Publié le 23 février 2026 06:03:00. Un revirement inattendu s’opère au Venezuela après l’élection contestée de juillet 2024, avec une loi d’amnistie et la libération de centaines de prisonniers politiques, dans un contexte de rapprochement surprenant entre le régime de Maduro et les États-Unis.
La situation politique vénézuélienne, marquée par des décennies de tensions, connaît une évolution notable. Malgré les accusations de fraude électorale et la répression qui ont suivi le scrutin du 28 juillet 2024, le régime de Nicolás Maduro a réussi à maintenir le pouvoir, s’appuyant sur son appareil répressif et le soutien de ses alliés.
Un tournant majeur s’est produit avec l’opération du 3 janvier, qui a conduit à la capture et à l’extraction de Nicolás Maduro et de Cilia Flores. Un scénario imprévisible qui a conduit à un rapprochement inattendu entre Washington et Miraflores. Les frères Rodríguez, figures clés du chavisme, semblent désormais collaborer avec les États-Unis, bien que le régime affirme ne pas renoncer à ses principes fondamentaux.
L’adoption de la loi d’amnistie, jeudi dernier, intervient alors que le régime conserve un contrôle total sur les institutions, notamment l’Assemblée nationale où il dispose d’une majorité écrasante. Cette loi, qui suscite des réactions contrastées, prévoit la libération de centaines de prisonniers et la suppression de 11 000 mesures de précaution, comme l’a reconnu Jorge Rodríguez après des années de déni.
Selon les autorités, ces mesures devraient permettre un retour à l’exercice des droits politiques et revitaliser les organisations civiles, les syndicats et les associations. Elles représentent également un soulagement pour les familles des prisonniers, qui retrouvent leurs proches. Jorge Rodríguez se réjouit de ce « dialogue », qu’il avait pourtant interrompu après la signature de l’Accord de la Barbade en octobre 2023, et espère que « espérons-le » la paix sera durable.
L’avenir de cette attitude conciliatrice reste incertain. La cause démocratique, soutenue par la majorité des Vénézuéliens, doit désormais reprendre l’initiative politique pour consolider les avancées obtenues et œuvrer à une transition démocratique durable.
Les élections présidentielles de 2024, qui se sont déroulées le 28 juillet, ont été marquées par des contestations et des accusations de fraude. Selon les résultats officiels du Conseil National Électoral (CNE), Nicolás Maduro a obtenu 51,95 % des voix, tandis qu’Edmundo González, représentant de la Plataforma Unitaria Democrática (PUD), a recueilli 43,18 % des suffrages. Cependant, l’opposition affirme que González a remporté une victoire écrasante, en se basant sur des copies de procès-verbaux de bureau de vote.
La communauté internationale a exprimé des préoccupations quant à la transparence et à l’équité du processus électoral. Des observateurs internationaux ont dénoncé le contrôle exercé par l’administration Maduro sur la plupart des institutions et la répression de l’opposition politique.