Publié le 2023-10-22 10:00:00. Une avancée technologique majeure a vu le jour sur l’autoroute A10, près d’Angervilliers, dans l’Essonne. Un camion électrique a réussi pour la première fois à se recharger en roulant, grâce à un système de recharge dynamique par induction intégré à la chaussée.
- C’est une première mondiale : une autoroute française a testé avec succès la recharge sans fil pour véhicules électriques en mouvement.
- 1,5 kilomètre de l’autoroute A10 est désormais équipé de bobines de cuivre enfouies sous la route pour transmettre de l’énergie aux véhicules.
- Ce système permet aux véhicules de récupérer de l’autonomie pendant qu’ils circulent, réduisant ainsi la taille et le coût des batteries.
Mercredi 22 octobre, sur l’autoroute A10, à hauteur d’Angervilliers (Essonne), un exploit technologique a été réalisé : un camion électrique a été rechargé sans fil pendant qu’il roulait. Il s’agit d’une expérimentation inédite à l’échelle mondiale, marquant la mise en service d’une section d’autoroute équipée de la technologie de recharge dynamique par induction.
Ce dispositif repose sur l’installation de 900 bobines de cuivre dissimulées sous le revêtement de la chaussée sur un segment de 1,5 kilomètre. Connectées au réseau électrique, elles génèrent un champ électromagnétique capable de transférer de l’énergie aux véhicules pourvus de récepteurs appropriés. Cette innovation permet ainsi à tout type de véhicule, qu’il s’agisse d’un camion, d’un bus, d’une camionnette ou d’une voiture particulière, de recharger sa batterie en pleine circulation.
Tests grandeur nature concluants
Le projet, baptisé « Charge as you drive », est le fruit d’une collaboration menée par un consortium piloté par VINCI Autoroutes. Ce dernier associe les expertises d’Electreon, VINCI Construction, l’Université Gustave Eiffel et Hutchinson. Soutenu par Bpifrance, ce projet s’inscrit dans une démarche européenne plus large visant à développer les systèmes routiers électriques (ERS).
Après des phases de tests en laboratoire et sur des sites d’essais dédiés, les premiers essais routiers avec des prototypes ont débuté sur l’A10. Les résultats communiqués par les partenaires du projet sont très encourageants : des puissances de recharge allant jusqu’à 300 kW en pic et une moyenne de 200 kW ont été atteintes. Pour les poids lourds, cela se traduit par un gain d’autonomie d’environ un kilomètre par kilomètre parcouru, et jusqu’à trois kilomètres pour les véhicules légers.
Vers des véhicules électriques plus abordables et écologiques
Si cette technologie venait à être déployée à grande échelle, elle pourrait considérablement accélérer l’électrification des transports routiers lourds. En permettant une recharge continue, elle autorise une réduction de la capacité des batteries nécessaires. Les véhicules deviennent ainsi moins coûteux, plus légers et plus performants, tout en éliminant les temps d’arrêt dédiés à la recharge. Cette approche permettrait également de diminuer l’extraction de matières premières critiques pour la fabrication des batteries, avec un bénéfice non négligeable pour l’environnement.
Un enjeu majeur pour la décarbonation du transport
Le secteur du transport routier est un contributeur majeur aux émissions de gaz à effet de serre en France, représentant environ un tiers du total, et assure 95 % de la mobilité du pays. Les acteurs impliqués dans ce projet insistent sur le rôle potentiellement déterminant de la recharge dynamique par induction pour rendre ce secteur plus durable, offrant des avantages tant sur le plan opérationnel qu’écologique.
Les essais pratiques avec les quatre prototypes (camion, bus, fourgon et voiture particulière) vont se poursuivre dans les prochains mois. Cette nouvelle étape vise à perfectionner la technologie et à préparer son déploiement potentiel à plus grande échelle.