Publié le 7 février 2026 à 20h55. La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026 a été un spectacle ambitieux, mêlant hommage à la culture italienne, performances artistiques et une esthétique résolument humaine, malgré quelques longueurs et des moments plus discutables.
- La cérémonie a rendu hommage au cinéma italien, notamment au film La Dolce Vita de Federico Fellini.
- L’événement s’est déroulé simultanément à Milan et Cortina d’Ampezzo, avec des chaudrons olympiques installés dans les deux villes.
- L’esthétique générale privilégiait une approche low-tech, mettant l’accent sur l’art et l’humanité plutôt que sur les prouesses technologiques.
Dirigée par le producteur chevronné Marco Balich et diffusée en direct aux États-Unis sur NBC et Peacock, la cérémonie d’ouverture s’est principalement déroulée devant une foule d’environ 80 000 spectateurs au stade San Siro de Milan, avec des événements satellites dans d’autres lieux. Cette approche multi-sites, et l’utilisation pour la première fois de deux chaudrons olympiques – l’un à Milan et l’autre à Cortina d’Ampezzo – ont pu dérouter certains, notamment lors du défilé des nations qui a divisé les délégations d’athlètes. Cependant, cette configuration répondait au thème central de la cérémonie : l’harmonie, ou l’unité.
Dès le début, l’événement a captivé l’attention. Un hommage particulièrement réussi a été rendu au cinéma italien avec l’apparition d’une silhouette en robe de soirée suivie d’une horde de paparazzi, une référence directe au film La Dolce Vita et au terme « paparazzi » lui-même, inspiré du personnage photographique du film. L’influence de Federico Fellini, maître du spectacle et du glamour, était palpable, la célébration de l’art et de la culture italienne semblant tout à fait analogue à son univers.
La cérémonie a alterné entre des moments artistiques de grande envergure – poésie, opéra – et des séquences plus légères, voire caricaturales. Après une vidéo d’introduction présentant les paysages italiens et le style de vie local, des danseurs vêtus de toges blanches et argentées ont envahi la scène pour rendre hommage au sculpteur italien Antonio Canova et à son œuvre Psyché ranimée par le baiser de Cupidon, une œuvre inspirée de la mythologie romaine, partie intégrante du patrimoine italien. Une scène humoristique, mettant en scène des masques caricaturaux des compositeurs italiens Rossini, Puccini et Verdi, a suivi, agrémentée de jets de tissu brillant provenant de tubes de peinture géants suspendus au plafond. Des dizaines de danseurs, costumés en monuments emblématiques de l’Italie – le Colisée, des machines à expresso, des boulangers portant des gâteaux – ont également fait leur apparition, dans un clin d’œil particulièrement fellinien.
La chanteuse Mariah Carey a fait une apparition remarquée, enveloppée de plumes blanches, pour interpréter le classique italien « Volare » et intégrer un extrait de sa propre chanson « Nothing Impossible ». Un hommage élégant et minimaliste a également été rendu au designer milanais Giorgio Armani, décédé à l’automne dernier, avec un défilé de mannequins vêtus de créations monochromes aux couleurs du drapeau italien.
Si la cérémonie a été globalement réussie, elle a parfois souffert de sa longueur et de certains choix artistiques discutables. Des séquences vidéo montrant des athlètes, des musiciens et des enfants se promenant en tramway dans la ville ont semblé superflues. De même, l’apparition de l’actrice italienne Sabrina Impacciatore, connue pour ses rôles dans The White Lotus et The Paper Office, voyageant dans le temps à travers les logos olympiques, n’a pas toujours convaincu. L’appel à la paix, ponctué de citations de Charlize Theron et de Nelson Mandela, a pu paraître banal et même insensible dans un contexte mondial tendu.
Ce qui a finalement marqué la cérémonie, c’est son approche subtilement low-tech. Les anneaux olympiques, symboles universels des Jeux, étaient des structures physiques massives illuminées par des feux d’artifice, une technologie ancienne. Contrairement aux cérémonies précédentes, qui mettaient en avant les drones, les effets spéciaux numériques et les collaborations avec des personnages de la culture populaire, Milan a choisi d’honorer l’ingrédient essentiel de l’art et du sport : l’humanité.