Styrie, Autriche – L’utilisation des drones pour l’épandage de pesticides et l’avenir de la Politique Agricole Commune (PAC) de l’Union Européenne ont été au cœur des discussions lors de la récente réunion des conseillers d’État agricoles. La Styrie, en particulier, a plaidé pour une réglementation claire de ces nouvelles technologies, tandis que l’ensemble des Länder autrichiens a demandé à l’Union Européenne des lignes directrices plus précises.
La conseillère agricole de Styrie, Simone Schmiedtbauer (ÖVP), a vivement souligné le potentiel des drones pour l’agriculture, notamment dans les régions montagneuses de sa province. « La technologie des drones pourrait apporter d’énormes avantages, en particulier dans les zones escarpées », a-t-elle déclaré. Cependant, elle a déploré l’absence d’un cadre juridique clair pour l’application de produits phytopharmaceutiques par ce biais. « Il manque actuellement une base juridique claire et les produits phytopharmaceutiques nécessitent leur propre autorisation spéciale pour être appliqués par drone », a précisé Mme Schmiedtbauer, ajoutant : « Nous avons ici un besoin urgent de simplifications et d’une base juridique moderne afin que nos entreprises puissent bénéficier de cette technologie d’avenir. » Selon elle, l’utilisation de drones « facilite vraiment le travail, car elle remplace souvent un travail manuel laborieux, en particulier dans nos endroits escarpés ».
La nécessité de disposer d’outils efficaces pour la lutte contre les maladies et les ravageurs a également été mise en avant. Simone Schmiedtbauer a cité le jaunissement doré dans la viticulture styrienne comme exemple frappant du manque de ressources dont souffrent les agriculteurs locaux. « Nos agriculteurs ne disposent plus de la boîte à outils complète dont ils ont besoin pour garantir les récoltes. S’il manque des produits phytopharmaceutiques – ou si les procédures d’autorisation sont trop longues – nous perdons en compétitivité et, en fin de compte, la sécurité alimentaire intérieure en souffre », a-t-elle alerté.
Face à ces défis, les Länder ont unanimement appelé le ministre fédéral de l’Agriculture, Norbert Totschnig (ÖVP), à plaider pour des directives claires au niveau européen. M. Totschnig a souligné que cette démarche nécessitait également l’approbation du ministère des Transports. Les représentants des régions autrichiennes ont réaffirmé leur soutien à un accès garanti à des produits phytopharmaceutiques efficaces et à une réduction des désavantages concurrentiels par rapport aux autres pays. La collaboration entre le gouvernement fédéral et les régions a été jugée essentielle, d’autant plus en cette période de défis économiques.
Un autre sujet central fut la discussion concernant la prochaine période de la Politique Agricole Commune (PAC) de l’UE. Les conseillers d’État ont plaidé en faveur d’un financement suffisant de la PAC, considérant le « deuxième pilier » comme particulièrement crucial pour l’avenir des régions. Simone Schmiedtbauer a rappelé qu’en Styrie seule, plus de 1,7 milliard d’euros avaient été investis au titre de ce pilier lors de la période de programmation précédente, soutenant ainsi la création de valeur régionale, les services environnementaux et le développement rural. « Ces investissements créent des perspectives, renforcent les communautés et garantissent des emplois. Seules des régions fortes sont des régions sûres. C’est pourquoi un budget indépendant est nécessaire pour le deuxième pilier – à l’avenir également », a-t-elle insisté.
Norbert Totschnig a qualifié les propositions actuelles de la Commission européenne concernant le cadre financier pluriannuel à partir de 2028 d’« inacceptables », craignant une diminution des fonds alloués à l’agriculture. « Ce que nous ne voulons pas, c’est que les agriculteurs de montagne soient confrontés à la concurrence des jardins d’enfants et des projets de protection de la nature pour les mêmes ressources », a-t-il déclaré. Simone Schmiedtbauer a abondé dans ce sens, qualifiant ces coupes budgétaires d’« inacceptables ».
Enfin, la réunion a abordé le programme d’encouragement « Q+ Rind », visant à soutenir l’élevage de vaches allaitantes et à améliorer la qualité de la production bovine. Face à la pression sur les prix et aux faibles revenus de ces exploitations, le programme a été prolongé de deux ans avec les financements nécessaires. « Si de moins en moins de veaux sont élevés en Autriche, cela mettra en danger notre approvisionnement en viande bovine et entraînera une augmentation du transport d’animaux. Nous nous y opposons fermement », a conclu Simone Schmiedtbauer, ajoutant : « Nous voulons rendre l’élevage de vaches allaitantes plus attractif et garantir qu’à l’avenir l’élevage de veaux reste possible dans toute l’Autriche. »