Publié le 10 octobre 2025. Un accord de cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza met fin à deux ans de conflit, suite à l’approbation d’un plan négocié par les États-Unis avec le Hamas. Si la première phase semble avancer, les détails cruciaux et les étapes futures de cet accord soulèvent encore de nombreuses interrogations.
- Un cessez-le-feu a été décrété à Gaza après l’approbation d’un accord négocié par les États-Unis avec le Hamas, impliquant le président américain Donald Trump.
- Le texte de l’accord, dont le titre suggère une « fin globale de la guerre à Gaza », manque de précisions et présente des ambiguïtés intentionnelles.
- Malgré une déclaration du Hamas assurant que la guerre est terminée, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti que la force serait utilisée si les exigences d’Israël n’étaient pas satisfaites.
L’accord, intitulé « Étapes de mise en œuvre de la proposition du président Trump pour une fin globale de la guerre à Gaza », repose sur un plan en 20 points annoncé par Donald Trump. Sa première phase, concernant le cessez-le-feu, l’échange d’otages contre des prisonniers et l’augmentation de l’aide humanitaire, a été approuvée après des négociations en Égypte. Cependant, la formulation de l’accord, qui affirme explicitement la fin de la guerre de deux ans, vise à établir un nouveau statu quo, même en cas d’impasse sur les points plus complexes.
Parmi les points de friction majeurs non résolus figurent la demande israélienne de désarmement du Hamas, l’ampleur du retrait israélien et la gouvernance future du territoire. Le document ne détaille pas les garanties contre la reprise des hostilités ni les conséquences en cas de violation. Le chef du Hamas en exil, Khalil Al-Hayya, a indiqué avoir reçu des assurances des États-Unis et des médiateurs quant à la fin de la guerre. À l’inverse, Benjamin Netanyahu a laissé entendre par vidéo qu’une issue par la force resterait une option si les exigences israéliennes, notamment le désarmement du Hamas, n’étaient pas respectées.
Le document reste flou sur les étapes suivantes de la mise en œuvre complète du plan de Trump. Il stipule qu’en cas de respect mutuel de l’accord, Tsahal ne retournera pas dans les zones d’où elle s’est retirée. Cette clause laisse cependant la porte ouverte à un retour des troupes israéliennes si le Hamas est jugé en défaut, sans définir clairement ce qui constituerait une violation. Les frappes aériennes ne sont pas non plus explicitement exclues, rappelant la situation au Liban où des accords similaires n’ont pas empêché des actions militaires.
Concernant les otages, l’accord exige la libération de tous les otages israéliens, vivants et décédés, dans les 72 heures suivant le retrait partiel d’Israël. Une clause reconnaît toutefois la difficulté pour le Hamas de retrouver tous les corps dans ce délai, ouvrant la voie à un partage d’informations sur les otages dont le sort reste inconnu. Le sort des 20 otages présumés vivants et les conséquences d’un éventuel retard dans leur libération ne sont pas précisés.
Un groupe de travail sera formé de représentants des États-Unis, du Qatar, de l’Égypte, de la Turquie et d’autres pays afin de surveiller l’accord et de signaler toute violation. Les États-Unis ont annoncé le redéploiement de 200 soldats déjà présents au Moyen-Orient pour coordonner une potentielle Force internationale de stabilisation, bien que ce concept n’ait pas encore été officiellement convenu par les parties.
Cet accord représente une avancée diplomatique majeure pour Donald Trump, désireux de marquer son mandat par une résolution du conflit. L’influence américaine a pesé sur Benjamin Netanyahu, accusé d’avoir auparavant entravé les négociations. Le Hamas, quant à lui, subissait la pression de médiateurs comme l’Égypte, le Qatar et la Turquie, ainsi que des besoins humanitaires urgents de la population gazaouie. Israël avait lancé l’offensive militaire après les attaques du 7 octobre 2023, qui ont causé la mort d’environ 1 200 personnes, majoritairement des civils, et la prise de 251 otages. La riposte israélienne aurait fait plus de 67 000 morts palestiniens, dont plus de 18 000 enfants selon le ministère de la Santé sous contrôle du Hamas, et engendré une crise humanitaire dévastatrice.
La première phase de ce plan était peut-être la plus accessible, Netanyahu faisant face à une pression interne croissante pour mettre fin à la guerre. Le Hamas semblait également percevoir la détention d’otages comme un fardeau. Cependant, l’avenir reste incertain. La pérennité de cet accord dépendra de l’engagement soutenu de l’administration américaine, car des raisons intrinsèques poussent Israël et le Hamas à potentiellement bloquer le processus. Si une dynamique positive s’est installée, des obstacles majeurs persistent.