Publié le 26 février 2026 à 01:09:00. L’administration Kast héritera d’une situation financière délicate, marquée par un déficit budgétaire structurel supérieur aux prévisions initiales du gouvernement Boric, et devra mettre en œuvre un plan d’austérité de 6 milliards de dollars américains (environ 5,4 milliards d’euros).
- Le déficit structurel de 2025 s’élève à 3,6 % du produit intérieur brut (PIB), dépassant les objectifs fixés par le gouvernement sortant.
- Des erreurs récurrentes dans les prévisions de recettes fiscales ont contribué à cette situation, avec une croissance des recettes de seulement 3,4 % alors que 6,8 % étaient attendus.
- Une nouvelle équipe dirigeante a été nommée à la Direction du Budget (Dipres) pour relever ce défi, avec José Pablo Gómez à sa tête.
Santiago du Chili – Le gouvernement de José Antonio Kast devra faire face à une réalité budgétaire plus sombre que prévu. Le dernier rapport des Finances publiques révèle un déficit structurel de 3,6 % du PIB pour l’année 2025, un chiffre bien supérieur aux estimations initiales de l’administration Boric. Initialement fixé à -1,1 % du PIB, puis révisé à -1,6 % en octobre dernier, le déficit a finalement atteint -3,6 %, représentant un trou budgétaire d’environ 13 milliards de dollars américains (environ 11,8 milliards d’euros).
Il s’agit du troisième exercice consécutif où les objectifs budgétaires ne sont pas atteints (2023, 2024 et 2025). Les économistes soulignent l’ampleur de ce déficit, d’autant plus qu’il survient en l’absence de crise économique majeure, contrairement à la crise financière de 2008, à la pandémie de Covid-19 ou aux troubles sociaux de 2019. Le déficit effectif en 2025 s’est élevé à 2,8 % du PIB, soit environ 9,5 billions de pesos chiliens (environ 10,9 milliards de dollars américains), dépassant déjà les prévisions du dernier rapport des Finances publiques.
L’une des principales causes de ce dérapage budgétaire réside dans les erreurs répétées dans les prévisions de recettes fiscales. En 2025, les recettes ont été bien inférieures aux attentes, n’ayant augmenté que de 3,4 % alors que le gouvernement tablait sur une croissance de 6,8 %. Cette situation a suscité de vives critiques de la part de l’opposition et des experts financiers.
Pour faire face à cette situation, le futur ministre des Finances, Jorge Quiroz, a déjà annoncé un plan de réduction des dépenses publiques de 6 milliards de dollars américains (environ 5,4 milliards d’euros).
Dans ce contexte, le gouvernement Kast a nommé José Pablo Gómez au poste de directeur du Budget (Dipres). Gómez a déjà occupé des fonctions importantes au sein de cette institution, notamment en tant que chef de la Division des finances publiques sous la première administration de Michelle Bachelet, un poste qu’il a conservé jusqu’au second gouvernement de Sebastián Piñera. Il avait été démis de ses fonctions avec l’arrivée de Gabriel Boric à la présidence.
Gómez sera assisté par Claudio Martínez, qui occupera le poste de sous-directeur du Budget, et José Ignacio Llodra, qui prendra la direction de la Rationalisation et de la Fonction Publique. Sonia Adriasola a été nommée à la tête du Département des Finances et des Entreprises Publiques. Mauricio Carrasco et Arturo Claro dirigeront respectivement les équipes d’études macroéconomiques.
Des réunions de transition entre les équipes sortantes et entrantes ont déjà commencé, afin d’assurer une passation de pouvoir fluide et de garantir la continuité du fonctionnement de l’État. Le ministre des Finances sortant, Nicolás Grau, a souligné la volonté de son administration de collaborer pleinement à cette transition. Bloomberg rapporte que le Chili a dépassé son objectif de déficit budgétaire pour la troisième année consécutive.
Les experts soulignent que l’expérience et l’expertise de la nouvelle équipe de la Dipres seront essentielles pour relever les défis budgétaires à venir et mettre en œuvre le plan d’austérité annoncé par le gouvernement Kast.