Publié le 12 février 2026 à 13h02. Qu’il s’agisse du carnaval des femmes, de la journée des vieilles femmes ou du Jeudi gras, cette journée carnavalesque met traditionnellement les femmes à l’honneur. Mais d’où vient cette coutume et quelles sont ses racines historiques ?
- Le carnaval des femmes trouve ses origines au Moyen Âge, avec des fêtes dédiées aux femmes mariées, aux veuves et aux jeunes filles.
- Au fil des siècles, la tradition a évolué, donnant lieu à des défilés exubérants et à des réjouissances sans hommes.
- La prise de l’hôtel de ville et la coupe des cravates sont des symboles forts de cette journée, bien que la légalité de ces pratiques soit parfois discutée.
Une tradition de carnaval féminin existe depuis le XIVe siècle. Le jeudi précédant le mercredi des Cendres, les villes de l’époque invitaient les femmes mariées, les veuves et les filles à des fêtes. Cela a donné lieu à des défilés de femmes exubérants et à des réjouissances sans hommes. La coutume a continué à se développer et a été observée non seulement dans les zones urbaines mais aussi dans les zones rurales.
Des preuves d’une célébration remontent au monastère bénédictin de Saint-Maurice à Cologne, où des religieuses se sont déguisées en membres du clergé et ont dansé en 1729. Une description de 1810, concernant l’Alter Markt de Cologne, relate comment les commerçants arrachaient les casquettes et les chapeaux des hommes en criant « Mötzenbestot ».
Le début du carnaval organisé en Rhénanie il y a environ 200 ans a également façonné le carnaval des femmes. En 1824, les lavandières de Bonn-Beuel ont commencé à se défendre contre l’exploitation, les agissements déplacés des hommes et leurs escapades carnavalesques. Leurs rencontres rebelles ont donné naissance à des traditions qui ont beaucoup à voir avec le symbolisme, comme la prise d’assaut des mairies ou la coupe des liens.
Voici quelques éléments pour mieux comprendre les traditions :
La prise de l’hôtel de ville
Un autre développement du carnaval des femmes de Beuel est la prise de l’hôtel de ville, qui s’est étendue à d’autres villes de Rhénanie et d’autres régions de Rhénanie du Nord-Westphalie. Il s’agit d’une prise de contrôle symbolique d’une politique autrefois dominée par les hommes : des « vieilles femmes » prennent d’assaut les mairies et les prennent en main pour une journée.
Divers groupes de carnaval se sont formés parmi les femmes, également appelés clubs Möhnen. Le terme Möhn désignait à l’origine toute femme mariée plus âgée ou était utilisé de manière péjorative pour désigner les femmes célibataires plus âgées. En 1949, les clés furent remises pour la première fois lors de la prise de l’hôtel de ville de Bonn. En 1958, une princesse de la lessive apparaît pour la première fois.
La coupe de cravate
Dans le passé, de nombreux hommes portaient des cravates, considérées comme une expression de statut et de pouvoir. C’est pourquoi les femmes s’amusent encore à couper les liens lors du carnaval des femmes – même si tous les hommes ne trouvent pas cela drôle.
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Pour ceux que cela agace, l’avocat de Düsseldorf, Philipp Hammerich, a examiné la question d’un point de vue juridique. Selon le Code civil allemand (BGB), cet acte constitue une violation de la propriété. En principe, une amende ou une peine de prison pouvant aller jusqu’à deux ans sont possibles. Mais quiconque souhaite réclamer des dommages et intérêts dans les bastions du carnaval a une mauvaise main, estime l’avocat Hammerich. En Rhénanie, il est devenu courant de considérer le port d’une cravate lors du carnaval des femmes comme un consentement tacite.
Sources : Institut d’études régionales et d’histoire régionale LVR, ville de Bonn, avocat Philipp Hammerich, rapports WDR précédents.
Diffusion : Radio WDR, WDR 2, 12 février 2026, 11h11.