Home Divertissement Que pensez-vous des films d’Emerald Fennell comme « Saltburn » et « Wuthering Heights » ?

Que pensez-vous des films d’Emerald Fennell comme « Saltburn » et « Wuthering Heights » ?

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Publié le 21 février 2026 03:59:00. La réalisatrice Emerald Fennell divise la critique avec son approche audacieuse et délibérément excessive, incarnée dans son adaptation de Les Hauts de Hurlevent, qui continue de susciter l’enthousiasme autant que le rejet.

  • Emerald Fennell est connue pour son style cinématographique flamboyant et sa capacité à embrasser et à subvertir les genres.
  • Son adaptation des Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë est moins une transposition fidèle qu’une interprétation personnelle de l’expérience de la lecture du roman.
  • Les films de Fennell, notamment Saltburn et Promising Young Woman, suscitent des débats sur leur message et leur esthétique provocatrice.

Emerald Fennell ne mâche pas ses mots, ni ses images. La réalisatrice britannique, révélée par Promising Young Woman (2020), s’est affirmée comme une figure singulière du cinéma contemporain, capable de diviser autant qu’elle fascine. Son dernier film, une adaptation audacieuse des Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, confirme cette tendance, exacerbant les passions et les critiques.

Fennell ne se contente pas de travailler dans les limites d’un genre, elle les repousse, voire les avale tout entiers, à la manière d’un Kirby, le personnage de Nintendo connu pour son appétit vorace, avant de les régurgiter selon sa propre vision. Le résultat est un cinéma exubérant, teinté d’une logique onirique qui oscille entre l’extase et le cauchemar, souvent féminin, et toujours, selon ses détracteurs comme ses admirateurs, délicieusement excessif.

Son approche se manifeste pleinement dans cette nouvelle adaptation des Hauts de Hurlevent, qui dépasse en audace ses précédents films, Saltburn et Promising Young Woman. Dans la préface d’une nouvelle édition du roman d’Emily Brontë, Fennell explique qu’elle n’a pas cherché à transposer l’œuvre dans un film de deux heures, mais plutôt à adapter son propre ressenti lors de sa première lecture.

« Le livre de Brontë est trop insaisissable pour être enfermé dans un film de deux heures, et ainsi, j’ai tenté d’adapter ma propre expérience de sa première lecture. »

Emerald Fennell

Son Wuthering Heights est moins une adaptation d’un texte classique qu’une adaptation d’une sensation. Le film est à la fois sale et chaste, avec des scènes de sexe, mais une nudité limitée, notamment pour le personnage d’Heathcliff. Des allusions à des pratiques sado-masochistes sont présentes, mais restent suggérées, à l’image de ce que Cathy perçoit. Cette approche, selon Fennell, est justifiée par la nature même de l’œuvre originale.

L’expérience de Fennell se rapproche de celle d’une adolescente découvrant le roman de Brontë pour la première fois : un univers de landes venteuses, de passions dévorantes et de personnages cruels et sauvages. Elle imagine alors un mélange entre l’œuvre de Brontë et les romans à l’eau de rose lus en cachette, une fusion fantasmée qui imprègne son adaptation.

Les films de Fennell, de Promising Young Woman à Saltburn en passant par Wuthering Heights, semblent également être conçus comme des prétextes pour mettre en valeur l’acteur Jacob Elordi. Dans chaque film, son personnage se présente de manière à maximiser son attrait, affichant un sourire narquois, tandis que les autres personnages, pris de désir, sont prêts à tout pour attirer son attention. Ce type de mise en scène, autrefois courant au cinéma, est devenu plus rare aujourd’hui, et Fennell semble s’en délecter.

Au fur et à mesure de sa filmographie, Fennell semble moins intéressée par la transmission d’un message précis que par la création d’une atmosphère. Si Promising Young Woman abordait le mouvement #MeToo et Saltburn la question des classes sociales, Wuthering Heights se libère de toute contrainte intellectuelle, privilégiant l’émotion brute et la sensualité. Elle comprend que le cinéma de genre plaît avant tout par les sensations qu’il procure, et non par les idées qu’il véhicule.

Promising Young Woman (2020) est, à son meilleur, un film sur le genre du viol et de la vengeance, revisité avec une esthétique pastel et une focalisation sur le traumatisme de la victime. De même, Saltburn (2024) est une inversion du genre du « grand manoir », où un étranger pénètre dans le monde des riches et est attiré par leur beauté et leur transcendance, mais découvre finalement leur vulgarité. Enfin, Wuthering Heights réduit le roman de Brontë à son essence : l’obsession dévorante de Heathcliff pour Cathy.

En fin de compte, l’œuvre de Fennell est une expérience cinématographique unique, qui ne laisse personne indifférent. Elle provoque, elle dérange, elle fascine. Et même si l’on peut ne pas apprécier tous ses choix esthétiques, il est indéniable qu’elle apporte une bouffée d’air frais dans un paysage cinématographique souvent trop conformiste.

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