Publié le 15 octobre 2025 – 16h26. La lune, astre familier, a-t-elle une influence mesurable sur le cycle menstruel humain, au-delà des croyances ancestrales ? Des études scientifiques explorent d’éventuels liens, tout en soulignant le rôle prépondérant de la lumière artificielle dans notre monde moderne.
- Une étude suggère qu’environ 80 % des femmes étudiées ont ovulé durant la pleine ou la nouvelle lune, indiquant une possible corrélation passée.
- La durée d’une phase lunaire (29,5 jours) coïncide avec celle du cycle menstruel.
- Chez de nombreuses espèces animales, notamment marines, des protéines spécifiques permettent une synchronisation avec les cycles lunaires, absence chez l’humain moderne.
Depuis toujours, le calendrier lunaire et ses différentes phases exercent une fascination particulière, alimentant des croyances tenaces sur leur influence. Si la Lune régit sans conteste les marées et affecte de nombreux organismes vivants, son impact sur le cycle menstruel humain reste un sujet de débat scientifique.
Charlotte Förster, chronobiologiste, a mené des recherches sur le comportement du cycle menstruel féminin sur une longue période. Les observations menées auprès de 176 femmes participantes ont révélé une tendance : près de 80 % d’entre elles auraient ovulé lors des phases de pleine lune ou de nouvelle lune. Cette observation, conjuguée au fait qu’une phase lunaire dure en moyenne 29,5 jours, soit la durée d’un cycle menstruel, suggère une connexion potentielle avec nos ancêtres. À une époque où la lumière artificielle était inexistante, les humains auraient pu être plus étroitement liés aux rythmes lunaires.
Cependant, les scientifiques restent prudents, soulignant qu’il s’agit pour l’heure de spéculations et qu’aucun lien de causalité formel n’a été établi. Ils avancent que le monde moderne, saturé de lumière artificielle, pourrait avoir brouillé cette éventuelle synchronisation. L’exposition constante à la lumière artificielle, en particulier la lumière bleue, perturberait les mécanismes naturels. Il est donc difficile de déterminer s’il existe encore aujourd’hui un lien mesurable entre les cycles lunaires et la physiologie humaine.
Dans le règne animal, cette connexion est cependant bien réelle. De nombreuses espèces, notamment marines comme les poissons, les coraux, les tortues ou encore les algues, disposent de mécanismes sophistiqués pour s’adapter aux cycles lunaires. Ils possèdent une protéine, le cryptochrome, qui leur permet de distinguer la lumière du soleil de celle de la lune et même de différencier ses phases. Ces organismes savent ainsi avec précision à quelle étape du cycle lunaire ils se trouvent, exploitant cette information pour des fonctions vitales comme la reproduction.
Cette influence est également reconnue dans certaines pratiques agricoles, où les agriculteurs, parfois sans raison scientifique explicite, suivent les phases de la lune. Selon le calendrier lunaire, certaines périodes seraient plus propices à la plantation de graines ou à la récolte de légumes et de céréales mûres.
Références :
- Radio bavaroise. (2025). Ce que la lune a à voir avec le cycle menstruel. Bavière. Franconie principale.
- Poehn B, Krishnan S, Zurl M, Coric A, Rokvic D, Häfker NS, Jaenicke E, Arboleda E, Orel L, Raible F, Wolf E, Tessmar-Raible K. (2022). Un cryptochrome adopte des états distincts de la lune et de la lumière du soleil et fonctionne comme un interprète du soleil par rapport au clair de lune dans l’entraînement mensuel de l’oscillateur. Nat Commun. 5 septembre 2022;13(1):5220.