
DIPLOMATIE. Le président Ferdinand R. Marcos Jr. et le Premier ministre chinois Li Qiang s’entretiennent brièvement après le sommet ASEAN-Chine, mardi 28 octobre 2025. Marcos a affirmé que la coopération doit être ancrée dans le respect mutuel. (Photo gracieuseté du secrétaire Dave Gomez/BCP)
Publié le 2025-10-28 08:22:00. Le président philippin Ferdinand R. Marcos Jr. a mis en garde mardi contre les « actions coercitives » en mer de Chine méridionale, affirmant que la coopération avec la Chine et l’ASEAN ne pouvait prospérer que dans le respect mutuel et le droit international, lors d’un sommet à Kuala Lumpur.
- Le président Marcos Jr. a souligné que la coopération entre l’ASEAN et la Chine devait être fondée sur le respect de la souveraineté et du droit international.
- Il a appelé à la retenue face aux incidents persistants et a rejeté les plans chinois concernant le récif de Scarborough.
- Manille reste engagée dans une gestion constructive des différends et plaide pour la finalisation d’un Code de conduite efficace en mer de Chine méridionale.
Lors du 28e sommet ASEAN-Chine, qui s’est tenu à Kuala Lumpur, le président Ferdinand R. Marcos Jr. a tenu un discours clair quant aux conditions d’une relation productive avec Pékin. Devant le Premier ministre chinois Li Qiang, il a affirmé que « la coopération ne peut coexister avec la coercition », marquant ainsi une position ferme contre toute forme de pression dans la région.
« Les Philippines sont prêtes à travailler avec l’ASEAN et la Chine pour traduire nos engagements en résultats significatifs grâce à une coopération mutuellement bénéfique », a déclaré le président philippin. Il a toutefois précisé que cette collaboration devait impérativement s’appuyer sur « le respect mutuel de la souveraineté, l’égalité et l’adhésion au droit international comme principes directeurs ».
Le président Marcos Jr. a réitéré ses préoccupations concernant les « actions dangereuses et le harcèlement persistants » à l’encontre des pêcheurs et des navires philippins en mer des Philippines occidentales. Il a insisté sur l’importance de la retenue de toutes les parties pour préserver la paix et la stabilité, avertissant que des actions provocatrices pourraient compromettre les efforts déployés collectivement au fil des ans.
Dans ce contexte, Marcos Jr. a fermement rejeté le projet de Pékin de transformer Bajo de Masinloc (récif de Scarborough) en « réserve naturelle », dénonçant une décision « sans base juridique ni effet », méconnaissant le droit international et portant atteinte à la souveraineté philippine.
Malgré ces tensions, Manille maintient sa volonté de gérer les différends de manière constructive. Le président philippin a cité comme exemple positif un accord provisoire avec la Chine ayant permis dix missions de rotation et de réapprovisionnement réussies et sans incident vers le BRP Sierra Madre, stationné sur le banc d’Ayungin (deuxième banc Thomas). « Notre accord provisoire n’est qu’une démonstration de la manière dont une diplomatie efficace et un dialogue franc peuvent apaiser les tensions et produire des résultats positifs », a-t-il souligné, appelant à une « créativité diplomatique » accrue.
Par ailleurs, Marcos Jr. s’est engagé à collaborer avec l’ASEAN pour parvenir à la finalisation d’un Code de conduite (COC) en mer de Chine méridionale. Ce dernier devra être conforme au droit international, notamment à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS), sans pour autant « diminuer les droits et les intérêts des tiers ».
La veille, lors du 20e Sommet de l’Asie de l’Est, le Premier ministre malaisien et président en exercice de l’ASEAN, Anwar Ibrahim, avait déjà exprimé le souhait de l’organisation de voir les différends en mer de Chine méridionale résolus en interne. « Nous voulons qu’elles soient résolues au sein de l’ASEAN et avec nos partenaires de la région », avait-il déclaré, estimant que des interventions extérieures pouvaient « problématiques et plus tendues ».
Les négociations sur ce Code de conduite entre la Chine et l’ASEAN visent à établir un ensemble de règles régissant le comportement des acteurs dans cette zone maritime stratégique. En attendant son adoption, Marcos Jr. a suggéré que l’ASEAN et la Chine explorent des mécanismes de coopération visant à prévenir les incidents, en s’appuyant sur la Déclaration de conduite des parties en mer de Chine méridionale de 2002. Il a notamment évoqué la possibilité de garantir l’accès des pêcheurs artisanaux à leurs zones de pêche traditionnelles sans interférence et de limiter les activités dans les zones inhabitées.
Enfin, le président philippin a évoqué un potentiel de coopération scientifique, notamment dans le domaine de la météorologie océanique, afin de renforcer la sécurité maritime, de protéger la biodiversité marine et de contribuer à la mise en œuvre de l’Accord sur la diversité biologique marine des zones situées au-delà de la juridiction nationale (Accord BBNJ).