Publié le 27 mai 2025 à 14h30. Souvent négligée, la vitamine E joue un rôle crucial dans la protection du système nerveux et musculaire, et sa carence, bien que rare, peut avoir des conséquences sérieuses, notamment chez les populations vulnérables.
- Un apport suffisant en vitamine E est essentiel au bon fonctionnement neurologique et musculaire.
- La carence en vitamine E peut entraîner des neuropathies périphériques, une faiblesse musculaire et des problèmes de coordination.
- Les personnes souffrant de troubles de l’absorption des graisses, de maladies hépatiques ou les nouveau-nés prématurés sont particulièrement à risque.
La vitamine E, un nutriment liposoluble, est souvent éclipsée par d’autres vitamines plus médiatisées. Pourtant, son importance pour la santé est considérable. Elle agit comme un puissant antioxydant, protégeant les cellules contre les dommages causés par les radicaux libres et contribuant ainsi à la préservation des fonctions neurologiques et musculaires.
Si la carence en vitamine E est inhabituelle chez l’adulte en bonne santé, elle peut survenir chez les individus présentant des difficultés d’absorption des graisses, comme ceux atteints de maladies du foie, de pancréatite, de mucoviscidose ou de troubles de la vésicule biliaire. Ces conditions compromettent l’assimilation de ce nutriment essentiel, qui nécessite la présence de graisses alimentaires pour être correctement absorbé.
Les nouveau-nés prématurés constituent une population particulièrement vulnérable. Les Instituts nationaux de la santé (NIH) précisent que ces bébés ont des réserves limitées en vitamine E, car son transfert placentaire est restreint. Cette carence peut entraîner une anémie hémolytique, des hémorragies intracrâniennes et des troubles du développement rétinien.
Une étude scientifique publiée par les NIH met en évidence que la carence en vitamine E peut provoquer une ataxie, une perte de contrôle moteur, ainsi que des lésions nerveuses et musculaires périphériques. Les symptômes neurologiques peuvent s’améliorer avec une supplémentation adéquate, mais leur progression sans traitement peut entraîner des complications irréversibles.
Au-delà de ces aspects, de nombreuses recherches ont exploré le lien entre la vitamine E et les maladies cardiovasculaires. Bien que certaines données suggèrent une possible réduction de la mortalité liée aux maladies coronariennes chez les personnes ayant un apport alimentaire élevé en vitamine E, des essais cliniques majeurs, tels que les études HOPE et SELECT, n’ont pas démontré de bénéfices significatifs en termes de prévention des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux ou du cancer de la prostate.
Les experts de la Clinique Mayo et des NIH s’accordent sur le fait qu’une supplémentation prolongée, en particulier à fortes doses, peut augmenter le risque de saignement et de complications cardiovasculaires.
Les meilleures sources alimentaires de vitamine E sont les graines, les huiles végétales, les noix, les légumes à feuilles vertes et les céréales enrichies. Ces aliments, en plus de leur richesse nutritionnelle, nécessitent la présence de graisses dans l’alimentation pour une absorption optimale.
La vitamine E est stockée dans les tissus adipeux de l’organisme, ce qui explique la rareté des carences chez les adultes en bonne santé. Cependant, les personnes souffrant de troubles hépatiques, d’une alimentation déséquilibrée ou de maladies digestives restent plus vulnérables.
Les symptômes d’une carence en vitamine E peuvent varier de la faiblesse musculaire à la perte des réflexes et aux troubles de la coordination. La Clinique Mayo souligne que les premiers signes incluent une hyporéflexie, une diminution de la vision nocturne et une perte de sensibilité vibratoire. À un stade avancé, une ataxie, une faiblesse musculaire sévère, voire des arythmies cardiaques et une cécité peuvent apparaître. Chez les nouveau-nés, le déficit se manifeste par une anémie hémolytique et des complications visuelles.
Le diagnostic de carence en vitamine E est confirmé par des analyses sanguines mesurant les taux sériques d’alpha-tocophérol, la forme active principale de la vitamine. Des valeurs inférieures à 8 μmol/L suggèrent une carence, en particulier en présence de troubles neurologiques.
La plupart des individus consomment les 15 milligrammes de vitamine E recommandés par jour grâce à une alimentation équilibrée. La Clinique Mayo recommande de consulter un professionnel de la santé avant de commencer une supplémentation, notamment en cas de maladie du foie, de carence en vitamine K, de maladies cardiaques graves ou d’antécédents d’accident vasculaire cérébral, en raison des interactions potentielles et des risques associés.
Un excès de vitamine E, généralement dû à une supplémentation excessive, peut provoquer des nausées, de la fatigue, une faiblesse et des maux de tête, et augmenter le risque de saignement ou de problèmes cardiovasculaires graves.