Publié le 8 novembre 2025. Le congrès annuel de la Société nord-américaine de gastro-entérologie, d’hépatologie et de nutrition pédiatriques (NASPGHAN) s’est tenu à Chicago, réunissant des experts pour partager les dernières avancées. HCPLive a couvert les sessions clés, mettant en lumière des recherches sur Helicobacter pylori, de nouveaux traitements pour le syndrome du côlon irritable et les maladies hépatiques pédiatriques.
Cette édition 2025 du congrès NASPGHAN, qui s’est déroulée du 5 au 8 novembre au Sheraton Grand Chicago, a été un rendez-vous majeur pour les spécialistes de la gastro-entérologie, de l’hépatologie et de la nutrition pédiatriques. Des cliniciens, chercheurs et professionnels de santé s’y sont retrouvés pour échanger sur les découvertes les plus récentes et les perspectives d’experts.
La plateforme HCPLive a assuré une couverture sur place de l’événement, présentant les points saillants sous forme de résumés oraux, d’affiches, de symposiums thématiques et d’entretiens vidéo. Les sujets abordés incluent la recherche sur Helicobacter pylori, de nouvelles approches pharmacologiques pour le syndrome du côlon irritable avec constipation (SCI-C), ainsi que les perspectives à long terme pour les enfants atteints de maladies hépatiques cholestatiques progressives.
Prévalence géographique de H. pylori et son rôle dans les pathologies digestives
Dans une présentation notable, le Dr Silvana Bonilla, pédiatre au Boston Children’s Hospital, a dévoilé les résultats d’une étude multicentrique sur la prévalence de Helicobacter pylori (HPI) chez les enfants souffrant d’œsophagite à éosinophiles (EoE), de maladie cœliaque (CeD) ou de maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI). Sur 365 jeunes patients, l’infection par HPI a été détectée dans 9,3 % des cas. Une disparité géographique marquée a été observée, avec une prévalence de 51,6 % en Colombie, contre 29 % aux États-Unis et 6,5 % au Chili. L’étude a également suggéré une association plus fréquente de HPI avec l’EoE et une moindre association avec la CeD, soulignant la complexité immunologique de cette bactérie dans les maladies digestives pédiatriques.
Visionnez notre discussion avec le Dr Silvana Bonilla.
Alignement avec les recommandations NASPGHAN/ESPGHAN
Dans une entrevue vidéo, le Dr Bonilla a expliqué comment ces constatations s’inscrivent dans les lignes directrices conjointes NASPGHAN/ESPGHAN de 2023. Celles-ci préconisent, sous certaines conditions, de ne pas systématiquement réaliser de biopsies pour détecter HPI chez les enfants examinés pour des MICI, la CeD ou l’EoE. Elle a souligné l’importance d’orienter les biopsies par une suspicion clinique plutôt que de les pratiquer de manière routinière. Des recherches sont en cours pour suivre ces patients sur le long terme et évaluer les potentiels effets protecteurs de HPI, ainsi que l’influence des changements environnementaux sur les maladies digestives à médiation immunitaire.
Nouveautés thérapeutiques : Linaclotide et Tenapanor pour le SCI-C pédiatrique
Les données de sécurité à long terme du linaclotide (Linzess ; Ironwood Pharmaceuticals), nouvellement approuvé pour les enfants de 7 à 17 ans atteints du SCI-C, ont révélé une faible incidence de diarrhées et une bonne tolérance sur 52 semaines de traitement. L’approbation par la FDA, datant du 5 novembre 2025, s’appuie sur des données d’efficacité extrapolées chez l’adulte et un essai pédiatrique de 12 semaines. Une étude de phase 3 en cours, impliquant 98 patients traités quotidiennement avec du linaclotide (145 µg ou 290 µg), a montré des résultats de sécurité conformes à ceux observés chez l’adulte, sans arrêt de traitement dû à des effets indésirables.
Plus d’informations sur le linaclotide.
Le Dr Julie Khlevner, professeure agrégée de pédiatrie à la Columbia University Medical Center et présidente du comité de neurogastroentérologie et de motilité du NASPGHAN, a commenté l’approbation du linaclotide pour le SCI-C pédiatrique. Elle a souligné les améliorations observées concernant la fréquence des selles et les douleurs abdominales, confirmant la tolérance du traitement et son potentiel usage par les gastro-entérologues pédiatriques et les pédiatres généralistes. Le Dr Khlevner a également insisté sur la nécessité de développer de nouvelles thérapies pédiatriques adaptées aux symptômes individuels.
Les réflexions du Dr Julie Khlevner sur l’approbation du linaclotide par la FDA.
Les données intermédiaires de l’essai de phase 3 R-ALLY et de son extension ouverte indiquent que le tenapanor, un inhibiteur de l’échangeur sodium/hydrogène de type 3 (NHE3), est sûr et bien toléré chez les adolescents atteints du SCI-C. Le Dr Thomas Wallach a précisé qu’aucun effet indésirable grave lié au traitement n’a été rapporté, le profil de sécurité étant similaire à celui observé chez les adultes. Il a souligné l’intérêt potentiel du tenapanor dans la prise en charge de la constipation pédiatrique, tout en précisant que les données d’efficacité sont encore en cours d’analyse.
Notre entretien complet avec le Dr Thomas Wallach.
Améliorations dans les maladies hépatiques cholestatiques avec l’odevixibat
Des analyses post-hoc des études PEDFIC 1 et PEDFIC 2 ont démontré que l’odevixibat permettait une réduction soutenue des acides biliaires sériques et une amélioration du prurit chez les patients souffrant de déficit en FIC1 (maladie de copii, PFIC1). Sur 35 patients traités jusqu’à 96 semaines, des améliorations cliniquement significatives ont été maintenues, confirmant les bénéfices durables de l’odevixibat dans la gestion du fardeau biochimique et symptomatique du PFIC1.
En savoir plus sur l’odevixibat pour le déficit en FIC1.
Chez les patients atteints du syndrome d’Alagille, le traitement par odevixibat a conduit à des améliorations durables de la qualité du sommeil et de la qualité de vie (QdV) rapportée par les aidants. Les données des études ASSERT et ASSERT-EXT montrent des améliorations constantes sur plusieurs paramètres du sommeil et des scores de l’inventaire pédiatrique de la qualité de vie sur une période de 96 semaines de traitement. Ces résultats renforcent l’impact de l’odevixibat sur le soulagement des symptômes et le bien-être général des patients, complétant les données antérieures sur la réduction du prurit dans les maladies hépatiques cholestatiques.
Découvrez les données à long terme sur la qualité de vie et le sommeil avec l’odevixibat.