cette attaque a conduit au gel de tous les comptes utilisateurs, y compris celui de Rhutikumari.

Suite à ces événements, le tribunal a ordonné à Zanmai Labs de fournir une garantie bancaire ou un dépôt séquestre de 9,56 lakh roupies indiennes (environ 11 500 dollars) pour couvrir les actifs du demandeur, en attendant la conclusion de la procédure d’arbitrage.

Les fondements juridiques de la décision

Plusieurs arguments ont étayé la décision du tribunal de considérer les cryptomonnaies comme des biens :

  • La cour a rappelé que les cryptomonnaies sont définies comme des actifs numériques virtuels en vertu de l’article 2 (47A) de la Loi de l’impôt sur le revenu de 1961 en Inde.
  • Il a été souligné que les investissements des utilisateurs sont convertis en cryptomonnaies, « qui peuvent être stockées, échangées et vendues ».
  • En s’appuyant sur des décisions et des positions adoptées dans d’autres pays tels que le Royaume-Uni, les États-Unis, Singapour et la Nouvelle-Zélande, le tribunal a conclu que les cryptomonnaies partageaient les caractéristiques d’autres actifs, étant susceptibles d’être appréciées, cédées et possédées.
  • Le juge N Anand Venkatesh a précisé que « les actifs numériques virtuels détenus électroniquement sont censés être détenus en fiducie avec une obligation fiduciaire envers les propriétaires de ces actifs ».

Arguments des parties

L’avocat de Rhutikumari, D. Ravichander, a plaidé que les avoirs en cryptomonnaies de sa cliente n’avaient pas été directement affectés par la cyberattaque de juillet 2024. Il a également soutenu que la localisation des actifs et de la cause d’action en Inde justifiait l’application de mesures provisoires en vertu de l’article 9 de la Loi sur l’arbitrage.

De son côté, le représentant de Zanmai Labs, Satish Parasaran, a argué que la plateforme n’agissait ni en qualité de dépositaire ni de fiduciaire pour les actifs numériques virtuels de ses utilisateurs. Il a en outre avancé que le différend devait être réglé par arbitrage à Singapour, conformément à la clause de règlement des différends du contrat d’utilisation, excluant ainsi le recours à une protection provisoire en Inde.

Contexte de l’affaire

Rhutikumari, une utilisatrice enregistrée de WazirX, avait investi environ 2 lakhs de roupies (environ 2 400 dollars) dans l’achat de 3 532,30 pièces XRP. Son compte a été gelé suite à la cyberattaque de juillet 2024. Par la suite, la Haute Cour de Singapour avait ordonné une restructuration et un « plan d’arrangement » pour tous les utilisateurs. C’est dans ce contexte que Rhutikumari s’est tournée vers la Haute Cour de Madras, qui a accordé des mesures provisoires, protégeant ainsi ses intérêts par la reconnaissance des actifs cryptographiques comme « biens ».

L’avocat principal Krishna Gandhi a commenté pour The Indian Express que cette décision apportait une « clarté indispensable au caractère juridique des actifs numériques virtuels en vertu de la loi indienne ». Il a qualifié cette ordonnance de « message fort adressé aux bourses » comme WazirX, soulignant leurs « obligations fiduciaires envers les utilisateurs dont ils détiennent les actifs ».

« Les cyberattaques ou les litiges entre entreprises à l’étranger ne peuvent justifier le gel des portefeuilles d’utilisateurs non liés en Inde », a-t-il ajouté. « Cela reconnaît que les cryptomonnaies sont des actifs précieux en vertu de la loi indienne et méritent la même protection que toute autre forme de propriété. Pour les investisseurs, c’est un bouclier. Pour les échanges, c’est un signal d’alarme ».

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