Une suite inattendue de la saga comique des Griswold fait un retour remarqué sur Netflix, divisant critiques et spectateurs tout en séduisant une nouvelle génération d’amateurs d’humour débridé.
Il y a près de dix ans, le 19 août 2015, sortait Vacation, une nouvelle aventure des Griswold qui, malgré un accueil critique mitigé, cartonne actuellement sur Netflix, prouvant que le potentiel comique de cette famille dysfonctionnelle est loin d’être épuisé. Le film, qui met en scène un Rusty Griswold adulte confronté aux mêmes déboires que son père Clark dans les années 80, offre une relecture moderne et volontairement vulgaire de la recette originale.
Les Griswold, une nouvelle génération
Dans cette itération, Ed Helms, connu pour son rôle dans Very Bad Trip, incarne Rusty Griswold, un père de famille qui, dans une tentative nostalgique de recréer le fameux voyage familial vers le parc d’attractions Wally World, entraîne sa propre progéniture dans une série de mésaventures. À ses côtés, Christina Applegate prête ses traits à son épouse, une mère au passé festif dissimulé sous des airs de ménagère rangée. Le rôle de leur fils aîné est tenu par Skyler Gisondo, dont la carrière a pris un essor fulgurant depuis son interprétation de Jimmy Olsen dans le Superman de 2025.
Le casting secondaire réserve également quelques surprises de taille. On retrouve ainsi Charlie Day et Kaitlin Olsen, deux figures emblématiques de Philadelphia, campant respectivement un guide de rafting nonchalant face au danger et une policière nerveuse. Le redoutable Norman Reedus, immortalisé par son rôle dans The Walking Dead, campe un chauffeur de camion inquiétant, tandis que Chris Hemsworth, le Thor du Marvel Cinematic Universe, surprend dans le rôle du beau-frère obsédé par sa plastique. Les vétérans Chevy Chase et Beverly D’Angelo, figures tutélaires de la franchise, font des apparitions remarquées, prouvant qu’ils n’ont rien perdu de leur talent comique.
Un pari risqué, un succès populaire ?
À sa sortie, Vacation a réalisé un score honorable au box-office, engrangeant 107,2 millions de dollars pour un budget de 31 millions de dollars. Si ce résultat n’égale pas celui d’autres succès d’Ed Helms, il a néanmoins démontré qu’une place existait encore pour ce type d’humour décalé, si cher aux films originaux de la saga.
Cependant, la réception critique fut loin d’être aussi clémente. Sur l’agrégateur Rotten Tomatoes, le film ne recueille qu’un maigre 27%. Les critiques ont reproché à cette suite de s’être contentée de reproduire la structure du road movie des films des années 80 sans en retrouver l’esprit ni l’efficacité comique. Pour beaucoup, il s’agissait d’une simple opération nostalgique, manquant d’originalité et de substance.
La revanche des fans
Plus d’une décennie après sa sortie, Vacation connaît une seconde vie, devenant un phénomène de bouche-à-oreille. Sa récente intégration au catalogue Netflix l’a propulsé dans le Top 10, détrônant des succès plus attendus comme Moi, moche et méchant 3 ou Comme des bêtes. Sur les réseaux sociaux, les éloges affluent, de nombreux spectateurs découvrant le film et le qualifiant d’injustement sous-estimé.
Pourquoi recommander aujourd’hui ce film au score critique si bas ? La clé réside dans l’approche. Si l’on s’attend à retrouver l’humour subtil et suggestif des films des années 80, on risque la déception. La nouvelle génération des Griswold assume une comédie beaucoup plus frontale, voire vulgaire, loin des conventions.
Un humour inattendu
Loin de s’en plaindre, c’est justement cette audace qui rend Vacation si surprenant et finalement drôle. Le film déjoue constamment les attentes, offrant des situations cocasses et des dialogues percutants qui provoquent l’hilarité. Si certains seconds rôles, notamment ceux de Charlie Day et Kaitlin Olsen, peinent à convaincre – eux qui excellent pourtant dans Philadelphia –, le quatuor familial principal brille par sa chimie. On se surprend, à la fin du film, à fredonner à l’unisson les notes d’un tube des années 90, testament d’une connexion familiale improbable mais sincère.
Alors, Vacation est-il le chef-d’œuvre comique sous-estimé qu’il prétend être, ou un parcours semé d’embûches à éviter absolument ? Seule une séance de visionnage sur Netflix permettra d’en juger. Loin d’être un divertissement familial classique, il s’agit d’une comédie déjantée et vulgaire, parfaite pour échapper, le temps d’un film, à sa propre réalité familiale.