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record de saisies et d’empoisonnements – Grand Oslo

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Publié le 23 octobre 2025, 09:17. La kétamine, une substance aux usages médicaux reconnus et aux potentiels thérapeutiques en psychiatrie, connaît une popularité croissante sur la scène festive, alertant les autorités. Son double statut, à la fois légal et illégal selon son usage, soulève des questions tant sur le plan sanitaire que sécuritaire.

La kétamine, surnommée « ket » ou « horse dip », est un anesthésique et analgésique essentiel, inscrit sur la liste des médicaments les plus importants de l’Organisation Mondiale de la Santé. Elle est quotidiennement utilisée dans les blocs opératoires et les ambulances du monde entier. Plus récemment, son potentiel dans le traitement de certains troubles psychiatriques, comme la dépression, a été reconnu, conduisant à son introduction dans plusieurs établissements de santé en Norvège.

Parallèlement, cette substance s’est invitée sur les pistes de danse et dans le viseur des forces de l’ordre. Une étude récente met en lumière une multiplication par dix des intoxications liées à la kétamine à Oslo en l’espace de cinq ans. Les analyses des eaux usées dans les grandes villes norvégiennes positionnent d’ailleurs le pays en tête des pays européens les plus concernés par sa consommation.

Une substance aux multiples facettes

La kétamine agit de manière dissociative, créant un détachement du corps et une altération de la perception de la réalité et de soi-même. Ces propriétés la rendent précieuse en milieu médical, mais soulèvent des inquiétudes lorsqu’elle est consommée à des fins récréatives.

Oslo, épicentre européen de la consommation ?

L’usage récréatif de la kétamine est en plein essor, une tendance observée dans plusieurs capitales européennes. Des journaux danois ont ainsi rapporté une « vague de kétamine » à Aarhus et Copenhague. Cependant, les données issues des analyses des eaux usées suggèrent qu’Oslo pourrait être particulièrement touchée. L’Agence européenne des médicaments, qui surveille régulièrement les résidus de substances dans les réseaux d’assainissement de plusieurs villes européennes, a placé Oslo en troisième position des 103 villes testées l’an dernier, lors de la première inclusion de la kétamine dans ses relevés.

Cette popularité croissante s’expliquerait, selon les experts, par plusieurs facteurs. La kétamine serait moins onéreuse et perçue comme moins dangereuse que d’autres drogues festives. L’exposition médiatique positive autour de son usage en psychiatrie aurait également contribué à sa notoriété. Le responsable de l’association « Safer Drug Policy », Dagfinn Hessen Paust, évoque une influence de la culture rave, où la kétamine est souvent consommée aux côtés de substances comme le MDMA ou les psychédéliques, cultures qui gagneraient en popularité. Il note également que certains individus l’utilisent comme une forme d’automédication à bas coût, face aux difficultés d’accès à des traitements conventionnels pour la dépression.

« Lorsqu’une substance est approuvée en tant que médicament, les gens peuvent supposer qu’elle est plus sûre qu’elle ne l’est en réalité et négliger les dangers potentiels. »

Peder Olai Skjeflo Holman, médecin spécialiste

Certains observent également une recherche d’alternatives à l’alcool, dont les effets néfastes sont de plus en plus reconnus. La kétamine offrirait une expérience de « planage » de courte durée, comparable dans une certaine mesure à l’alcool, avec une possible gestion du niveau d’intoxication.

Les risques d’une consommation débridée

Malgré sa classification parmi les drogues moins nocives par certains experts, la kétamine présente des risques non négligeables. Les expériences de dissociation et d’altération de la réalité peuvent se révéler angoissantes pour les consommateurs non avertis. Les services d’urgence d’Oslo rapportent une augmentation significative des cas d’intoxication, se manifestant par confusion, agitation et hallucinations. En 2019, six cas avaient été recensés, contre 77 en 2023, avant la pandémie, ce chiffre était marginal.

Une surconsommation peut entraîner une perte de contrôle moteur, augmentant le risque d’accidents. De plus, un usage régulier et prolongé peut mener à une dépendance physique et psychologique, avec des cas rapportés de dommages irréversibles à la vessie.

Un trafic en forte hausse

Les services douaniers norvégiens ont constaté une augmentation sans précédent des saisies de kétamine. En septembre 2025, plus de kétamine avait déjà été confisquée qu’en une année complète. Ce phénomène s’inscrit dans une tendance globale : l’Union Européenne a vu ses saisies passer de 45 kg en 2012 à 2,8 tonnes en 2022. La majorité des importations clandestines en Norvège arrive par voie postale, souvent expédiée depuis les Pays-Bas, et commandée via des plateformes du dark web.

Les chiffres des urgences, les saisies policières, les analyses d’eaux usées et les tests de drogues convergent pour confirmer la popularité grandissante de la kétamine. Cependant, sa consommation reste, en volume, inférieure à celle de substances comme la cocaïne, le cannabis ou le MDMA.

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