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Questions et réponses : « L’Inde doit préparer des outils pour prévenir les épidémies de virus » | Actualités | Éco-Entreprise

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Publié le 25 février 2026 00:39:00. L’Inde a considérablement réduit sa mortalité infantile, mais les infections virales restent un défi majeur pour la santé des enfants. Gagandeep Kang, épidémiologiste de renom, souligne l’importance cruciale de la vaccination et de la préparation aux pandémies.

  • Le taux de mortalité infantile en Inde est passé de 125 pour 1 000 naissances vivantes dans les années 1980 à environ 20 aujourd’hui.
  • Gagandeep Kang a joué un rôle déterminant dans le développement et l’introduction de vaccins antirotavirus produits localement en Inde.
  • La Fondation Gates, dirigée par Kang, renforce les systèmes de surveillance pour détecter et prévenir les épidémies, notamment la grippe et le virus Nipah.

Alors que l’Inde a enregistré des progrès spectaculaires dans la réduction de la mortalité infantile au cours des dernières décennies, les infections virales continuent de représenter une menace persistante pour la santé des enfants. Gagandeep Kang, directrice du département entérique, diagnostic, génomique et épidémiologie à la Fondation Gates, insiste sur la nécessité de renforcer les programmes de vaccination et d’améliorer la préparation du pays face aux futures pandémies.

« Quand j’ai commencé la faculté de médecine [dans les années 1980], le taux de mortalité infantile était de 125 pour 1 000 naissances vivantes. En Inde, plus d’un enfant sur dix mourait au cours de sa première année de vie. Avec le recul, cela semble fou. Aujourd’hui, ce chiffre est tombé à un quart de ce chiffre. Au Tamil Nadu, ce chiffre est bien inférieur à 20, et on veut le porter à dix pour 1 000 naissances vivantes », explique-t-elle.

Kang souligne que l’évaluation de l’impact d’une maladie ne doit plus se limiter à la mortalité. Il est essentiel de prendre en compte les hospitalisations, la durée de la maladie et les conséquences sur la qualité de vie des enfants. Les maladies diarrhéiques, en particulier, peuvent être évitées grâce à la vaccination, à l’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires adéquates.

Le développement et le déploiement du vaccin contre le rotavirus en Inde ont constitué un défi scientifique majeur. « Personne n’avait développé de toutes pièces un vaccin en Inde ni démontré qu’il protégeait contre la maladie ciblée. Mesurer l’efficacité clinique et [conducting] des études de phase 3 n’avaient jamais été réalisées en Inde auparavant », précise Kang.

Pour obtenir l’approbation du vaccin, il a fallu convaincre le Groupe consultatif technique national de vaccination (GTNV) de son efficacité, de son rapport coût-bénéfice et de son impact sur l’équité en matière de santé. Une analyse a démontré que la vaccination permettrait de réaliser des économies en réduisant le nombre d’hospitalisations.

Face à la désinformation croissante concernant les vaccins et la science, Kang insiste sur l’importance d’instaurer un climat de confiance à travers une communication claire et transparente. « L’instauration de la confiance dans la science doit se faire à tout moment, et pas seulement en cas d’urgence. En tant que scientifiques, nous devons apprendre à communiquer et à instaurer la confiance dans le processus scientifique », affirme-t-elle.

En matière de préparation aux pandémies, l’Inde a considérablement amélioré ses systèmes de surveillance, qui s’étendent désormais aux animaux et aux oiseaux. L’Institut national pour une seule santé, créé à Nagpur, témoigne de cet engagement. Certains États, comme le Kerala, sont particulièrement bien préparés, capables de détecter rapidement des cas isolés de virus tels que Nipah.

« Pendant la pandémie, nous avons développé des vaccins localement presque parallèlement à l’Occident. Nos entreprises scientifiques ont désormais davantage confiance en leurs capacités. Si le gouvernement s’était engagé plus tôt en faveur des fabricants de vaccins, qui ont dû faire de nombreux investissements à risque, cela aurait permis d’avancer encore plus rapidement. Le gouvernement connaît désormais les capacités de nos entreprises scientifiques et est prêt à investir », ajoute Kang.

La recrudescence de la grippe, l’épidémie de virus Nipah dans le sud de l’Inde et les cas de grippe aviaire suscitent des inquiétudes quant au potentiel pandémique. « La grippe peut se transformer en pandémie. La transmission du virus Nipah est plus limitée, il se peut donc qu’il ne puisse pas infecter au même rythme. Pour contrôler un virus, il est important de réfléchir à la manière dont il se propage. La grippe est potentiellement dangereuse car il s’agit d’un virus respiratoire », explique-t-elle.

« L’Inde est déjà la pharmacie du monde et le plus grand fabricant de génériques et de vaccins. La situation pourrait être exploitée au profit de la santé publique. »

Gagandeep Kang, directrice de l’entérique, du diagnostic, de la génomique et de l’épidémiologie, Fondation Gates

Cet article a été initialement publié sur SciDev.Net. Lire l’article original.

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