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Qu’est-ce qu’une lipoprotéine ? – Cardiologie

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Publié le 2024-02-29 14:15:00. Un nouveau facteur de risque cardiovasculaire, la lipoprotéine(a) ou Lp(a), attire l’attention des chercheurs. Bien que génétiquement déterminée et donc difficile à modifier par le régime ou l’exercice, sa mesure pourrait permettre une meilleure prévention des maladies cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux.

  • La Lp(a) est une lipoprotéine qui, contrairement au « mauvais cholestérol » (LDL), est principalement déterminée par la génétique.
  • Un simple test sanguin permet de mesurer le taux de Lp(a), et il est recommandé de le faire au moins une fois dans sa vie.
  • De nouveaux médicaments ciblant spécifiquement la Lp(a) sont actuellement en phase d’essai clinique et pourraient bénéficier à un adulte sur cinq.

Le cholestérol, souvent pointé du doigt, est pourtant une substance essentielle à la vie. Il entre dans la composition des membranes cellulaires, des hormones et de la vitamine D. Produit par le foie, il circule dans le sang grâce à des « navettes » appelées lipoprotéines. On distingue deux types principaux : les lipoprotéines de haute densité (HDL), considérées comme le « bon cholestérol » car elles éliminent l’excès de cholestérol, et les lipoprotéines de basse densité (LDL), le « mauvais cholestérol », qui peuvent former des plaques obstruant les artères.

Mais il existe une troisième lipoprotéine, moins connue, qui suscite un intérêt croissant : la lipoprotéine(a), ou Lp(a). Découverte dès 1963 par un scientifique norvégien, elle est en réalité une forme modifiée de LDL, à laquelle est attachée une protéine favorisant la formation de caillots sanguins. La particularité de la Lp(a) réside dans son origine génétique. Contrairement à la LDL, son taux ne peut pas être significativement réduit par un régime alimentaire adapté, une activité physique régulière ou des médicaments hypocholestérolémiants.

Pendant des décennies, la Lp(a) est restée dans l’ombre, mais des recherches récentes ont mis en évidence son rôle de facteur de risque indépendant de maladies cardiovasculaires. Selon un article de couverture publié en 2022 par l’American College of Cardiology, la Lp(a) est désormais reconnue comme un indicateur important à prendre en compte dans l’évaluation du risque cardiaque. L’article souligne que plusieurs décennies de recherche ont permis de la sortir de l’obscurité.

« Connaître votre taux de Lp(a) est crucial », explique la Dre Karol Watson, membre du comité consultatif du Forum Lp(a), une initiative mondiale visant à sensibiliser à l’importance de cette lipoprotéine. Codirectrice du Programme UCLA en cardiologie préventive, la Dre Watson a répondu à nos questions sur la Lp(a).

« Puisque la Lp(a) est déterminée génétiquement, la plupart des taux ne fluctuent pas au cours de votre vie. Ils stagnent plutôt. Ainsi, la plupart des recommandations suggèrent de vérifier la Lp(a) une seule fois dans sa vie. Vous saurez alors si votre taux est élevé, faible ou normal. »

Karol Watson, MD, Ph.D., codirectrice du Programme UCLA en cardiologie préventive

Le dosage de la Lp(a) se fait par une simple prise de sang. Il est important de noter que les résultats peuvent être exprimés en milligrammes par décilitre (mg/dL) ou en nanomoles par litre (nmol/L). « Il faut s’assurer de connaître l’unité utilisée par le laboratoire, car les valeurs de référence sont différentes », précise la Dre Watson. Un taux inférieur à 30 mg/dL (ou 75 nmol/L) est considéré comme normal.

« Un taux élevé de Lp(a) est associé à une augmentation des événements cardiovasculaires tels qu’une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral ou un décès dû à une maladie cardiovasculaire. Elle est également associée à un risque accru de sténose valvulaire aortique, qui restreint le flux sanguin vers l’aorte. »

Karol Watson, MD, Ph.D.

Même si le bilan lipidique standard est normal, il est recommandé de faire doser la Lp(a) au moins une fois dans sa vie. Ce test permet de détecter un risque caché de maladies cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux qui ne serait pas révélé par les analyses habituelles.

Certaines populations présentent des taux de Lp(a) plus élevés en raison de leur origine ethnique. Les Afro-Américains et les Sud-Asiatiques sont particulièrement concernés. « Il s’agit de deux groupes que nous surveillons de près », indique la Dre Watson. Le sexe ne semble pas influencer significativement le taux de Lp(a).

En cas de taux élevé de Lp(a), la stratégie thérapeutique consiste à modifier les facteurs de risque cardiovasculaire modifiables, notamment en abaissant le taux de LDL-cholestérol. « Si vous parvenez à réduire suffisamment votre taux de LDL, le risque lié à la Lp(a) peut être atténué », explique la Dre Watson. Il est également important de contrôler la tension artérielle, la glycémie et le poids.

Trois médicaments ciblant spécifiquement la Lp(a) sont actuellement en phase d’essai de phase III. Les résultats de ces études sont attendus avec impatience, car ils pourraient offrir une nouvelle option thérapeutique pour les personnes présentant un taux élevé de Lp(a). « Connaître votre taux de Lp(a) nous donne une vision plus complète de votre risque lipidique et nous permet d’adapter votre prise en charge préventive », conclut la Dre Watson.

Des médicaments injectables capables de réduire spécifiquement la Lp(a) pourraient également être disponibles à l’avenir.

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