Publié le 2025-10-09 22:41:00. La compagnie aérienne Ryanair annonce la suspension de plusieurs liaisons vers les aéroports régionaux espagnols, invoquant une hausse jugée non compétitive des frais aéroportuaires imposée par le monopole Aena. Cette décision, qui s’inscrit dans une stratégie de réallocation de capacité, dénonce l’inaction du gouvernement espagnol face à ces augmentations et à d’autres amendes jugées illégales.
- Ryanair cesse ses opérations vers l’aéroport des Asturies et réduit sa présence dans d’autres aéroports régionaux espagnols.
- La compagnie blâme les augmentations de frais d’Aena et l’incapacité du gouvernement à réagir face à la hausse des coûts.
- Une partie de la capacité de Ryanair sera redirigée vers de plus grands aéroports espagnols et vers des destinations internationales à coûts plus bas.
Dans un communiqué de presse, la compagnie aérienne à bas coûts Ryanair a annoncé la suspension de tous ses vols à destination et en provenance de l’aéroport des Asturies. Cette décision est justifiée par les augmentations jugées « non compétitives » des frais aéroportuaires pratiquées par Aena, le gestionnaire aéroportuaire public espagnol, dans ses plateformes régionales souvent sous-utilisées. Cette mesure s’ajoute à une réduction déjà annoncée d’un million de sièges sur les vols régionaux espagnols pour l’hiver 2025.
Ryanair dénonce une politique gouvernementale espagnole qui, selon elle, n’a pas réussi à endiguer les hausses de tarifs d’Aena, particulièrement dans les aéroports les moins fréquentés. La compagnie critique également le maintien d’amendes jugées illégales sur les bagages, infligées par le ministre Bustinduy malgré une promesse d’annulation. Le PDG du groupe Ryanair, Michael O’Leary, a accusé le gouvernement espagnol et Aena de « nuire à la croissance du trafic régional, au tourisme et à l’emploi en Espagne ». Il a précisé que 1,2 million de sièges supplémentaires seraient retirés des aéroports régionaux espagnols en 2026, au profit de plus grands aéroports espagnols, mais surtout de destinations internationales comme l’Italie, le Maroc, la Croatie, la Suède et la Hongrie, qui proposent des coûts plus abordables.
Le gouvernement espagnol, actionnaire majoritaire d’Aena et ayant nommé son dirigeant, est pointé du doigt pour son inaction. Ryanair s’étonne qu’Aena applique des tarifs similaires pour des aéroports régionaux sous-utilisés et des hubs majeurs comme Madrid, Barcelone, Palma et Málaga. Face à cette stratégie tarifaire, Ryanair privilégie désormais des aéroports à moindres coûts dans d’autres pays où les gouvernements favorisent la réduction des taxes aériennes et aéroportuaires.
« L’Espagne régionale peut se développer, mais elle a besoin d’un gouvernement déterminé à stimuler la croissance en réduisant le coût du transport aérien vers/depuis les régions d’Espagne », a déclaré la compagnie. Ryanair regrette que malgré deux plans de croissance ambitieux soumis à Aena et au gouvernement espagnol, prévoyant une augmentation du trafic à 77 millions de passagers d’ici 2030, ses propositions aient été ignorées. La compagnie déplore également l’inaction du gouvernement face aux surtarifications pratiquées par certaines agences de voyages en ligne (OTA) espagnoles, considérant que le ministre Bustinduy, en infligeant des amendes sur les bagages, viole le droit européen et les décisions de justice.
« Si le Premier ministre Sanchez respecte le droit européen, il devrait licencier Bustinduy et annuler ces amendes illégales », a martelé Michael O’Leary. Ryanair, qui se présente comme un investisseur étranger majeur en Espagne avec de nouvelles installations de maintenance et un centre de formation à Madrid et Séville, affirme vouloir continuer à investir. Cependant, la compagnie se dit freinée par les frais aéroportuaires élevés d’Aena et l’incapacité du gouvernement à réguler ce monopole. Ryanair se dit prête à reprendre sa croissance en Espagne dès que les tarifs d’Aena deviendront compétitifs par rapport à d’autres destinations européennes et méditerranéennes qui ont choisi de réduire les taxes aériennes pour stimuler leur tourisme.