Publié le 2025-10-28 14:58:00. Une étude japonaise publiée dans le *Journal des os et des articulations* suggère qu’un type spécifique d’implant prothétique pour hanche pourrait significativement réduire le risque de fractures fémorales précoces après une arthroplastie totale de la hanche (PTH), améliorant ainsi la sécurité des patients.
- Les tiges fémorales comportant un collier et un revêtement d’hydroxyapatite (HA) sont associées à une incidence de fractures fémorales précoces nettement inférieure par rapport aux tiges coniques plates.
- Malgré ce bénéfice, l’étude met en lumière une légère augmentation des fractures durant l’intervention chirurgicale avec les implants HA, nécessitant des recherches supplémentaires sur les techniques d’implantation.
- Ces conclusions pourraient influencer le choix des prothèses de hanche, favorisant une meilleure récupération et une diminution des réinterventions.
L’arthroplastie totale de la hanche (PTH) est une intervention chirurgicale de plus en plus courante, estimée à environ un million d’interventions par an dans le monde. Cette procédure est souvent transformative, restaurant la fonction articulaire, soulageant la douleur et permettant aux patients de retrouver une mobilité normale. Cependant, comme toute chirurgie majeure, elle n’est pas exempte de risques, particulièrement pour les personnes âgées ou celles souffrant de pathologies associées.
Parmi les complications potentielles, les fractures fémorales, c’est-à-dire la rupture de l’os de la cuisse près de la prothèse, représentent la cause principale de réintervention. Près de la moitié de ces fractures surviennent précocement, dans les 90 jours suivant l’opération. Si certains facteurs de risque comme l’âge ou l’état de santé général échappent au contrôle des chirurgiens, le choix de l’implant prothétique demeure une décision cruciale. La question se pose alors : quel type de prothèse de hanche est le plus efficace pour prévenir ces fractures précoces ?
Pour répondre à cette interrogation, une équipe de recherche de l’université de Chiba, au Japon, dirigée par le professeur adjoint Rui Hirasawa, a mené une étude rétrospective comparative. Les travaux, publiés le 1er octobre 2025 dans le *Journal des os et des articulations*, ont analysé les données de 4 511 PTH réalisées entre 2009 et 2023 dans un seul centre médical. L’étude a comparé deux types de tiges fémorales couramment utilisés : les tiges à collier entièrement recouvertes d’hydroxyapatite (HA) et les tiges coniques plates.
Les tiges à collier HA se distinguent par la présence d’un anneau stabilisateur (le collier) reposant sur l’os et d’un revêtement spécialisé (l’HA) conçu pour stimuler la croissance osseuse et assurer une fixation solide. Les tiges coniques plates, quant à elles, reposent uniquement sur leur forme et leur ajustement étroit dans le canal fémoral pour leur stabilité initiale, sans collier ni revêtement HA.
« En nous basant sur nos observations cliniques et la littérature suggérant une incidence plus faible de fractures fémorales post-PTH avec les tiges à collier entièrement recouvertes d’HA, nous avons été motivés à vérifier si ces tiges pouvaient effectivement réduire ce risque », explique le Dr Hirasawa.
Dr Rui Hirasawa, Professeur adjoint, faculté de médecine de l’université de Chiba
Afin de garantir une comparaison équitable, les chercheurs ont employé une technique statistique avancée, le score de propension, pour créer deux groupes de patients hautement comparables, comptant chacun 1 804 cas. Ces groupes ont été appariés selon des critères tels que l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle et des conditions comme l’arthrose, minimisant ainsi l’influence des variables parasites.
Les résultats de l’étude sont révélateurs : les fractures fémorales précoces post-PTH étaient significativement moins fréquentes chez les patients implantés avec des tiges à collier HA (seulement deux cas) par rapport à ceux équipés de tiges coniques plates (13 cas). Les chercheurs ont ensuite examiné chaque fracture en détail à partir des données cliniques disponibles.
Il est toutefois important de noter que, si les tiges à collier HA ont permis de réduire les fractures précoces, l’étude a également identifié une incidence légèrement plus élevée de fractures survenant pendant l’intervention chirurgicale (fractures peropératoires) dans ce groupe par rapport aux tiges coniques plates. Cette observation souligne la nécessité de recherches complémentaires pour affiner les techniques chirurgicales et la sélection des patients afin de minimiser les complications intraopératoires lors de l’utilisation de ces implants.
En conclusion, les données de cette étude suggèrent que les tiges à collier recouvertes d’HA pourraient offrir des avantages intrinsèques par rapport aux tiges coniques plates. Ces éléments devraient être pris en compte par les chirurgiens dans leur décision de choisir ou de recommander une prothèse de hanche.
« Nos résultats ont le potentiel d’améliorer directement la sécurité des patients et les résultats chirurgicaux de la PTH en aidant les chirurgiens à faire des choix d’implants plus éclairés, conduisant à moins de complications graves, une récupération fonctionnelle plus rapide et une réduction du besoin de réintervention », ajoute le Dr Hirasawa. « À long terme, cette recherche pourrait établir une nouvelle norme mondiale pour la sélection des tiges fémorales en cas d’arthroplastie de la hanche. »
Dr Rui Hirasawa, Professeur adjoint, faculté de médecine de l’université de Chiba