Publié le 05 novembre 2025. La Chambre des députés a approuvé en bloc le projet de budget fédéral pour 2026, sans aucune modification, grâce aux voix de la majorité MORENA et de ses alliés. L’opposition a vivement dénoncé cette décision, la qualifiant de « tromperie » et accusant le gouvernement de sacrifier les services essentiels.
- Le projet de loi a été adopté par 358 voix contre 133, l’opposition (PAN, PRI, MC) votant contre.
- Le budget fédéral 2026 s’élèvera à plus de 10 193 milliards de pesos, soit une augmentation réelle de 5,9 % par rapport à 2025.
- L’opposition dénonce des coupes dans les budgets de la santé, de la sécurité publique et de l’éducation, tout en augmentant les dépenses.
La plénière de la Chambre des députés a donné son feu vert au projet de Loi de programmation des dépenses fédérales (PEF) pour 2026. L’approbation a été unanime de la part du groupe majoritaire MORENA et de ses alliés, le PVEM et le PT, sans qu’aucune modification ne soit apportée au texte initial. Ce vote s’est soldé par 358 voix favorables, tandis que le PAN, le PRI et le MC ont exprimé leur désaccord avec 133 votes contre.
La décision entérine des dépenses fédérales d’un montant de 10 193 683,7 millions de pesos pour l’année à venir. Cela représente une augmentation, en termes réels, de 891 667,9 millions de pesos, soit 5,9 %, par rapport au budget alloué en 2025. Ce projet budgétaire a été vivement critiqué par les partis d’opposition, qui ont dénoncé une stratégie de distribution de fonds via les programmes sociaux au détriment de droits fondamentaux tels que la santé, la sécurité publique, l’éducation, l’accès à l’eau et le soutien aux campagnes agricoles.
Les critiques de l’opposition face au PEF 2026
Saúl Téllez, membre du PAN, a qualifié le budget de « totalement insensible », pointant du doigt les conséquences de cette politique budgétaire sur la sécurité publique. Il a affirmé qu’un montant de 10 milliards de pesos serait retiré du budget consacré à la sécurité pour l’ensemble du pays, et que le Fonds de contributions à la sécurité publique subirait une réduction réelle de 0,7 %. Pour Téllez, cette situation révèle un « État absent, inactif, permissif face à l’insécurité et au crime organisé ; un État qui n’assume pas ses responsabilités, complice du crime organisé dans notre pays, qui couvre l’impunité et qui crée l’impuissance et le sabotage de tous les présidents municipaux du pays ».
L’élu a également souligné une augmentation de la dette publique, tout en déplorant l’absence de fonds pour la santé issus des taxes sur les boissons sucrées et une réduction de 5 milliards de pesos dans le budget des médicaments gratuits de l’IMSS-Bienestar (l’Institut mexicain de sécurité sociale pour le bien-être).
Le PRI refuse de soutenir le budget
Rubén Moreira, représentant du PRI, a clairement indiqué que son parti ne soutiendrait pas le projet de budget tel qu’il a été présenté. « Nous ne pouvons pas soutenir un budget qui nuit au pays, qui n’est pas fédéraliste, qui n’est pas municipaliste, qui n’est pas démocratique et qui ne répond pas aux grands problèmes du pays », a-t-il déclaré avant de confirmer que le PRI voterait contre.
Après cette approbation générale, les députés entameront une longue discussion portant sur 1 708 propositions de modifications ou de réserves, un débat qui s’étalera sur les journées de mercredi et jeudi.
Il est à noter que le document approuvé prévoit, en matière de sécurité publique et nationale, une augmentation de 11 120,7 millions de pesos, soit 17,6 % de plus en termes réels, pour les affaires d’ordre public et de sécurité intérieure en 2026. Pour les États et les municipalités, une enveloppe de 2 810 777,1 millions de pesos est allouée, soit 3 % de plus en termes réels que le montant approuvé pour 2025, destinée aux « participations, contributions, accords de coordination, santé publique et autres subventions ».
La fonction Santé bénéficie, selon le projet, d’une augmentation nominale de 84 203,2 millions de pesos, portant le total à 965 662,8 millions de pesos. Cela représente une hausse réelle de 5,8 % par rapport au budget de l’année précédente.
Merilyn Gómez, présidente de la Commission du Budget et membre de MORENA, a précisé que l’absence de modification du projet ne signifiait pas qu’il était immuable. « Au contraire, c’est l’occasion, dans cette assemblée, avec la participation des 500 législateurs, d’enrichir le débat, d’exprimer notamment des réserves et d’apporter des ajustements que la majorité d’entre nous jugent pertinents », a-t-elle assuré.
De son côté, Ricardo Monreal, chef du groupe MORENA, a indiqué que le montant des réductions qui seront appliquées aux entités publiques et les réallocations budgétaires, d’un montant de 17 788 pesos, restaient encore à l’étude.