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Recherche de signes de grossesse dans le dossier squelettique – Le Passé

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Publié le 2025-11-01 16:32:00. Des archéologues britanniques ont mis au point une méthode innovante pour détecter les traces d’hormones de grossesse dans les os et les dents, ouvrant une nouvelle ère pour l’étude de la reproduction dans les populations anciennes.

  • Une nouvelle technique permet désormais d’identifier des hormones de grossesse, notamment la progestérone, dans les restes squelettiques humains.
  • Cette avancée, basée sur des recherches antérieures chez les mammifères marins, pourrait révolutionner la compréhension des antécédents reproductifs des femmes du passé.
  • L’analyse des os, de la dentine, de l’émail, des racines de molaires et même du tartre dentaire a révélé des marqueurs hormonaux significatifs.

Jusqu’à présent, la détection d’une grossesse sur des restes humains reposait principalement sur la présence d’ossements fœtaux dans la région pelvienne de la mère. Cette méthode, cependant, présente des limites : dégradation des squelettes, perturbation des sépultures ou identification erronée des os. De plus, elle ne permet pas de reconnaître les cas où le bébé a survécu à la mère ou lorsque les corps n’ont pas été enterrés ensemble.

Une équipe interdisciplinaire de l’Université de Sheffield, dans le cadre de recherches publiées dans le *Journal des sciences archéologiques*, a développé un protocole visant à identifier des hormones sexuelles, comme la progestérone, dans le tissu squelettique. Si des œstrogènes et de la testostérone avaient déjà été détectés dans des cheveux et des os, c’est la première fois que ces hormones stéroïdes sont identifiées dans des dents humaines, modernes ou anciennes, ainsi que dans le tartre dentaire. La faible probabilité de conservation des cheveux dans les contextes archéologiques rend cette avancée particulièrement précieuse pour reconstituer l’histoire de populations entières.

Restes d'une femme et d'un nouveau-né dans une tombe archéologique.
L’une des femmes étudiées, représentée dans sa sépulture avec un nouveau-né.

Pour valider leur méthode, les chercheurs ont analysé des échantillons provenant de dix individus (trois hommes et sept femmes) issus de quatre cimetières différents, dont les sépultures s’étendent du Ier au XIXe siècle. Parmi les femmes, deux présentaient des restes fœtaux, deux autres avaient été inhumées avec des nouveau-nés, une avait des antécédents de grossesse connus grâce à des analyses d’ADN, et les deux dernières avaient une histoire reproductrice inconnue.

Les échantillons prélevés comprenaient des fragments d’os, des molaires et du tartre dentaire. Après un traitement chimique (pulvérisation, incubation dans du méthanol, centrifugation, déshydratation), le surnageant obtenu a été analysé par un test immuno-enzymatique (ELISA). Les résultats ont confirmé la présence d’œstrogènes, de progestérone et de testostérone dans les os, la dentine, l’émail et les racines des molaires. La progestérone et la testostérone ont également été retrouvées dans le tartre dentaire.

Les analyses ont mis en évidence des corrélations prometteuses : chez les femmes ayant une grossesse intra-utérine, l’absence de testostérone était notée, tandis qu’une progestérone élevée était détectée dans les tissus osseux et dentaires, accompagnée d’œstrogènes chez l’une d’elles. Pour les femmes inhumées avec un nouveau-né, une forte concentration de progestérone fut constatée dans le tartre dentaire, sans testostérone dans les os ou les dents (bien que le tartre en ait présenté chez l’une d’elles, suggérant des niveaux circulatoires durant la grossesse). Ces observations indiquent que des niveaux élevés de progestérone dans les dents et le tartre, la présence d’œstrogènes dans les os et une faible quantité de testostérone dans les tissus durs pourraient être des indicateurs fiables de grossesse au moment du décès.

L’étape suivante consistera à élucider les mécanismes par lesquels ces hormones s’intègrent et persistent dans les tissus osseux et dentaires. Comprendre ce processus est essentiel pour interpréter précisément les concentrations hormonales observées et ainsi déterminer non seulement la présence d’une grossesse, mais potentiellement d’autres étapes de la vie reproductive telles que la puberté ou la ménopause. Cette nouvelle approche ouvre ainsi des perspectives considérables pour une meilleure connaissance de l’histoire des femmes dans les sociétés anciennes.

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