Home Santé Prévalence des infections nosocomiales et des profils de résistance aux antibiotiques dans les hôpitaux iraniens sur cinq ans

Prévalence des infections nosocomiales et des profils de résistance aux antibiotiques dans les hôpitaux iraniens sur cinq ans

0 comments 47 views

Publié le 21 février 2024 17:19:00. Les infections nosocomiales, déjà une préoccupation majeure pour la santé publique mondiale, posent un défi croissant en Iran, avec une résistance aux antibiotiques de plus en plus préoccupante. Une étude récente met en lumière l’évolution de ces infections et des résistances bactériennes dans les hôpitaux de la province d’Ispahan entre 2019 et 2023.

  • La prévalence des infections nosocomiales (IAS) est restée stable à environ 5 % entre 2019 et 2022 dans les hôpitaux étudiés.
  • Les infections urinaires, la pneumonie et les infections du site opératoire sont les plus fréquemment observées.
  • La résistance aux antibiotiques, en particulier chez les bactéries Gram négatif, a augmenté de manière significative, atteignant plus de 70 % pour certaines classes d’antibiotiques en 2023.

Les infections nosocomiales (IAS), contractées pendant un séjour à l’hôpital, représentent un enjeu de sécurité des patients et de qualité des soins de santé à l’échelle mondiale. En Iran, la situation est particulièrement préoccupante en raison de la propagation de bactéries résistantes aux antibiotiques, ce qui complique considérablement la prise en charge des patients et met à rude épreuve le système de santé. Une étude rétrospective transversale menée de 2019 à 2023 dans 38 hôpitaux de la province d’Ispahan a permis d’analyser en détail cette problématique.

Les chercheurs ont examiné les données fournies par l’adjoint à la santé de l’Université des sciences médicales d’Ispahan, en se concentrant sur les caractéristiques des patients, les types d’infections, les agents pathogènes impliqués et les infections associées à l’utilisation de dispositifs médicaux. Ils ont calculé la proportion d’infections et les taux de mortalité associés, en exprimant les résultats pour 1 000 jours-patients. L’identification des bactéries a été réalisée grâce à des techniques microbiologiques et moléculaires, tandis que les tests de sensibilité aux antibiotiques ont suivi les recommandations du Clinical and Laboratory Standards Institute.

L’analyse statistique, effectuée à l’aide des logiciels SPSS et R Studio, a révélé que la proportion de patients touchés par une IAS est restée relativement stable, autour de 5 %, entre 2019 et 2022. Les infections les plus courantes étaient les infections des voies urinaires (IVU), la pneumonie et les infections du site opératoire. Les principaux agents pathogènes identifiés étaient Acinetobacter baumannii, Klebsiella pneumoniae et Escherichia coli, qui présentaient une résistance significative aux carbapénèmes et aux céphalosporines de troisième génération.

L’étude a également mis en évidence des disparités géographiques et entre établissements de santé en termes de taux d’infection. Les unités de soins intensifs et les unités de transplantation affichaient les taux les plus élevés, tandis que les services de psychiatrie, d’ORL et d’ophtalmologie enregistraient moins de cas. Les patients âgés de 65 ans et plus étaient particulièrement vulnérables, les hommes étant plus susceptibles de développer une pneumonie associée à la ventilation et les femmes des infections urinaires.

Un aspect particulièrement alarmant de l’étude est l’augmentation significative de la résistance des bactéries Gram négatif aux antibiotiques. En 2023, la résistance dépassait 70 % pour plusieurs classes d’antibiotiques. Acinetobacter spp. se distinguait par les niveaux de résistance les plus élevés : 94,9 % (intervalle de confiance à 95 % : 93,4-96,4) à la ceftazidime, 90,9 % (88,8-93,0) aux fluoroquinolones, 84,9 % (82,3-87,4) aux aminosides et 93,3 % (91,5-95,1) aux carbapénèmes. La colistine restait, quant à elle, relativement efficace, avec un taux de résistance de seulement 3,8 % (1,6 à 8,3).

Klebsiella spp. présentait également une résistance élevée aux céphalosporines de troisième et quatrième générations (88,0 % ; IC à 95 % : 86,3 à 89,6) et aux associations de β-lactamines/inhibiteurs de β-lactamase (86,6 % ; IC à 95 % : 84,0 à 89,0). En revanche, Escherichia coli et Pseudomonas aeruginosa montraient une résistance comparativement plus faible dans la plupart des catégories d’antibiotiques.

Les auteurs de l’étude soulignent la nécessité urgente d’améliorer le contrôle des infections, la gestion des antibiotiques et de mettre en place des stratégies ciblées pour réduire la prévalence des IAS et la résistance aux antibiotiques. Ces mesures sont essentielles pour améliorer les résultats pour les patients et alléger la pression sur le système de santé iranien.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.