Publié le 14 février 2025. Le Super Bowl, événement télévisuel majeur aux États-Unis, est devenu une véritable scène de mode et de marketing, et Bad Bunny, superstar portoricaine, a marqué le coup en misant sur des tenues grand public, défiant les codes traditionnels de la haute couture lors de sa performance.
- Bad Bunny a porté des créations de Zara, une marque de fast fashion, lors de sa prestation au Super Bowl.
- Ce choix vestimentaire, ainsi que ses tenues précédentes, souligne l’influence croissante de l’artiste sur la mode et son désir de représenter sa culture.
- Les experts estiment que cette démarche témoigne d’un changement dans la dynamique du pouvoir entre la haute couture et les artistes populaires.
Le Super Bowl, bien plus qu’un événement sportif, est depuis longtemps un spectacle où la musique, le marketing et la mode se rencontrent. Au fil des ans, la scène s’est transformée en un podium de luxe, comme en témoignent les révélations de grossesse de Rihanna ou le style remarqué de Kendrick Lamar.
Bad Bunny, artiste le plus écouté sur Spotify en 2025, est aujourd’hui l’un des musiciens les plus célèbres au monde. Il est également reconnu comme l’un des artistes les plus soucieux de son image. Son approche de la mode, comme ses paroles entièrement en espagnol, reflète une volonté de briser les barrières et de redéfinir les normes de la pop culture.
Le premier visuel présenté lors de sa performance a immédiatement captivé l’attention : Bad Bunny évoluait dans un champ de canne à sucre, entouré de danseurs portant des chapeaux de paille typiques des agriculteurs portoricains. L’artiste portait également une ceinture tressée, un clin d’œil au style traditionnel de Porto Rico. Cette tenue a rapidement suscité des interrogations autour du chiffre 64, visible sur son t-shirt.
Les réseaux sociaux se sont emballés, proposant diverses interprétations : certains y voyaient l’année de naissance de sa mère, d’autres un lien avec le 64e Congrès américain, qui avait accordé la citoyenneté américaine aux habitants de Porto Rico en 1917. Cependant, le magazine Complex a révélé qu’il s’agissait en réalité du numéro de maillot de son oncle, joueur de football américain.
C’est au milieu de sa performance, lors d’un duo avec Lady Gaga, que Bad Bunny est réapparu sur scène dans un costume ample aux épaules marquées, accompagné d’une cravate. C’est à ce moment que Zara a officiellement confirmé être à l’origine des deux tenues portées par l’artiste. Les créations, conçues sur mesure par les stylistes Stormo Pablo et Marvin Douglas Linares, rappellent les coupes classiques de la marque, un costume similaire étant vendu environ 250 livres sterling (environ 290 euros) en magasin.
Andrew Groves, professeur de design de mode, souligne que ce choix vestimentaire confère à Bad Bunny une autorité qui ne découle pas du prestige d’une maison de couture de luxe, mais de sa propre position culturelle.
« Sur la scène d’un stade, cela ne ressemble pas à un simple accessoire, mais à une présence maîtrisée et consciente. La présence de Zara au Super Bowl est une déclaration sur l’évolution de la balance des pouvoirs. »
Andrew Groves, professeur de design de mode
En optant pour Zara, Bad Bunny envoie un message clair : la haute couture n’est plus une condition sine qua non pour les stars de la pop. Cette démarche reflète une tendance plus large, où l’accessibilité et l’authenticité priment sur le luxe ostentatoire. Zara, souvent perçue comme un symbole de style abordable (bien que son impact sur la durabilité soit parfois remis en question), se positionne ainsi à l’intersection du monde de la mode et du marché de masse, une marque accessible à tous.