Publié le 2025-11-01 03:07:00. Une employée d’une université indienne affirme avoir été contrainte de prouver ses menstruations en fournissant une photo de sa serviette hygiénique. L’incident a déclenché une enquête interne et policière, ainsi que des manifestations sur le campus.
- Une employée de l’Université Maharshi Dayanand de Rohtak accuse ses supérieurs de lui avoir exigé une preuve photographique de ses règles pour justifier un retard.
- D’autres employées ont témoigné de demandes similaires, assorties d’insultes et de menaces de licenciement pour celles qui refusaient.
- L’université a lancé une enquête interne, tandis que la police a ouvert une enquête suite au dépôt d’une plainte.
L’affaire a éclaté dans le nord de l’Inde après qu’une employée chargée du nettoyage, en retard car indisposée par ses menstruations, se soit vue réclamer par deux supérieurs masculins une photo de sa serviette hygiénique comme preuve. Selon plusieurs médias locaux, ces derniers auraient insisté, refusant l’explication de la victime et allant jusqu’à lui demander de se déshabiller. Des témoignages ultérieurs ont révélé que d’autres employées auraient subi des requêtes analogues, allant jusqu’à la soumission de photos de serviettes hygiéniques utilisées.
Face à ces allégations, l’Université Maharshi Dayanand de Rohtak a réagi en diligentant une enquête interne. Le secrétaire général de l’établissement, Krishnan Kant, a déclaré que les responsables « devront rendre des comptes » si des actes illégaux sont confirmés. Parallèlement, le campus a été le théâtre de manifestations organisées par des employées et des étudiantes, qui ont également saisi le comité des femmes de l’État. La police a ouvert une enquête en parallèle après avoir enregistré une première plainte.
Dans un communiqué officiel, la direction de l’université a affirmé que « les actions qui menacent la sécurité des employés ne seront tolérées en aucune circonstance » et que la « dignité et la sécurité des femmes sont notre priorité absolue ». Cette affaire ravive le débat sur les tabous sociaux entourant les menstruations en Inde. Le mois de juillet avait déjà été marqué par un incident similaire dans une école près de Mumbai, où des élèves auraient été contraintes à des examens à nu pour vérifier leurs règles, provoquant la colère des parents.
Historiquement, les menstruations ont été associées à une notion d’impureté en Inde, entraînant l’exclusion des femmes de certains événements sociaux et religieux. Des cas de tests forcés dans des dortoirs universitaires ont déjà été signalés par le passé, mettant en lumière des pratiques discriminatoires structurelles persistantes.
Des experts ont dénoncé ces agissements comme une violation des droits humains internationaux, appelant à des « mesures préventives et une réponse ferme au niveau universitaire et gouvernemental ».