Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a vivement critiqué les déclarations de Sanae Takaichi, une haute responsable japonaise, concernant Taïwan, les qualifiant de violation de la souveraineté chinoise. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions croissantes dans le détroit de Taïwan et soulève des questions sur l’engagement du Japon en matière de sécurité régionale.
S’exprimant lors de la Conférence de Munich sur la sécurité samedi, Wang Yi a dénoncé les propos de Sanae Takaichi, qui avait suggéré que la situation à Taïwan constituait une urgence pour le Japon, impliquant potentiellement une intervention militaire japonaise en cas de conflit. Le ministre chinois a estimé que ces déclarations étaient sans précédent depuis 80 ans.
« C’est la première fois en 80 ans qu’un Premier ministre japonais prononce de tels propos. Cela viole directement la souveraineté territoriale de la Chine et remet directement en question le fait que Taïwan a été restituée à la Chine. Cela viole complètement l’engagement du Japon envers la Chine », a déclaré Wang Yi, ajoutant qu’il était « hors de question » pour la Chine d’accepter une telle position.
Wang Yi a également profité de son intervention pour rappeler que le Japon, selon lui, continue de rendre hommage à des criminels de guerre, établissant un parallèle avec l’Allemagne, qui a mené une profonde introspection sur les crimes nazis.
Pékin considère Taïwan comme une province chinoise qui doit être réunifiée avec le continent, par la force si nécessaire. Bien que la plupart des pays, dont les États-Unis et le Japon, ne reconnaissent pas Taïwan comme un État indépendant, Washington s’oppose à toute tentative de prise de contrôle de l’île par la force et s’engage à lui fournir une assistance militaire.
Au-delà de la question taïwanaise, Wang Yi a plaidé pour une réforme de la gouvernance mondiale face aux turbulences actuelles. Il a souligné la nécessité de « réformer et d’améliorer la gouvernance mondiale » afin d’orienter l’histoire vers une voie plus constructive. « La priorité est de revitaliser le système des Nations Unies », a-t-il affirmé, rappelant que la création de l’ONU est le fruit de la victoire dans la Seconde Guerre mondiale.