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Ramaphosa étend l’enquête de l’UES sur la loterie

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Publié le 2025-10-11 04:44:00. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a finalement étendu le mandat de l’Unité spéciale d’enquête (UES) pour qu’elle puisse examiner la corruption au sein de la Commission nationale des loteries (NLC), y compris les marchés publics, jusqu’en octobre 2025.

  • L’UES pourra désormais enquêter sur des fraudes et corruptions touchant les marchés publics, une extension attendue depuis près de 18 mois.
  • Cette nouvelle proclamation couvre les infractions commises jusqu’au 10 octobre 2025.
  • Plusieurs cas spécifiques de marchés publics suspects, identifiés notamment par un cabinet d’audit, pourront désormais être examinés.

Après un long délai de près de 18 mois, le président Cyril Ramaphosa a enfin élargi la portée d’une proclamation datant de 2020. Initialement conçue pour enquêter sur la corruption liée aux subventions de loterie, son champ d’action est désormais étendu pour inclure les fraudes et malversations concernant les marchés publics de la Commission nationale des loteries (NLC). Cette extension, formalisée dans une nouvelle proclamation publiée au Journal officiel, permet à l’UES d’agir jusqu’au 10 octobre 2025.

L’Unité spéciale d’enquête (UES) avait déjà réussi à geler et à récupérer des fonds issus de subventions de loterie volées. Cependant, son mandat initial était limité à la période précédant octobre 2020 et n’englobait pas les appels d’offres et les achats de la NLC. Malgré les nombreuses irrégularités signalées par des lanceurs d’alerte et des audits commandés par la NLC elle-même, l’UES était bloquée par les restrictions de la proclamation originale.

La nouvelle proclamation, bien que plus large, ne couvre pas tous les aspects. Elle cible des cas spécifiques de passation de marchés. Certains cabinets d’expertise comptable et d’audit, qui auraient facilité le détournement de fonds, sont par exemple exclus de cette enquête élargie. La commissaire de la NLC, Jodi Scholtz, a cependant assuré que la commission avait déjà enquêté sur certains cas non inclus dans la nouvelle proclamation et qu’elle transmettrait ces rapports à l’UES.

La plupart des points sur lesquels l’UES est désormais habilitée à enquêter découlent d’un rapport d’audit commandé par la NLC en octobre 2023 au cabinet TSU Investigations. Ce rapport avait révélé des fraudes, des corruptions et des contournements massifs des procédures de marché public, représentant des centaines de millions de rands. Ces conclusions avaient déjà servi de base à des procédures disciplinaires internes au sein de la NLC.

La demande initiale de prolongation de mandat de l’UES était restée en suspens au ministère de la Justice et des Services correctionnels pendant près de 18 mois, alimentant des rumeurs d’interférences politiques. Alors que le traitement des demandes de proclamation s’était accéléré ces derniers temps, celle de la NLC semblait figée. Trois ministres successifs de la Justice se sont succédé depuis avril 2024, date de la soumission de la demande initiale par l’UES. Ronald Lamola, le premier ministre, a été remplacé par Thembi Simelane, puis par Mmamoloko Khubayi, qui a finalement signé la prolongation près de dix mois après sa nomination en décembre 2024.

Parmi les irrégularités que l’UES est désormais autorisée à examiner figurent plusieurs points déjà soulevés par le passé :

  • La nomination d’un panel de cabinets d’avocats et de praticiens du droit. En 2023, des dizaines de millions de rands dépensés pour des dossiers juridiques, y compris des litiges, avaient disparu, selon le ministre de l’époque, Ebrahim Patel. Les tentatives pour obtenir des détails sur le travail juridique effectué pour la NLC avaient échoué.
  • La sélection du cabinet d’avocats qui sera présenté au panel juridique de la NLC.
  • Un appel d’offres attribué à Neo Africa pour enquêter sur un prétendu incident de piratage informatique qui n’a jamais eu lieu.
  • Des frais d’hébergement et de transport engagés par l’ancienne administration de la NLC pour des personnes impliquées dans l’attribution d’une licence d’opérateur de loterie.
  • Le placement de publireportages dans le Sunday World, où la NLC a dépensé des dizaines de millions de rands pour contrer les informations dénonçant la corruption, dont la majeure partie a bénéficié à ce journal entre 2020 et 2022.
  • Un programme de bien-être pour le personnel du NLC, principalement dispensé par Workforce Healthcare.
  • La nomination de ProEthics pour fournir des services liés à l’éthique.
  • Une activation de flashmob à 1,7 million de rands qui n’a jamais eu lieu, impliquant MSG Group Sales et Elsiscope Digital Solutions.

Le commissaire de la NLC, Jodi Scholtz, s’est félicitée de cette extension d’enquête, soulignant l’engagement de l’organisation envers la transparence et la bonne gouvernance. « Nous sommes impatients de poursuivre notre collaboration avec l’UES pour remédier à toute irrégularité et garantir que nos opérations respectent les normes les plus élevées d’intégrité et de responsabilité », a-t-elle déclaré.

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