Le marché boursier allemand peine à décoller, le DAX oscillant autour de la barre symbolique des 24 000 points, malgré des résultats d’entreprises globalement solides. Les investisseurs restent en attente d’un véritable élan, tandis que l’économie nationale affiche une production industrielle en hausse modérée.
Francfort, le 6 novembre 2025 – Le parcours du DAX sur les marchés financiers allemand s’avère plus laborieux que prévu. L’indice boursier majeur peine à franchir le seuil des 24 000 points, un niveau qui s’est révélé être un véritable mur ces derniers temps. En milieu de journée, le DAX affichait un léger repli de 0,2 % aux alentours de ce seuil psychologique. La veille, l’indice avait clôturé en hausse de 0,4 %, atteignant 24 049 points.
« L’indice évolue dans un mouvement latéral légèrement baissier, les jours positifs étant régulièrement remplacés par des revers. Ces hauts et ces bas exigent des nerfs solides de la part des investisseurs », analyse Frank Sohlleder, analyste chez ActivTrades. Selon lui, « l’idée stimulante et stabilisatrice qui donnerait à l’indice un élan durable fait toujours défaut ». Cependant, Christian Zoller, expert chez ING, rappelle que la saisonnalité, particulièrement favorable en début et milieu de novembre, pourrait encore apporter un soutien aux cours.
La publication des nombreux résultats d’entreprises n’a pas, pour l’heure, suffi à dynamiser le marché. Si les chiffres de Zalando, Rheinmetall et DHL ont été bien accueillis, ceux de Commerzbank ont pesé sur la tendance. « La recherche d’une direction pour le DAX se poursuit », constate Thomas Altmann, gestionnaire de portefeuille chez QC Partners. Il souligne la volatilité récente de l’indice, qui a connu autant de clôtures positives que négatives ces derniers jours. « Les revers s’achètent actuellement rapidement, mais en même temps les reprises se vendent aussi rapidement », observe-t-il.
Du côté des perspectives, Ulrich Stephan, stratège en chef des investissements chez Deutsche Bank, se montre optimiste quant aux prochains rapports financiers. Il anticipe une amélioration de la croissance moyenne des bénéfices et des ventes, ce qui pourrait soutenir les actions européennes durant les mois d’hiver.
Sur le front macroéconomique, la production industrielle allemande a connu une tendance globalement positive. Après la pause estivale, les entreprises allemandes ont augmenté leur production en septembre de 1,3 % par rapport au mois précédent, selon l’Office fédéral de la statistique. Néanmoins, cette hausse reste modeste. « C’est plus une goutte d’eau dans l’océan qu’une très bonne nouvelle », commente Jens-Oliver Niklasch, économiste chez LBBW. Il ajoute que « la légère augmentation d’octobre n’inverse pas la tendance négative ». Les économistes appellent donc à de « véritables réformes favorisant la croissance ».
Outre-Atlantique, les contrats à terme américains suggèrent une ouverture stable ou légèrement en baisse aujourd’hui. La situation reste tendue à Wall Street, où les principaux acteurs s’inquiètent d’un possible ralentissement, notamment dans le secteur des grandes technologies. Les valorisations actuelles du marché sont jugées particulièrement élevées.
La Bundesbank a récemment alerté sur l’augmentation des risques pesant sur le système financier allemand. Les tensions géopolitiques, les conflits commerciaux et la hausse de la dette publique sont cités comme facteurs d’inquiétude. « L’économie allemande est confrontée à des défis structurels et les niveaux de valorisation élevés sur les marchés boursiers et obligataires présentent un risque de corrections plus importantes et soudaines des prix du marché », a averti Michael Theurer, membre du directoire de la Bundesbank.
Dans le détail des publications d’entreprises :
- Rheinmetall continue sur sa lancée, profitant de l’augmentation des dépenses d’armement. Les ventes ont progressé de 20 % pour atteindre environ 7,5 milliards d’euros sur les neuf premiers mois, avec une prévision de hausse de 25 à 30 % pour l’ensemble de l’année. Le résultat d’exploitation a crû de 18 % pour s’établir à 835 millions d’euros.
- Le bénéfice net de la Commerzbank a diminué de 8 % pour atteindre 591 millions d’euros, un chiffre inférieur aux attentes des analystes. La banque explique cette baisse, entre autres, par une hausse significative du taux d’imposition (36 % contre 22 % en 2024).
- Le groupe de biens de consommation Henkel a vu son chiffre d’affaires reculer de 6,3 % au troisième trimestre pour s’établir à environ 5,1 milliards d’euros. En données organiques (hors effets de change et de portefeuille), la croissance a toutefois été de 1,4 %, tirée par l’activité colles.
- Zalando a bénéficié de l’acquisition d’About You, enregistrant une hausse de près de 22 % de son volume brut de marchandises (GMV) au troisième trimestre, atteignant 4,21 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires du groupe a grimpé de 26,5 % pour s’élever à 3,02 milliards d’euros.
- DHL a affiché une résistance remarquable malgré les tensions commerciales mondiales. Les ventes ont légèrement baissé pour s’établir à 20,1 milliards d’euros, mais le bénéfice d’exploitation avant intérêts et impôts (EBIT) a augmenté de près de 8 % à 1,5 milliard d’euros, dépassant les prévisions des analystes.
Par ailleurs, la directrice financière d’OpenAI, Sarah Friar, a dissipé les rumeurs d’introduction en bourse imminente, affirmant que la priorité actuelle était la croissance et non une cotation en bourse.