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Qui est qui dans la structure complexe du pouvoir de la dictature cubaine

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Publié le 21 février 2026 17h58. Une analyse inédite révèle la véritable structure du pouvoir à Cuba, où le contrôle reste fermement ancré dans la famille Castro et l’appareil militaire, malgré la présence formelle de Miguel Díaz-Canel à la présidence. Un « pont » cartographique détaille l’influence de chaque acteur clé du régime.

Qui détient réellement le pouvoir à Cuba ? C’est la question à laquelle tente de répondre un rapport détaillé présenté par Miguel Cossio, directeur exécutif du Musée américain de la diaspora cubaine, lors de l’émission Martí Noticias animée par Mario J. Penton. Ce rapport prend la forme d’un « pont », une représentation visuelle qui cartographie les figures clés du régime cubain par ordre d’influence, avec un profil détaillé pour chacune d’entre elles.

Ce « Pont Castro », inspiré des jeux de cartes traditionnels, va au-delà de la simple structure bureaucratique. Il intègre quatre « jokers », des acteurs dont le rôle n’est pas conventionnel mais dont l’influence est essentielle au fonctionnement du régime. Selon Cossio, cette analyse, corroborée par des experts de Martí Noticias et d’autres sources spécialisées dans la politique cubaine, révèle que le pouvoir réel ne correspond pas toujours aux titres officiels.

Au cœur de ce système se trouve la famille Castro, et plus particulièrement Raúl Castro, dont le contrôle s’étend sur des domaines cruciaux tels que l’économie, les affaires, les forces armées et les services de renseignement. L’organigramme inclut également des personnalités influentes comme Ana Guillermina Lastres Morera, général de brigade, présidente de Gaesa et membre du Comité central, dont le pouvoir, selon Cossio, « est supérieur à celui de n’importe quel ministre ».

La section des « jokers » comprend des figures comme Alejandro Castro Espín et Raúl Guillermo Rodríguez Castro (« le crabe »), ainsi que Mariela Castro et de nouveaux acteurs montants, tels qu’Oscar Pérez Oliva Fraga, premier vice-président du gouvernement, ministre du Commerce extérieur et des investissements étrangers et député.

Le noyau de la sécurité cubaine, représenté par les cartes du huit au valet, comprend des figures clés comme Ramon Romero Curbero, chef de l’appareil de renseignement et responsable du contre-espionnage, ainsi que d’autres officiers militaires et policiers. Cossio affirme même avoir identifié le chef des « guêpes noires », unité de répression politique.

L’analyse met également en lumière le rôle de personnalités moins visibles mais déterminantes, comme le ministre de la Santé publique (face à la situation sanitaire actuelle), le ministre des Communications (pour le contrôle de l’information) et le président du Texas (pour les activités d’espionnage). Le directeur de l’Union Électrique et le Ministre de l’Énergie sont également mis en avant, en raison de la crise énergétique que traverse le pays.

Le général de corps d’armée Lázaro Alberto Álvarez Casas, ministre de l’Intérieur et membre du Bureau politique, apparaît comme l’une des figures les plus puissantes, avec des informations détaillées sur sa famille et ses déplacements. « Les gens ont besoin de connaître les visages qui se cachent derrière le véritable pouvoir à Cuba », souligne Cossio.

Ce « jeu de cartes » rappelle l’opération menée par l’armée américaine en 2003 en Irak, où les membres du régime de Saddam Hussein avaient été identifiés sur des cartes à jouer. « Nous savons qui est qui, même si tous ne sont pas là : c’est un outil utile pour ceux qui cherchent à comprendre l’élite cubaine », explique Cossio.

L’analyse révèle également la position limitée de Miguel Díaz-Canel, président du pays et premier secrétaire du Parti communiste. Bien qu’il occupe des fonctions officielles, son pouvoir réel est, selon le rapport, inférieur à celui de plusieurs autres figures du régime. Il en va de même pour d’autres responsables tels que Manuel Marrero, premier ministre, Bruno Rodríguez Parrilla, chancelier, et Roberto Morales Ojeda, responsable de la gestion quotidienne du parti.

D’autres personnalités moins connues sont également incluses, comme Jorge Amado Ricardo Guerra, secrétaire du Conseil des Ministres, général de brigade et membre du Bureau Politique, et un premier colonel chargé du fonctionnement du Conseil des Ministres. L’influence de la famille Castro s’étend à tous ces cadres, ce qui explique l’absence de personnes ne correspondant pas à la structure authentique du pouvoir.

Le rapport souligne également le pouvoir d’Ana Guillermina Lastres Morera, affirmant qu’elle a plus d’influence que n’importe quel ministre cubain. Des sources rapportent que « Diaz-Canel demande des ressources quotidiennement, mais ceux qui gouvernent réellement décident de les lui donner ou non ».

Les liens de certains acteurs s’étendent au-delà de l’île. Le beau-fils de Díaz-Canel, Manuel Anido Cuesta, réside habituellement à Madrid et est récemment revenu à Cuba pour gérer les problèmes liés à la crise pétrolière, en participant aux activités d’isotank et en servant d’intermédiaire pour les entreprises privées espagnoles intéressées à investir.

Le « jeu » inclut également des personnalités sanctionnées par les États-Unis après la répression du 11 juillet 2021, comme Miguel Díaz-Canel, la famille Castro, le Ministre des Armées Álvaro López Miera, ainsi que des figures montantes comme Roberto Legra Sotolongo, général, vice-ministre des Armées et chef d’état-major, récemment nommé au Bureau politique et considéré comme le prochain ministre des Armées.

Des figures comme Oscar Callejas Valcárcel, responsable de la répression des manifestations de 2021 et désormais chef politique du ministère de l’Intérieur, illustrent la mobilité interne des pouvoirs. Un autre profil mis en évidence est Víctor Noel Gómez Ochoa, chef des troupes spéciales connues sous le nom de « Guêpes Noires ».

Le rapport mentionne également le rôle du ministre du Tourisme, du président de la Banque nationale de Cuba, du chef du Bureau des Affaires religieuses, de l’Association caritative Diego Bello (avec plus de 35 ans d’influence et un élément clé dans les relations entre l’État et l’Église catholique), ainsi que de l’appareil judiciaire (le ministre de la Justice, le président de la Cour suprême et le procureur général de la République), tous jouant un rôle central dans la répression judiciaire des dissidents et des prisonniers politiques.

Ce « pont » cartographique, qui sera exposé au Musée de la diaspora cubaine, constitue le plus grand enregistrement visuel et nominal de qui est qui dans l’architecture du pouvoir à Cuba.

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