Publié le 2025-10-27 01:23:00. Le premier Congrès des droits des animaux organisé par la profession juridique catalane a conclu ses travaux à Tarragone, marquant une étape décisive dans l’intégration de la protection animale au cœur du droit. Plus de 150 professionnels du droit, universitaires et représentants institutionnels ont débattu de la nécessité d’adapter le cadre juridique aux nouvelles sensibilités sociétales et aux avancées éthiques.
- Un consensus pour une approche juridique intégrant la protection animale comme valeur essentielle.
- L’engagement de la profession juridique catalane en faveur d’un droit plus humain et respectueux des êtres vivants.
- La nécessité de former et de sensibiliser les juristes au droit animal, un domaine en pleine expansion.
La ville de Tarragone a accueilli pendant deux jours un événement historique pour le barreau catalan : le premier Congrès des droits des animaux. Orchestrée par le Consell de l’Advocacia Catalana, via sa Commission des Droits des Animaux, et soutenue par les Collèges de Tarragone et de Mataró, cette rencontre a rassemblé plus de 150 participants. L’objectif principal : réfléchir aux défis juridiques, éthiques et sociaux liés à la protection et au bien-être animal, et affirmer la nécessité d’une évolution du droit.
L’idée force qui a émergé de ces échanges est claire : le droit doit intégrer pleinement la protection des animaux comme une valeur fondamentale, transversale et activement pratiquée par les professionnels du droit. Cet engagement a été salué par Joan Martínez, président du Consell de l’Advocacia Catalana, qui a qualifié cet événement de « tournant ». Pour lui, la profession juridique catalane a ainsi « rendu visible son engagement en faveur d’un droit plus humain, éthique et respectueux de tous les êtres vivants », ajoutant que « défendre les droits des animaux, c’est aussi défendre la dignité et les valeurs de justice qui définissent notre profession ».
Les intervenants ont souligné le rôle central des avocats dans la mise en œuvre effective des nouvelles législations et dans la promotion d’une culture juridique plaçant le bien-être animal au cœur de l’État de droit. Le Consell de l’Advocacia Catalana a d’ailleurs annoncé son intention de poursuivre cette démarche par des actions de formation et de sensibilisation continues.
David Rocamora, président de la Commission des Droits des Animaux du Consell et ancien doyen du Barreau de Tarragone, a mis en perspective le débat sur la protection animale comme un reflet du « modèle de société que nous voulons construire ». Il a plaidé pour un « plaidoyer actif, courageux et engagé envers les nouvelles sensibilités sociales », rappelant que « la loi doit s’adapter à la réalité et ne pas se laisser distancer par les avancées scientifiques et éthiques qui reconnaissent les animaux comme des êtres dotés de la capacité de ressentir ».
Coordination et formation au cœur des préoccupations
Le congrès a abordé une large palette de sujets concrets, incluant l’application pratique de la loi 7/2023 sur la protection des droits et du bien-être des animaux, les aspects juridiques de la maltraitance animale, la prise en compte des animaux de compagnie en droit de la famille, les contrats d’adoption, ou encore les débats autour de l’expérimentation animale et des pratiques culturelles telles que les correbous. Des magistrats, avocats, universitaires, scientifiques et représentants d’institutions publiques ont contribué à ces discussions.
Les tables rondes et présentations ont mis en lumière la nécessité impérieuse d’améliorer la coordination entre les différentes institutions, les professionnels du droit et les organisations de protection animale. La formation continue et spécialisée en droit animal a également été identifiée comme une priorité pour les associations professionnelles et les facultés de droit.
Les conclusions finales ont réaffirmé que le droit animal constitue aujourd’hui un domaine juridique émergent, transversal, qui touche toutes les branches du droit (civil, pénal, administratif, familial) et qui requiert une approche interdisciplinaire.
La clôture de ce premier congrès, assurée par Joan Martínez, David Rocamora et Olga Ortiz, présidente de la Commission des droits des animaux du Barreau de Mataró, a permis au Consell de l’Advocacia Catalana de consolider sa Commission des Droits des Animaux comme un espace de référence pour la formation, le débat et la sensibilisation au sein du monde juridique. L’institution a ainsi réaffirmé son engagement en faveur d’une justice plus humaine, durable et respectueuse de tous les êtres vivants.