Publié le 16 février 2024. La campagne d’exportation de cerises chiliennes vers la Chine, traditionnellement florissante à l’approche du Nouvel An chinois, a connu des difficultés cette année, avec une demande en baisse et des prix affectés par un décalage entre l’offre et le calendrier des festivités.
- Les exportations de cerises chiliennes vers la Chine ne devraient pas atteindre les prévisions initiales en raison d’une contraction de la demande chinoise.
- Un décalage entre la précocité de la récolte chilienne et le calendrier tardif du Nouvel An chinois a contribué à une baisse des prix de plus de 7 %.
- Malgré les difficultés en Chine, les exportations vers d’autres marchés, comme Taïwan, les États-Unis et le Brésil, sont en forte croissance.
La saison des cerises chiliennes, très dépendante du marché chinois, s’achève sur des notes mitigées. Alors que la grande majorité de la production saisonnière était destinée au géant asiatique à l’approche du Nouvel An chinois – célébré le 17 février – les chiffres d’exportation ne sont pas à la hauteur des attentes initiales. Cette situation est due à une conjonction de facteurs, notamment un affaiblissement de la demande en Chine et un décalage temporel défavorable.
Selon Antonio Walker, président du syndicat de la National Agricultural Society (SNA), la récolte de cerises a été exceptionnellement précoce cette année, arrivant sur le marché environ dix jours plus tôt que d’habitude. Parallèlement, le Nouvel An chinois a été décalé de 19 jours par rapport à l’année précédente. Ce décalage a entraîné une pression à la baisse sur les prix, qui ont chuté de plus de 7 % par rapport à la saison précédente. Une partie des premières expéditions a également été stockée dans l’attente des fêtes, créant une concurrence interne et accentuant la baisse des prix.
Un partenariat commercial essentiel
Le Chili et la Chine entretiennent une relation commerciale étroite dans le secteur des cerises. Le Chili exporte 82,7 % de sa production de cerises – sa troisième exportation la plus importante – vers le marché chinois, qui importe à son tour 98,1 % de ses cerises fraîches du Chili. Cette interdépendance souligne l’importance cruciale du marché asiatique pour la pérennité des producteurs chiliens.
En Chine, la cerise est traditionnellement associée à la chance et à la prospérité et occupe une place de choix lors des célébrations du Nouvel An. Pour répondre à la forte demande et à la courte durée de conservation du fruit, l’industrie chilienne a mis en place une logistique spécialisée, le « Cherry Express », qui permet d’acheminer les cerises par voie maritime en 20 jours, contre 30 à 50 jours avec un transport classique. Les cerises de très haute qualité, récoltées en début de saison, sont quant à elles transportées par voie aérienne.
Les facteurs en jeu cette saison
Outre le décalage temporel, la diminution du pouvoir d’achat des consommateurs chinois a également eu un impact sur la demande, compte tenu du prix relativement élevé des cerises. Isabel Quiroz, directrice et associée d’IQConsulting, estime que le Chili terminera la saison avec environ 570 000 tonnes de cerises exportées, un chiffre inférieur aux 650 000 tonnes initialement prévues par le cabinet de conseil et l’industrie.
Selon Antonio Walker, une partie de la baisse de la demande s’explique également par l’exportation de variétés de cerises moins prisées par les consommateurs chinois.
« Il existe des variétés qui ne devraient plus être exportées vers la Chine car elles ne répondent pas aux exigences gustatives du consommateur. »
Antonio Walker, président du syndicat de la National Agricultural Society (SNA)
Diversification des marchés
Face à la situation en Chine, le secteur des cerises chiliennes a mis en œuvre une stratégie de diversification de ses marchés. Les exportations vers Taïwan ont ainsi bondi de 90 %, atteignant 10 725 tonnes, tandis que les exportations vers les États-Unis et le Brésil ont augmenté de 29 % et 36 % respectivement. L’ensemble des autres marchés affiche également une hausse de 23 %.
À l’avenir, Antonio Walker souligne la nécessité pour l’industrie de mettre en place une stratégie plus cohérente, car le secteur est actuellement très fragmenté, ce qui limite sa capacité à influencer les prix.