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Quand les plans d’action et les mouvements sont ralentis

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Publié le 14/10/2025 10:17. Des chercheurs de l’Université de Wurtzbourg ont identifié des modifications spécifiques dans le cortex moteur comme cause du ralentissement des mouvements chez les patients atteints de schizophrénie. Ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles approches thérapeutiques ciblées, notamment par stimulation magnétique du cerveau.

  • Le ralentissement psychomoteur, touchant la moitié des personnes atteintes de schizophrénie, est désormais lié à des altérations dans l’organisation fonctionnelle du cortex moteur primaire.
  • Ces changements ne sont pas intrinsèques à la schizophrénie, mais surviennent spécifiquement chez les patients présentant des troubles moteurs, et leur intensité est proportionnelle à la sévérité du ralentissement.
  • La stimulation magnétique transcrânienne (SMT), déjà utilisée avec succès, pourrait être affinée pour cibler plus précisément ces zones altérées, promettant des thérapies plus efficaces.

La schizophrénie, maladie mentale grave affectant environ 1 % de la population, se caractérise par des troubles de la pensée, de la perception et des émotions. Bien que traitable par médicaments et psychothérapie, elle s’accompagne fréquemment de troubles moteurs, présents chez environ 80 % des patients, indépendamment des effets secondaires des traitements antipsychotiques. Parmi eux, un ralentissement général des mouvements et des processus cognitifs peut rendre la gestion de la vie quotidienne extrêmement difficile, comme l’explique le Professeur Sebastian Walther, directeur de la clinique de psychiatrie, psychosomatique et psychothérapie du CHU de Wurtzbourg (UKW).

Jusqu’à récemment, le modèle du cortex cérébral postulait une organisation linéaire et fixe pour le contrôle moteur. Or, des recherches antérieures avaient déjà mis en évidence une structure plus complexe, avec des zones spécialisées alternant avec des régions d’intégration chargées de coordonner les mouvements et d’intégrer les signaux corporels. C’est sur cette base que le Professeur Walther a émis l’hypothèse que ces zones d’intégration étaient potentiellement impliquées dans les anomalies de mouvement observées chez ses patients.

Pour tester cette hypothèse, son équipe a analysé des données d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) provenant de 126 patients schizophrènes et de 43 sujets sains. Les chercheurs ont comparé la connectivité fonctionnelle du cerveau entre ces groupes, puis spécifiquement entre les patients présentant un ralentissement psychomoteur et ceux n’affichant aucun déficit moteur. Les résultats, publiés dans la prestigieuse revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America), confirment que les modifications observées dans le cortex moteur primaire ne sont pas une caractéristique de la schizophrénie en soi, mais bien un marqueur des troubles psychomoteurs.

L’étude a révélé que plus le ralentissement des mouvements est prononcé, plus les altérations dans le cortex moteur primaire sont importantes. Ces différences de connectivité cérébrale ont été mesurées pendant des périodes de repos, démontrant une dissociation dans les fréquences de vibration et de communication entre les zones cérébrales chez les patients affectés par le ralentissement.

Ces avancées scientifiques ouvrent des perspectives thérapeutiques prometteuses. La stimulation magnétique transcrânienne (SMT), une technique non invasive utilisant des impulsions magnétiques pour moduler l’activité cérébrale, a déjà montré son efficacité pour réduire significativement le ralentissement moteur dans une étude antérieure menée par le Professeur Walther. Forts des nouvelles données concernant l’organisation du cortex moteur primaire, les chercheurs envisagent désormais de cibler plus précisément ces « zones d’intégration » pour optimiser les traitements par SMT. Le Professeur Walther a d’ailleurs recruté la Dre Stéphanie Lefebvre, neuroscientifique déjà collaboratrice de son équipe à Berne, pour poursuivre ces recherches.

Une présentation visuelle des résultats est disponible sous forme d’image, montrant Stéphanie Lefebvre et Sebastian Walther lors de leurs travaux sur l’organisation fonctionnelle du cortex moteur primaire dans la psychose. Un document au format PowerPoint, intitulé « Motorcortex, homoncule de Penfield, modèle d’intégration-isolation », est également disponible en pièce jointe.

Contact pour les informations scientifiques :
Professeur Dr Sebastian Walther, Walther_S5@ukw.de

Publication originale :
S. Walther, F. Wüthrich, A. Pavlidou, N. Nadesalingam, S. Heckers, MG Nuoffer, V. Chapellier, K. Stegmayer, LV Maderthaner, A. Kyrou, S. von Känel et S. Lefebvre, Organisation fonctionnelle du cortex moteur primaire dans la psychose et rôle potentiel des régions intereffectrices dans le ralentissement psychomoteur, Proc. Natl. Acad. Sci. USA 122 (42) e2425388122, https://doi.org/10.1073/pnas.2425388122 (2025).

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