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R-DXd obtient une efficacité encourageante dans le cancer de l’ovaire | Oncologie ciblée

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Publié le 20 octobre 2025. Un nouvel agent thérapeutique, le raludotatug deruxtecan (R-DXd), a démontré des résultats prometteurs dans le traitement de cancers gynécologiques avancés. Les données présentées au congrès ESMO 2025 indiquent une activité antitumorale significative et une bonne tolérance chez les patientes atteintes de cancers de l’ovaire, des trompes de Fallope ou péritonéaux, de haut grade, résistants au platine.

  • Le R-DXd a atteint un taux de réponse objective de 50,5 % dans l’étude de phase 2 REJOICE-Ovarian01.
  • La dose de 5,6 mg/kg a été identifiée comme optimale, offrant le meilleur rapport bénéfice-risque.
  • Les événements indésirables graves liés au traitement ont été gérés, avec un cas de pneumopathie de grade 3 ou plus.

Les résultats de la phase 2 de l’essai REJOICE-Ovarian01 (NCT06161025), dévoilés lors du Congrès ESMO 2025, révèlent que le nouveau conjugué anticorps-médicament (ADC) raludotatug deruxtecan (R-DXd) montre une activité prometteuse contre les cancers gynécologiques séreux ou endométrioïdes de haut grade, résistants aux traitements à base de platine. Avec un suivi minimum de 18 semaines, le traitement a permis d’observer une réponse objective chez 50,5 % des patientes (intervalle de confiance [IC] à 95 %, 40,6 % à 60,3 %). Ce taux comprend 2,8 % de réponses complètes et 47,7 % de réponses partielles. Le délai médian avant la première réponse était de 7,1 semaines. De plus, 39,3 % des patientes ont connu une stabilisation de leur maladie, tandis que seulement 7,5 % ont présenté une progression.

L’efficacité du R-DXd a été confirmée sur les trois doses évaluées (4,8 mg/kg, 5,6 mg/kg et 6,4 mg/kg). Après une analyse approfondie des données de sécurité, de pharmacocinétique et d’exposition-réponse, la dose de 5,6 mg/kg a été jugée optimale. « Elle offre un profil bénéfice-risque positif et sera donc la dose utilisée pour la partie de phase 3 de l’essai REJOICE-Ovarian01 », a précisé la Dre Isabelle L. Ray-Coquard, oncologue médicale au Centre Léon Bérard de Lyon et investigatrice principale de l’étude.

Profil de tolérance du R-DXd : une sécurité maîtrisée

À la date limite des données de la phase 2, 61,7 % des patientes étaient toujours sous traitement. La durée médiane d’administration du traitement était de 5,5 mois, avec une intensité de dose relative médiane de 97,3 %. Les principales raisons d’arrêt du traitement incluaient la progression de la maladie (24,3 %), les événements indésirables (6,5 %) et, plus rarement, le décès (2,8 %) ou une progression clinique (4,7 %).

Dans l’ensemble, 93,5 % des patientes ont rapporté des événements indésirables liés au traitement (TEAE), dont 35,5 % étaient de grade 3 ou supérieur. Il est à noter qu’aucun décès n’a été attribué à des TEAE. Des événements indésirables graves liés au traitement de grade 3 ou plus ont été observés chez 10,3 % des patientes. Les ajustements de dose (arrêt, réduction ou report) liés aux TEAE ont concerné 5,6 %, 18,7 % et 23,4 % des patientes, respectivement. Un seul cas de pneumopathie ou de maladie pulmonaire interstitielle de grade 3 ou plus, considéré comme lié au traitement, a été rapporté.

Conception et justification de l’essai REJOICE-Ovarian01

La Dre Coquard a expliqué que le choix du R-DXd repose sur le fait que 65 à 85 % des tumeurs épithéliales de l’ovaire expriment le marqueur CDH6, cible de cet ADC.

La phase 2 de l’essai REJOICE-Ovarian01 a évalué le R-DXd chez 107 patientes atteintes de cancers de l’ovaire, des trompes de Fallope ou péritonéaux, de type séreux ou endométrioïde de haut grade, et résistantes au platine. Les participantes ont été réparties de manière aléatoire pour recevoir le R-DXd aux doses de 4,8 mg/kg (n=36), 5,6 mg/kg (n=36) ou 6,4 mg/kg (n=35) par voie intraveineuse toutes les trois semaines. Le critère d’évaluation principal était le taux de réponse objective (ORR), évalué par un comité central indépendant.

Profil des participantes à l’étude

L’âge médian des patientes était de 60 ans, avec 15,9 % d’entre elles âgées de plus de 70 ans. La majorité des participantes provenaient d’Europe (57,0 %), suivies par l’Asie (42,1 %) et l’Australie (0,9 %). L’indice de performance ECOG était de 0 pour 57 % des patientes et de 1 pour 43 %. Le cancer de l’ovaire représentait 85,0 % des diagnostics, suivi par le cancer des trompes de Fallope (11,2 %) et le cancer péritonéal (3,7 %). Les stades FIGO initiaux étaient répartis comme suit : stades I-II (10,3 %), III (49,5 %), IV (36,4 %) et inconnu (3,7 %).

En ce qui concerne les traitements antérieurs, 51,4 % des patientes avaient reçu plus de trois lignes de traitement systémique, 39,3 % en avaient reçu deux, et 9,3 % une seule. Parmi les thérapies antérieures figurent le bevacizumab (Avastin® ; 83,2 %), les inhibiteurs de PARP (70,1 %) et le mirvetuximab soravtansine (Elahere® ; 2,8 %). L’intervalle sans platine le plus récent était inférieur à 3 mois pour 43,9 % des patientes et compris entre 3 et 6 mois pour 56,1 %.

Au moment de l’inclusion, 94,1 % des patientes présentaient une expression positive de CDH6 sur leurs cellules tumorales. Parmi elles, 40,6 % avaient une expression inférieure à 75 %, tandis que 59,4 % exprimaient CDH6 à 75 % ou plus.

Perspectives futures pour le R-DXd

La phase 3 de l’essai REJOICE-Ovarian01 va désormais comparer le R-DXd, à la dose optimale de 5,6 mg/kg, à la chimiothérapie standard choisie par le médecin, chez des patientes atteintes de cancer de l’ovaire résistant au platine. Il est à noter que le R-DXd a déjà reçu la désignation de thérapie révolutionnaire par la FDA américaine pour le traitement des cancers épithéliaux de l’ovaire, des trompes de Fallope ou péritonéaux, résistants au platine, exprimant CDH6 et ayant reçu un traitement antérieur par bevacizumab.

RÉFÉRENCES :
1. Ray-Coquard IL. Raludotatug deruxtecan (R-DXd) in patients (pts) with platinum-resistant ovarian cancer (PROC): primary analysis of the phase 2 dose optimization part of REJOICE-Ovarian01. Présenté au : ESMO Congress 2025 ; 17-20 octobre 2025 ; Berlin, Allemagne. Résumé LBA42.
2. Le raludotatug Deruxtecan obtient la désignation de thérapie révolutionnaire de la FDA pour les patients atteints de cancers gynécologiques résistants au platine exprimant CDH6. Publié en ligne le 15 septembre 2025. Consulté le 19 octobre 2025. Article de référence.

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