Mumbai a vibré au son de John Mayer, le musicien américain sept fois récompensé par un Grammy Award, lors d’un concert intimiste et captivant au Mahalaxmi Racecourse. L’artiste a offert une performance solo de près de 90 minutes, privilégiant l’authenticité et la virtuosité à l’opulence scénique.
Dès les premières notes de guitare qui ont percé le brouhaha ambiant, une vague d’enthousiasme a déferlé sur les milliers de spectateurs présents. Mayer a entamé son spectacle avec le titre populaire « Slow Dancing in a Burning Room », avant de se lancer dans un répertoire plus personnel et moins conventionnel.
Alternant entre guitare acoustique et électrique, et agrémentant son jeu de quelques passages au piano, l’artiste a démontré une maîtrise impressionnante. Des classiques comme « Stop This Train » et « Something Like Olivia » ont été revisités avec une intensité particulière, tandis que des morceaux comme « Neon », « Changing » et « Gravity » ont bénéficié de longues improvisations guitarististiques, explorant les limites sonores de son instrument.
Fidèle à sa réputation, John Mayer a misé sur la sobriété, renonçant aux effets pyrotechniques et aux bandes préenregistrées pour laisser toute la place à son talent de chanteur et de guitariste. Loin d’être minimaliste, cette approche a permis à chaque parole et à chaque riff de résonner avec plus de force.
Surprenant peut-être certains, Mayer a délibérément évité de s’appuyer sur ses plus grands succès, tels que « Your Body Is a Wonderland » et « Heartbreak Warfare ». Il a préféré explorer des titres moins connus, comme « Come Back To Bed », tout en incluant quelques morceaux appréciés du public, comme « Why Georgia ». Cette décision, bien que déconcertante pour certains, a offert une expérience musicale rafraîchissante, rompant avec les concerts nostalgiques habituels.
L’artiste a su conquérir le public grâce à son charme et à son humour. Il a échangé avec les spectateurs, commentant leurs coupes de cheveux et leurs pancartes faites à la main. Il a même plaisanté, après avoir découvert un accord de guitare particulier en direct, en déclarant : « On ne peut pas arrêter John ! » Il a également diffusé de courts extraits de son parcours, notamment un passage du documentaire Inside The Square, réalisé lors de la sortie de son premier album, Room for Squares, permettant ainsi au public de revivre ses débuts.
Mayer a également pris le temps de s’excuser pour le report initial du concert et a exprimé son souhait de revenir en Inde prochainement.
Ce concert unique, dépouillé des artifices souvent associés aux artistes établis lors de leur première tournée en Inde, a mis en évidence le talent brut et le magnétisme qui ont fait de John Mayer une figure majeure de la scène pop-rock. Si certains fans auraient sans doute apprécié un plus grand nombre de ses tubes, cette première indienne a démontré la force d’un artiste capable de créer un lien direct et authentique avec son public, plus proche d’une conversation que d’un triomphe.