Publié le 2024-05-09 09:26:00. Le ministère irlandais des Affaires étrangères a indiqué être en phase finale pour le rapatriement de ses citoyens détenus en Israël après leur interception alors qu’ils tentaient d’apporter de l’aide à Gaza. Des accusations de mauvais traitements émergent, relayées par des organisations de défense des droits humains et des militants de retour dans leurs pays.
- Près de 16 citoyens irlandais, faisant partie d’une flottille vers Gaza, sont détenus dans la prison de Ktzi’ot en attente de déportation.
- Des avocats et des groupes d’aide juridique dénoncent des conditions de détention jugées inhumaines, un manque de nourriture et d’eau potable.
- Des militants de retour rapportent des mauvais traitements, des humiliations et des provocations de la part des forces israéliennes.
Le ministère irlandais des Affaires étrangères a annoncé progresser significativement dans les démarches de retour de ses ressortissants actuellement détenus en Israël. La diplomatie irlandaise a précisé qu’une mise à jour plus détaillée serait communiquée dans la journée. L’ambassadrice d’Irlande en Israël, Sonya McGuinness, avait rencontré les citoyens irlandais concernés vendredi dernier, dans le cadre du suivi consulaire habituel.
Ces citoyens se trouvaient à bord de la flottille « Global Sumud », interceptée par les autorités israéliennes la semaine dernière alors qu’elle tentait de forcer le blocus naval imposé à Gaza. Au moins 16 Irlandais faisaient partie des plus de 450 personnes à bord de ces navires. Ils seraient actuellement détenus à la prison de Ktzi’ot, située près de la frontière égyptienne, en attendant leur déportation.
Des avocats représentant les personnes incarcérées à la prison de Ktzi’ot ont soulevé des préoccupations quant aux conditions de détention, jugées déplorables. L’organisation de défense juridique Adalah a quant à elle accusé Israël de pratiques qualifiées de traitement inhumain, d’abus et d’intimidation à l’encontre de certains détenus. Selon Adalah, les prisonniers auraient reçu des rations alimentaires insuffisantes et l’accès à l’eau potable aurait été limité.
Les détenus irlandais ont d’abord été retenus au port d’Ashdod pendant plusieurs heures, avant d’être transférés vers la prison de Ktzi’ot, située dans le désert du Néguev, à environ une heure et 40 minutes d’Ashdod. La flottille Global Sumud avait pour objectif de délivrer une aide humanitaire à Gaza et de contester le blocus maritime israélien. Il est à noter qu’une autre flottille, composée d’une douzaine de navires et transportant environ sept citoyens irlandais, est actuellement en route vers la bande de Gaza.
Ces événements surviennent dans un contexte où la situation humanitaire à Gaza est de plus en plus critique. Le groupe Global Hunger Monitor IPC avait déjà alerté le mois dernier sur une famine « entièrement artificielle » dans l’enclave, tandis que le chef des droits de l’homme de l’ONU, Volker Turk, a attribué cette situation aux politiques gouvernementales israéliennes. Par ailleurs, une commission d’enquête indépendante des Nations Unies avait conclu le mois dernier qu’Israël avait commis et continuait de commettre des actes de génocide contre les Palestiniens à Gaza.

Des militants de la flottille vers Gaza témoignent de mauvais traitements
À leur retour dans leurs pays d’origine, certains militants qui ont tenté de rejoindre Gaza par voie maritime ont décrit des expériences de mauvais traitements subis de la part des gardes israéliens.
Au retour de son voyage à l’aéroport Fiumicino de Rome, samedi soir, le journaliste italien Saverio Tommasi a rapporté que des soldats israéliens auraient dissimulé des médicaments et traité les prisonniers « comme des singes ». Parmi les personnes détenues figuraient la militante écologiste suédoise Greta Thunberg, le petit-fils de Nelson Mandela, Mandla Mandela, ainsi que plusieurs parlementaires européens.
Selon M. Tommasi, Greta Thunberg aurait été mise à l’écart par les forces israéliennes lors de son arrestation. « Nous avons également vu Greta Thunberg au port, dans ce cas avec les bras liés et un drapeau israélien à côté d’elle, juste une moquerie », a-t-il déclaré. « Disons que la moquerie faisait partie de la violence verbale et psychologique qu’ils ont toujours exercée, dans le but de rabaisser, de ridiculiser et de rire dans des situations où il n’y a rien à rire. »
Le ministère israélien des Affaires étrangères a affirmé dans un communiqué sur les réseaux sociaux que tous les droits légaux des détenus avaient été « pleinement respectés », ajoutant que Mme Thunberg ne s’était pas plainte des « allégations ridicules et sans fondement – car elles ne se sont jamais produites. »
Un autre journaliste italien, Lorenzo D’Agostino, a témoigné que les détenus avaient été réveillés à plusieurs reprises durant les deux nuits passées en détention. Il a également fait état d’intimidation par des chiens et par des soldats qui auraient pointé leurs lasers d’armes sur les prisonniers « pour nous effrayer ». Ces déclarations ont été faites à son retour à l’aéroport d’Istanbul, où 137 militants issus de 13 pays différents sont arrivés d’Israël samedi.
M. D’Agostino a également affirmé que ses effets personnels et son argent avaient été « volés par les Israéliens. »
L’activiste Paolo de Montis a décrit avoir été entassé dans un fourgon cellulaire pendant des heures, les mains attachées par des liens en plastique. « Un stress et une humiliation constants », a-t-il témoigné. « Il n’était pas autorisé de les regarder au visage, je devais toujours garder la tête baissée et quand je levais les yeux, un homme… venait me secouer et me gifler à l’arrière de la tête. Ils nous ont forcés à rester à genoux pendant quatre heures. »