Home International Sánchez perd son attention sur l’UE après que Gaza ait été exclue du débat, étant considéré comme « l’ennemi » de Trump… et contribuant peu à l’Ukraine

Sánchez perd son attention sur l’UE après que Gaza ait été exclue du débat, étant considéré comme « l’ennemi » de Trump… et contribuant peu à l’Ukraine

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Publié le 2025-10-25 07:48:00. La scène diplomatique internationale semble moins réceptive aux initiatives espagnoles. Madrid, qui misait sur sa posture volontariste, peine désormais à maintenir son influence face à des priorités européennes fluctuantes et à un retour géopolitique inattendu.

  • L’Espagne peine à imposer ses priorités sur la scène européenne, notamment concernant Gaza, dont l’attention s’est détournée au profit de dossiers plus pressants pour les Vingt-Sept.
  • Les relations tendues avec les États-Unis, accentuées par des critiques sur les dépenses de défense, fragilisent la position de l’Espagne.
  • Madrid cherche à retrouver de l’influence en explorant de nouveaux partenariats et en relançant des initiatives comme l’accord avec le Mercosur.

Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, réputé pour sa capacité à choisir ses « batailles » sur la scène internationale, se retrouve confronté à une réalité qui le dépasse. Si le contexte post-pandémique lui avait offert un levier d’action certain, la dynamique internationale a évolué. L’Union européenne, désormais plus concentrée sur des enjeux tels que la défense et la sécurité du flanc oriental, a délaissé des sujets où l’Espagne souhaitait marquer les esprits, à l’instar de la situation à Gaza. L’élan initial suscité par la reconnaissance de la Palestine semble s’être estompé, compliquant la tâche de Madrid pour maintenir une pression constante.

Le Conseil européen a récemment réitéré des positions connues, appelant à la libération de tous les otages détenus par le Hamas et à la mise en œuvre immédiate d’un accord pour faire cesser les hostilités. Les dirigeants européens ont également plaidé pour un accès humanitaire « immédiat et sans restriction » à Gaza, et ont réaffirmé leur engagement en faveur des processus de paix. Cependant, ces appels, bien que fermes, manquent de la dureté que l’Espagne aurait souhaité voir adoptée par l’ensemble de l’UE. Madrid, de son côté, maintient une position plus intransigeante, envisageant des sanctions supplémentaires et une suspension partielle de l’accord commercial avec Israël tant que celui-ci ne sera pas pleinement appliqué. Le gouvernement espagnol souhaite également que l’UE assume un rôle plus conséquent dans la future gouvernance de Gaza, exprimant des doutes quant à la fiabilité des promesses de Benjamin Netanyahu.

Sur le dossier ukrainien, la position de l’Espagne est moins affirmée. Le pays a rejoint le programme de l’OTAN visant à acquérir des armes américaines pour les acheminer vers Kiev, une démarche qui pourrait être interprétée comme une manœuvre pour gagner du temps après des différends avec la Maison Blanche. Madrid est également absent des débats financiers cruciaux concernant l’utilisation des avoirs russes gelés pour la reconstruction de l’Ukraine, n’hébergeant elle-même aucun de ces fonds. L’Espagne a d’ailleurs tardivement adhéré à un document réaffirmant avec Volodymyr Zelensky que des négociations de paix pouvaient débuter sur la ligne de front actuelle, après avoir présenté des excuses.

Le montant des avoirs russes gelés dans l’Union européenne est considérable, la Belgique se plaçant en tête avec 180 milliards d’euros. Le Japon suit avec 28,1 milliards, le Royaume-Uni avec 26,6 milliards et la France avec 19 milliards. D’autres pays comme le Canada (15,1 milliards), le Luxembourg (10 milliards), la Suisse (6,2 milliards), les États-Unis (4,3 milliards) et l’Allemagne (210 millions) figurent également sur la liste. La majorité de ces actifs immobilisés se trouve dans des juridictions européennes. Ces données, compilées par le Service de recherche du Parlement européen (EPRS) sur la base d’informations du PISM et du gouvernement suisse, offrent à la Moncloa des éléments factuels pour s’impliquer davantage dans ce dossier.

Les dépenses de défense constituent un sujet sensible pour l’exécutif espagnol, et Pedro Sánchez est devenu une cible politique de Donald Trump. Bien que le président du gouvernement ait nié toute « obsession » de la part de son homologue américain, l’Espagne a été la cible de cinq critiques en deux semaines concernant ses investissements dans la sécurité. Madrid campe sur ses positions, affirmant avoir respecté les engagements pris et accusant l’administration précédente de Mariano Rajoy de manquements. Sánchez a rappelé que l’Espagne, qui consacre 2,1 % de son PIB à la défense, respectait un accord sur les capacités, même si le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, juge ce chiffre insuffisant par rapport à l’objectif de 5 %. Le président espagnol a toutefois précisé que ce pourcentage n’était pas une création de son gouvernement.

Dans ce contexte, l’Espagne explore d’autres horizons et cherche de nouveaux alliés. Elle est l’un des pays de l’UE les plus actifs dans la ratification de l’accord avec le Mercosur et multiplie les rapprochements avec des dirigeants latino-américains tels que Gustavo Petro, Lula da Silva ou Gabriel Boric. Ce rapprochement commercial pourrait revitaliser le rôle de « lien » entre l’Europe et l’Amérique latine, une position souvent défendue par la droite. L’accord avec le Mercosur pourrait ainsi offrir une nouvelle bouffée d’air frais sur la scène internationale pour le gouvernement espagnol.

Parallèlement, le président du gouvernement tente de relancer certains débats, comme celui du changement d’heure. Il souhaite son abolition d’ici 2026. Si la Commission européenne a accueilli favorablement cette proposition, elle n’a pas suscité un écho significatif auprès des partenaires, seuls décisionnaires en la matière. Bruxelles, qui avait déjà étudié la question en 2018, rappelle qu’il ne s’agit pas d’une priorité politique pour l’UE, ce qui pourrait entraîner une nouvelle fois une longue période de stagnation sur ce dossier.

Dans un environnement international marqué par une superposition de crises, l’attention européenne pour Gaza s’estompe, tandis que l’Espagne voit son poids diplomatique diminuer. La guerre en Ukraine ne suscite plus le même engouement à Bruxelles, et le gouvernement Sánchez doit désormais composer avec la menace d’un retour de Donald Trump, perçu comme un potentiel obstacle plutôt qu’un allié. L’Europe, fatiguée par la gestion de ses propres priorités, reporte son attention sur d’autres sujets, reléguant Madrid à un second plan. Pedro Sánchez observe un nouveau pouls diplomatique, mais sans la force qui avait caractérisé ses initiatives précédentes.

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