Publié le 6 octobre 2025. Les déclarations des patients sur leur état de santé et leur qualité de vie (PRO) fournissent des informations pronostiques précieuses pour la survie globale des patients atteints de cancer, révèle une méta-analyse publiée dans Jama Oncology. Ces données suggèrent l’importance d’intégrer ces évaluations dans la pratique clinique oncologique.
- Une amélioration d’un point du score global d’état de santé / qualité de vie est associée à une meilleure survie globale.
- Les scores de fonctionnement physique et de fonctionnement du rôle sont corrélés à une survie améliorée, tandis que le fonctionnement cognitif, social et émotionnel ne montrent pas d’association significative.
- L’aggravation de certains symptômes, tels que les nausées, les vomissements et la fatigue, ainsi que la douleur, est associée à une survie globale réduite.
Une revue systématique et une méta-analyse, basées sur des études publiées entre janvier 2000 et juin 2024, ont examiné 69 essais cliniques randomisés incluant des adultes atteints de cancer. Ces études devaient impérativement intégrer au moins une mesure de base des résultats rapportés par les patients (PRO) et documenter la survie globale comme critère de jugement. Les analyses multivariées ajustées pour les facteurs cliniques et liés à la maladie ont permis d’établir les associations. Au total, 31 essais ont répondu aux critères de la méta-analyse.
Les conclusions de l’étude indiquent que chaque augmentation d’un point du score global d’état de santé/qualité de vie est associée à une réduction du risque de décès de 1% (ratio de risque groupé [HR] = 0,99 ; intervalle de confiance à 95% [IC] = 0,98–0,99). De même, une meilleure performance physique et un fonctionnement de rôle plus élevé contribuent à une meilleure survie (HR = 0,94 et HR = 0,96 respectivement). Les données agrégées sur les échelles fonctionnelles confirment qu’une amélioration générale du fonctionnement est liée à une meilleure survie globale (HR = 0,97 ; IC à 95% = 0,95–0,98).
En revanche, l’aggravation de certains symptômes a un impact négatif sur la survie. Des nausées/vomissements plus importants sont associés à une augmentation du risque de décès de 12% (HR = 1,12 ; IC à 95% = 1,04–1,21), la fatigue de 5% (HR = 1,05 ; IC à 95% = 1,00–1,10) et la douleur de 7% (HR = 1,07 ; IC à 95% = 1,05–1,10). L’analyse globale des échelles de symptômes confirme que l’augmentation de leur intensité est liée à une diminution de la survie globale (HR = 1,07 ; IC à 95% = 1,05–1,10).
Les chercheurs concluent que les PRO « offrent des informations pronostiques indépendantes pour la survie du cancer. Ces résultats soutiennent l’intégration des évaluations professionnelles dans la prise de décision clinique et la stratification des risques en oncologie. »
Le Dr Srinivas Raman, de la Cancer Care Alberta Health Services de Vancouver, Canada, est l’auteur correspondant de l’article publié dans Jama Oncology.