Publié le 2024-10-27 14:35:00. La sarcopénie, une perte progressive de la masse et de la force musculaire liée à l’âge, est un problème de santé publique croissant, souvent sous-diagnostiqué, qui affecte non seulement la mobilité mais aussi la santé cognitive et la qualité de vie des seniors.
- La sarcopénie augmente le risque de chutes, de fractures, de perte d’autonomie et de troubles cognitifs.
- L’activité physique régulière, en particulier les exercices de renforcement musculaire, et une alimentation adéquate sont essentiels pour prévenir et traiter cette condition.
- Des pathologies comme le diabète de type 2 et la maladie rénale chronique, fréquentes chez les personnes âgées, peuvent accélérer le développement de la sarcopénie.
Le vieillissement en bonne santé est devenu un enjeu majeur pour nos sociétés, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (2021). Au cœur de cette problématique se trouve la sarcopénie, définie par des experts comme une maladie des muscles squelettiques caractérisée par une diminution progressive de leur masse et de leur force (Sánchez Tocino et al., 2023). Ce syndrome gériatrique complexe peut entraîner une perte de masse musculaire allant jusqu’à 2 % et 3 % par an après 50 et 65 ans, respectivement (Barajas-Galindo et al., 2021).
Les conséquences de la sarcopénie dépassent largement la simple faiblesse musculaire. Elle est associée à un risque accru de chutes, de fractures, de perte d’autonomie, de troubles cognitifs, d’hospitalisations, et même d’une mortalité plus élevée, engendrant par conséquent des coûts de santé importants (Arosio, 2023). Des études récentes ont d’ailleurs démontré un lien étroit entre la sarcopénie et le déclin cognitif chez les personnes âgées (Arosio, 2023).
Pourtant, le diagnostic de sarcopénie reste peu fréquent. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : l’absence de protocoles de dépistage standardisés, un manque de formation des professionnels de santé et, surtout, la perception erronée que la perte de force est une conséquence normale du vieillissement. Ce retard diagnostique limite les interventions précoces qui pourraient freiner ou même inverser la progression de la maladie.
La prévention de la sarcopénie repose sur deux piliers : l’activité physique et l’alimentation. L’exercice physique, en particulier les programmes d’entraînement en force et de résistance, s’avère particulièrement efficace pour augmenter et préserver la masse musculaire et sa fonctionnalité (Martínez-Amat et al., 2018). Il est recommandé d’effectuer des exercices de renforcement musculaire au moins deux fois par semaine pour obtenir des bénéfices durables, l’intensité de l’activité physique étant directement liée à l’augmentation de la masse musculaire (Barajas-Galindo et al., 2021). Il est donc crucial d’intégrer l’activité physique tout au long de la vie pour maintenir sa force, sa mobilité et son indépendance.
L’alimentation joue également un rôle fondamental. Un apport énergétique et protéique suffisant est essentiel pour maintenir la synthèse des protéines musculaires. Chez les personnes âgées, la perte d’appétit, la malnutrition et la déshydratation favorisent la perte de masse musculaire (Calvani et al., 2023). Une alimentation de qualité, combinée à des exercices de résistance, exerce un effet synergique pour préserver la masse musculaire et améliorer la fonctionnalité à un âge avancé (Calvani et al., 2023).
Au Mexique, la situation est aggravée par la prévalence de certaines pathologies. Le diabète de type 2, qui touche 36,1 % des personnes de plus de 60 ans (Reyes-García et al., 2025), et la maladie rénale chronique favorisent l’épuisement musculaire. Le diabète induit une dégradation des muscles squelettiques pour produire de l’énergie (Chen et al., 2023), tandis que la maladie rénale chronique entraîne des changements métaboliques qui accélèrent la perte de masse musculaire (Gracia et al., 2022). Ces deux pathologies contribuent significativement au développement de la sarcopénie et à la détérioration de la qualité de vie.
Il est donc essentiel de considérer la sarcopénie non pas comme une fatalité liée à l’âge, mais comme une maladie évitable et traitable. Adopter un mode de vie actif, une alimentation équilibrée et des habitudes saines sont des stratégies de prévention individuelles cruciales pour promouvoir un vieillissement en bonne santé.
À propos de l’auteur :
Fernanda Celic Meza Jiménez
Étudiante en sciences de la nutrition à l’Université des Amériques Puebla et membre d’un programme spécialisé, développant une thèse sur la sarcopénie et l’activité physique.
Contact : fernanda.mezajz@udlap.mx
Tutrice :
Dr Taisa Sabrina Silva Pereira
Nutritionniste, titulaire d’un master et d’un doctorat en santé collective. Ses recherches actuelles portent sur l’épidémiologie nutritionnelle, en particulier les maladies chroniques non transmissibles, avec de nombreuses publications dans des revues internationales à fort impact. Elle est également membre du Système National des Chercheurs de Niveau 1.
Contact : taisa.silva@udlap.mx