Publié le 8 février 2026 14:19:00. Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) suscite un débat croissant : s’agit-il d’une véritable augmentation des cas ou d’une simple « mode » alimentée par les réseaux sociaux et des critères de diagnostic en évolution ? Un médecin explore les raisons de cette tendance.
- Les diagnostics de TDAH ont considérablement augmenté au cours des vingt dernières années, notamment chez les adultes.
- Une plus grande sensibilisation à la neurodiversité et un meilleur accès au diagnostic expliquent en partie cette hausse.
- Certains experts s’inquiètent de l’augmentation de la prescription de médicaments pour le TDAH.
Sur les réseaux sociaux, le constat est frappant : de plus en plus de personnes affirment être atteintes de TDAH, trouvant dans ce diagnostic une explication à des difficultés qu’elles ont pu rencontrer tout au long de leur vie. Des communautés en ligne se sont créées, où les individus partagent un sentiment de soulagement d’avoir enfin mis un nom sur leurs particularités.
Mais cette multiplication des diagnostics est-elle le reflet d’une réalité ou d’une tendance passagère ? Le Dr Gavin Francis, écrivain écossais, s’est penché sur cette question dans son ouvrage « L’esprit non fragile : Donner un sens à la santé mentale ». Il souligne que le TDAH est de plus en plus souvent identifié chez les enfants, mais que l’on observe une augmentation significative des diagnostics chez les adultes.
Selon le Dr Doug McKechnie, cité dans un article de The LadBible, cette augmentation est due en partie à une meilleure reconnaissance du trouble et à un accès plus facile aux évaluations.
« Le TDAH est le plus souvent identifié chez les enfants, mais nous constatons désormais une augmentation significative du nombre d’adultes diagnostiqués pour la première fois. Nous ne comprenons pas vraiment pourquoi, mais l’amélioration de la reconnaissance et de l’accès à l’évaluation joue probablement un rôle majeur. »
Dr Doug McKechnie
Cependant, le Dr Francis met en garde contre une possible évolution des critères de diagnostic. Il suggère que les seuils pour obtenir un diagnostic de TDAH ont progressivement baissé au cours des deux à trois dernières décennies. Il exprime également son inquiétude face à l’augmentation de la prescription de médicaments.
« J’ai vu de nombreux patients qui ne trouvaient pas les médicaments particulièrement utiles. Certains remarquent une petite amélioration au début, mais beaucoup arrêtent de les prendre parce qu’ils finissent par se sentir mal à l’aise ou ne se sentent pas eux-mêmes. »
Dr Francis, médecin généraliste
Au-delà du diagnostic, certains voient dans le TDAH, ou plus largement dans la neurodiversité, une simple différence de fonctionnement cérébral, une autre façon de penser, d’agir et de réagir au monde. Cette perspective, qui valorise la singularité de chaque individu, contribue également à alimenter le débat autour du TDAH.