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Questions, réponses et désinformation sur la comète interstellaire 3i/ATLAS · Maldita.es

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Publié le 08 octobre 2025. La comète interstellaire 3I/ATLAS traverse notre système solaire, suscitant à la fois l’enthousiasme scientifique et une vague de désinformation en ligne. Les agences spatiales scrutent cet invité cosmique, tandis que les réseaux sociaux s’emballent autour de théories infondées.

  • La comète 3I/ATLAS, originaire d’au-delà de notre système solaire, intéresse les scientifiques pour son caractère unique et les indices qu’elle porte sur la formation d’autres systèmes planétaires.
  • Détectée le 1er juillet 2025, elle suit une trajectoire qui ne représente aucun danger pour la Terre et passera notamment à proximité de Mars et Jupiter.
  • Des rumeurs circulent sur une dissimulation d’informations par la NASA et sur des origines extraterrestres de la comète, largement alimentées par des interprétations erronées et des coïncidences fortuites.

Un visiteur venu d’ailleurs

La comète 3I/ATLAS est une découverte marquante : il s’agit d’un objet céleste interstellaire, c’est-à-dire qu’il provient de l’extérieur de notre système solaire. Identifiée pour la première fois le 1er juillet 2025 grâce au programme ATLAS (acronyme pour « Early Warning System for Terrestrial Asteroid Impacts »), elle ne représente que le troisième objet de ce type jamais observé, après 1I/ʻOumuamua en 2017 et 2I/Borisov en 2019. Sa composition, une « boule de neige sale » faite de glace et de roches selon l’Union Astronomique Internationale (UAI), et son origine, différente de celle des corps de notre système solaire, en font une cible privilégiée pour la recherche scientifique. Comme le souligne l’Agence Spatiale Européenne (ESA), ces visiteurs d’ailleurs offrent un aperçu précieux de la matière formée dans des environnements cosmiques radicalement distincts.

Selon la NASA, la taille de 3I/ATLAS se situerait entre 440 mètres et 5,6 kilomètres de diamètre. L’ESA, quant à elle, relève sa vitesse vertigineuse de 210 000 kilomètres par heure, la plus élevée jamais enregistrée pour un visiteur du système solaire, suggérant qu’elle voyage dans l’espace depuis des milliards d’années.

Une trajectoire sous haute surveillance

La découverte initiale par le télescope ATLAS au Chili, qui a révélé une orbite très excentrique, a rapidement mobilisé la communauté astronomique. En fouillant dans les archives d’observations précédentes (un processus appelé « pré-récupération »), les scientifiques ont pu retrouver des traces de la comète dès le 14 juin 2025, permettant de mieux cerner sa trajectoire.

La comète va traverser notre système solaire, passant notamment à une distance d’environ 30 millions de kilomètres de Mars et en frôlant l’orbite de Jupiter. Les agences spatiales se veulent rassurantes : la Terre ne court aucun danger, l’objet restant à quelque 270 millions de kilomètres de notre planète, soit environ 1,5 fois la distance Terre-Soleil. Les curieux peuvent d’ailleurs suivre sa course en temps quasi réel sur l’outil « Eyes on the Solar System » de la NASA.

La NASA et l’ESA ont mobilisé des ressources considérables, incluant des missions en cours vers Mars, Jupiter et le Soleil, pour observer 3I/ATLAS. Un calendrier d’observation est prévu pour octobre et novembre. Cependant, il est important de noter que depuis la Terre, la comète sera invisible entre fin septembre et début décembre 2025, car elle passera « derrière » le Soleil par rapport à notre point de vue.

Démêler le vrai du faux

L’arrivée de 3I/ATLAS a rapidement alimenté la spéculation sur les réseaux sociaux. Une rumeur persistante suggère que la NASA cacherait des informations. Cette idée découle d’une interruption des mises à jour sur les chaînes publiques de l’agence spatiale américaine depuis le 1er octobre 2025, coïncidant avec une fermeture du gouvernement fédéral pour manque de financement. Ce gel temporaire affecte de nombreux services, y compris la communication de la NASA sur ses sites web. Avant cette interruption, l’agence avait pourtant bien partagé des informations et des images sur la comète. L’ESA, quant à elle, a continué à diffuser des actualités, publiant notamment des images capturées par un satellite sur Mars le 7 octobre 2025.

Plusieurs télescopes, tant terrestres que spatiaux comme le Hubble ou le James Webb, ont capturé des images de 3I/ATLAS. Ces clichés, souvent accompagnés d’animations, témoignent de la majesté de cet objet céleste.

L’écrivain de science-fiction Arthur C. Clarke, auteur notamment de « 2001 : L’Odyssée de l’espace », est également cité. Son roman « Rendez-vous avec Rama » met en scène un objet céleste mystérieux visitant le système solaire. Cette fiction a été instrumentalisée sur les réseaux sociaux pour suggérer des coïncidences et laisser entendre que la comète 3I/ATLAS cacherait une forme de vie extraterrestre. La communauté scientifique, cependant, dément fermement cette hypothèse. Aucune agence spatiale n’a rapporté le moindre signe de vie, et aucune mission n’est prévue pour aller visiter 3I/ATLAS.

Certaines théories, notamment promues par le physicien Avi Loeb, avancent l’idée que la comète pourrait être une technologie extraterrestre ou d’origine non naturelle, pointant du doigt des « anomalies présumées ». Ces spéculations, bien que relayées par certains, sont largement contestées par la communauté scientifique. Thomas Statler, scientifique en chef de la NASA pour la recherche sur les petits objets du système solaire, affirme dans le journal The Guardian : « Elle ressemble à une comète, elle fait des choses de comète. À presque tous égards, elle ressemble beaucoup aux comètes que nous connaissons. […] Les preuves indiquent de manière écrasante qu’il s’agit d’un corps naturel. C’est une comète. »

Enfin, une autre théorie virale suggère que la comète 3I/ATLAS serait à l’origine du célèbre « Signal Wow! » détecté en 1977. Bien que le mystère du Signal Wow! ne soit pas totalement élucidé, des recherches récentes tendent à confirmer une origine astrophysique naturelle, écartant presque la piste d’interférences radio. Bien qu’Avi Loeb ait publié sur d’éventuelles coïncidences entre la trajectoire de 3I/ATLAS et la direction du Signal Wow!, aucune donnée radio concernant la comète n’a été rapportée. La communauté scientifique privilégie une explication naturelle pour le Signal Wow!, rendant peu probable un lien avec la comète interstellaire actuelle.

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