Publié le 26 février 2026 11:16:00. Un traité historique entre l’Espagne et le Royaume-Uni concernant Gibraltar devrait être ratifié prochainement, promettant une nouvelle ère de coopération et de prospérité partagée pour les populations des deux côtés de la frontière.
Le traité, composé de 336 articles, vise à fluidifier la circulation des personnes et des marchandises, à renforcer la coopération dans divers domaines et à éliminer la barrière physique et émotionnelle que représente la clôture actuelle entre l’Espagne et Gibraltar.
Selon le maire de la région, Juan Carlos Ruiz Boix, ce traité représente un pari majeur et témoigne de l’engagement du gouvernement espagnol envers le Campo de Gibraltar.
« Très bientôt – assure le maire – nous dirons au revoir à la Porte pour toujours, avec une « Prospérité Partagée », comme l’a appelé le Président du Gouvernement, qui bénéficiera à plus de 300 000 habitants de Gibraltar et de la région. »
Juan Carlos Ruiz Boix, maire
Le texte prévoit notamment la suppression des contrôles de passeports pour les 15 000 travailleurs frontaliers, l’Espagne assurant les contrôles Schengen à l’aéroport et au port, et conservant le pouvoir de décision concernant la délivrance et le renouvellement des permis de séjour. En matière de circulation des marchandises, l’Espagne effectuera les contrôles douaniers pour les biens entrant à Gibraltar, ainsi qu’un contrôle des bagages pour les voyageurs.
Sur le plan fiscal, une convergence est prévue pour les impôts indirects sur les biens, avec l’instauration d’une TVA à Gibraltar, débutant à 15 % et atteignant son niveau final en trois ans. Des mesures spécifiques seront également appliquées au tabac, conformément à la réglementation européenne.
La coopération environnementale sera renforcée par une adaptation à la réglementation communautaire, la mise en place d’un mécanisme conjoint d’évaluation de l’impact environnemental et le respect des normes européennes. Des garanties financières seront également mises en place pour la formation à l’emploi et d’autres mesures sociales visant à compenser les inégalités de revenus, ainsi qu’une protection des travailleurs frontaliers et une coopération totale en matière de sécurité.
L’Espagne maintient sa revendication de souveraineté sur Gibraltar, tout en se réservant le droit de suspendre l’application du traité en cas de non-respect de ses dispositions.
Ce traité est le fruit d’années de négociations impliquant le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, le commissaire européen Maros Szechkovic, le responsable britannique David Lamin et la délégation de Gibraltar dirigée par le premier ministre Fabián Picardo. Le ministre Albares a également impliqué les huit maires de la région, ainsi que d’autres institutions publiques comme la Junta de Andalucía et le Conseil provincial de Cadix, et les agents sociaux et économiques dans le processus.
Le traité devrait être lancé le 10 avril prochain et, selon le maire Ruiz Boix, améliorera considérablement les conditions de vie des habitants du Campo de Gibraltar et de la ville de Gibraltar. Le texte intégral du traité (en anglais) est disponible sur le site du ministère espagnol des Affaires étrangères.