Publié le 26 février 2026 10:30:00. La carence en vitamine A, un problème de santé publique souvent silencieux, affecte des millions de personnes dans le monde, en particulier les enfants et les femmes enceintes, avec des conséquences potentiellement graves allant de la cécité à une immunité affaiblie.
Dans de nombreuses régions du globe, le manque de vitamine A représente une menace sérieuse pour la santé. Cette carence touche particulièrement les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les communautés vulnérables confrontées à la malnutrition.
Selon l’Académie américaine d’ophtalmologie et les Instituts nationaux de la santé (NIH), une carence en vitamine A peut entraîner une variété de problèmes de santé, allant de la cécité infantile à des infections graves et des complications durant la grossesse.
La relation entre la vitamine A et la santé visuelle est particulièrement bien documentée. Un manque de ce nutriment peut empêcher la formation correcte des pigments dans la rétine, conduisant à la cécité nocturne. À un stade avancé, cette carence peut provoquer une xérophtalmie, une affection qui assèche la surface de l’œil et peut endommager de manière irréversible la cornée, touchant principalement les enfants et les femmes enceintes.
Au-delà de la vision, la vitamine A joue un rôle essentiel dans le fonctionnement du système immunitaire. L’Académie américaine d’ophtalmologie souligne que la supplémentation est recommandée chez les enfants à risque de carence et en cas de rougeole, car elle peut réduire la mortalité liée à cette maladie. Le NIH indique également que le manque de vitamine A augmente le risque d’infections respiratoires, telles que la pneumonie, et d’épisodes de diarrhée.
Chez les femmes enceintes, une carence en vitamine A peut entraîner une anémie et augmenter les risques de complications durant la grossesse. Le NIH précise que cette insuffisance entrave le transport de l’oxygène par les globules rouges, favorisant ainsi le développement d’une anémie chronique.
Des recherches sont en cours pour évaluer le rôle de la vitamine A dans la prévention de maladies chroniques comme le cancer ou la dégénérescence maculaire liée à l’âge. Cependant, il n’existe actuellement aucune preuve concluante que les suppléments réduisent le risque de cancer, et des doses élevées peuvent être nocives, en particulier chez les fumeurs.
La vitamine A se trouve naturellement dans de nombreux aliments d’origine animale et végétale. Les produits laitiers, le foie et le poisson sont d’excellentes sources de rétinol, la forme active de la vitamine. Les légumes à feuilles vertes, les carottes, la citrouille et la patate douce sont riches en bêta-carotènes, que l’organisme transforme en vitamine A. Les fruits comme la mangue, le melon et la papaye en contiennent également.
Selon le Clinique Mayo et le NIH, une alimentation variée suffit généralement à couvrir les besoins quotidiens. Cependant, dans les régions où l’accès à une alimentation diversifiée est limité, la carence devient un problème de santé publique. Une consommation excessive de vitamine A peut également être risquée : dépasser 3 000 microgrammes par jour chez l’adulte peut provoquer une toxicité, des lésions hépatiques, des altérations osseuses et des malformations pendant la grossesse.
La biodisponibilité de la vitamine A peut varier en fonction de la préparation des aliments et de l’état nutritionnel de la personne. Le bêta-carotène des légumes est mieux absorbé s’il est accompagné de graisses saines et d’une bonne cuisson. Dans les régimes végétaliens ou végétariens, il est important de consommer suffisamment d’aliments riches en caroténoïdes.
La détection d’une carence en vitamine A nécessite une attention particulière aux symptômes spécifiques et une évaluation professionnelle. Le premier signe est généralement une difficulté à voir dans des environnements mal éclairés, appelée cécité nocturne. Si la carence persiste, la sécheresse oculaire et la xérophtalmie peuvent évoluer et endommager de manière irréversible la cornée. Le NIH ajoute que d’autres symptômes incluent une sensibilité accrue aux infections, une peau sèche et des problèmes de croissance chez les enfants.
Les groupes les plus exposés sont les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes souffrant de maladies qui entravent l’absorption des nutriments. Pour confirmer le diagnostic, les professionnels de santé réalisent des analyses de sang et des évaluations cliniques. Le traitement dépend du degré de carence et comprend une supplémentation contrôlée et une amélioration de l’alimentation.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que chaque année, la carence en vitamine A affecte l’avenir d’environ 500 000 enfants dans le monde et souligne l’urgence de renforcer les stratégies de prévention et l’accès à une alimentation adéquate pour les secteurs les plus vulnérables.