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Recouvert d’une croûte de milliards d’années de rayonnement cosmique

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Publié le 2025-11-01 10:48:00. La comète interstellaire 3I/ATLAS, récemment observée par le télescope James Webb, révèle les conséquences surprenantes de son long périple à travers la galaxie.

Une croûte épaisse, résultat d’une exposition prolongée aux rayons cosmiques, a transformé la composition de cette visiteuse venue d’ailleurs, masquant son matériau d’origine.

Des milliards d’années d’irradiation cosmique

Grâce aux observations du télescope spatial James Webb (JWST), les chercheurs ont pu étudier en détail la comète 3I/ATLAS. Les données révèlent une surface d’apparence « cosmiquement irradiée », dont la composition ne serait plus représentative de son système stellaire d’origine. Cette transformation est attribuée à une absorption massive de rayons cosmiques galactiques au cours de son voyage interstellaire. Ces particules de haute énergie, provenant de l’extérieur de notre système solaire, ont lentement mais sûrement modifié la glace de la comète sur une profondeur d’environ 15 à 20 mètres.

L’étude, publiée dans la revue *Science en direct*, met en lumière un phénomène particulièrement intéressant : une teneur élevée en dioxyde de carbone (CO2). Les scientifiques estiment que ce gaz proviendrait de la conversion du monoxyde de carbone (CO) sous l’effet des rayons cosmiques. Si l’héliosphère, cette bulle protectrice émise par notre Soleil, nous abrite de la majorité de ces radiations au sein de notre système, la comète 3I/ATLAS, ayant traversé le vide intersidéral pendant des milliards d’années, n’a bénéficié d’aucune protection similaire.

« Cela a été très lent, mais sur des milliards d’années, cela a eu un effet très puissant. »

Romain Maggiolo, auteur principal de l’étude et chercheur à l’Institut royal d’aéronomie spatiale de Belgique

Un changement de perspective pour l’étude des objets interstellaires

Cette découverte pourrait bien bouleverser notre compréhension des corps célestes issus d’autres systèmes stellaires. Selon les chercheurs, de tels objets seraient donc moins le reflet direct de leur lieu de formation que le produit de leur long périple cosmique. La comète 3I/ATLAS, âgée d’environ 7 milliards d’années (soit 3 milliards de plus que notre Soleil), est actuellement en orbite autour de notre étoile. Elle a atteint son point le plus proche du Soleil, le périhélie, le 29 octobre dernier.

Cette analyse de la comète 3I/ATLAS apporte un nouvel éclairage sur la manière dont les environnements interstellaires peuvent façonner durablement les corps célestes.

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